Vie professionnelle

Une jeune femme suspicieuse protège un porte-document

Un malentendu peut complètement changer l'ambiance au travail.

Fréquents et parfois difficiles à dissiper

Les malentendus

Tout semblait normal aujourd'hui. Mais en arrivant sur votre lieu de travail, vous croisez Juliette dans un couloir et elle ne réagit même pas à votre salutation. Pire, elle ne vous a même pas regardé.

Et vous vous souvenez soudain que ce n'est pas la première fois. Pas de doute, Juliette a placé une distance entre vous, elle ne veut plus être votre amie, ne veut plus travailler avec vous. Que s'est-il donc passé ? « C'est peut-être à cause de ce que j'ai dit récemment..? » Un profond sentiment de solitude et d'incompréhension vous envahit. Une bien morne journée commence...

Les malentendus sont fréquents

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Ce genre de situation n'est pas si rare. Probablement y avons-nous un jour ou l'autre été confrontés. Et c'est, pour le moins, désagréable. Avec un peu de chance, nous pourrons y remédier. Quelques explications franches suffisent parfois. Parfois non... Il subsistent alors des rancœurs, des doutes, des malentendus non dissipés.

Est-ce si important ? Pourquoi les malentendus nous affectent-ils ? Peut-on les éviter ou les relativiser ?

D'abord, et presque par définition, il est quasi impossible d'éviter totalement les malentendus. La communication reste un exercice difficile et malgré les plus grandes précautions, il est encore impossible d'être « dans la tête » de quelqu'un d'autre. Et l'expression « dans la tête » emporte bien plus de choses que les seules fonctions mentales. Il faut y ajouter les facteurs liés à la culture, l'éducation, l'expérience, etc. Tôt ou tard, donc, nos propos ou ceux de quelqu'un d'autres seront sujets à interprétation et, potentiellement, à interprétation erronée.

Avant même de parler du sens des paroles prononcées, il faut tenir compte des paramètres opérationnels et environnementaux. Avons-nous correctement articulé ? Avons-nous parlé suffisamment fort ? Y a-t-il eu du bruit au moment de l'échange ? Des éléments techniques, comme le téléphone, ont-ils parasité la transmission, l'élocution ? Ce sont là des générateurs courants de malentendus.

Puis viennent les attitudes et habitudes. Etes-vous timide ? Peut-être avez-vous croisé dans un couloir, justement, des personnes qui vous ont impressionné ou auxquelles vous trembliez d'être confronté, quelles qu'en furent les raisons. Ne sachant quelle attitude adopter, et par crainte d'en faire trop, vous êtes resté très neutre et discret. Ne vous a-t-on alors pas taxé, à tort, de personne distante, froide, voire « trop fière » ? Cette dernière appréciation serait pourtant paradoxale en regard de la réalité !

Tôt ou tard nos propos seront sujets à interprétation et, potentiellement, à interprétation erronée.

A l'inverse, désireux de manifester votre cordialité, vous vous êtes appliqué à en faire un peu plus, un peu trop... Quelle déception d'avoir été évalué comme exubérant et excessivement extraverti !

Il est quasi impossible de déterminer à l'avance comment réagira telle ou telle personne. Il faudrait mieux connaître son vécu, sa personnalité, ses habitudes. Et encore, le risque zéro, en communication, n'existe pas. De plus, si des témoins de ces évènements ont rapporté la scène à d'autres, ils l'auront fait au travers de leurs propres filtres, eux-aussi impossibles à définir.

C'est plus souvent une déformation que la véritable relation des faits qui circulera. Mêmes vos mobiles peuvent être mis à mal. Ainsi naissent les bavardages et les rumeurs, qui alimentent les radio-moquettes (ou radio-couloirs, radio-lavabos, selon les régions...) des entreprises. Au final quelqu'un en fait probablement les frais. Ce quelqu'un, ce peut être vous.

Cas authentique, une jeune femme fit un jour une remarque sans arrière-pensée sur une de ses collègues, très demandée et difficilement joignable ou accessible. Rien de plus. Peu après, cette jeune femme, à sa plus grande surprise, fut assez vertement prise à partie par cette collègue, devant témoins, pour sa « jalousie » à propos de sa notoriété. Que s'était-il donc passé ?

Ses premiers propos ont été répétés, amplifiés, déformés, aménagés et rapportés. Une vraie chaîne de désinformation ! Les conclusions à partir de ces rumeurs n'avaient plus rien à voir avec l'innocence et l'innocuité de ses commentaires. A joué également un terrible processus, parfois utilisé en tant que manipulation : « pris hors du contexte, devient prétexte. » Il fut très difficile à cette jeune femme de s'expliquer et de regagner la confiance de sa collègue.

Notre mésentente avec les malentendus

Nous avons pour habitude de tenter d'interpréter, consciemment ou non, les intentions d'autrui d'après nos propres repères. C'est normal, ce sont nos repères... et ils sont donc « très biens ». Mais nos vis-à-vis font de même, avec leurs repères à eux.

Deux femmes en conflit

Les malentendus perturbent les relations.

Ainsi, une personne très prudente aura tendance à interpréter votre discrétion comme une attitude de protection alors que votre éventuelle vérécondie se veut seulement courtoise. « Une telle réserve, c'est un peu louche, elle a sûrement quelque chose à cacher... » Et la liste est longue et probablement infinie, des possibilités de colorations subjectives de nos intentions les plus anodines.

Du coup, nous pouvons être très surpris, voire choqués, de la façon dont certains semblent transformer nos moindres faits et gestes. D'ici à ce que nous pensions nous-mêmes faire l'objet d'une espèce de coalition, il n'y a qu'un pas. « Et ils diront en plus que je suis paranoïaque ! » Pas de doute, nous sommes sensibles à ce qui paraît tendancieux ou critique. Et nous réagissons en conséquence. Le cercle vicieux s'est enclenché, jusqu'où ira -t-il ?

Tout dépend du poids que nous accordons à l'opinion et à l'estime d'autrui. N'oublions pas que nous apprécions que notre point de vue soit respecté. Si tel est le cas, il nous faut alors admettre que les autres aussi aiment voir leurs opinions prises en compte. Cela signifie qu'il faudra peut-être discuter de la question, considérant que leur avis peut faire l'objet de concertation avec nous.

Autre aspect, un soucis exagéré de ce que l'on pense de nous risque de nous placer dans une situation durablement inconfortable et néfaste. C'est peut-être alors notre propre regard sur nous qu'il faut reconsidérer. Piètre estime de soi, sentiment de rejet sont des facteurs aggravants. De plus, on ne peut pas plaire à tout le monde. Quelqu'un a dit : « plaire à tout le monde c'est ne plaire à personne. » Vrai ou faux, l'affirmation invite à réfléchir. Notre valeur dépend-elle uniquement du regard des autres ?

Et puis, entre nous, certaines critiques à notre endroit ne trouvent-elles pas parfois un fondement réel..? Ce n'est évidemment pas une conclusion facile à tirer. Mais qui sait s'il n'y a pas là matière à nous remettre sainement en question (non, pas une auto-flagellation...) afin de procéder à quelques changements dont nous serons les premiers bénéficiaires ?

Dans une prochaine lettre, nous verrons comment nous contribuons nous-mêmes à des malentendus et comment régler ceux qui nous touchent. Ce n'est pas par manque de temps, c'est pour entretenir l'intérêt. Qu'il n'y ait pas de malentendu à ce propos...

 

F. Huguenin - VR2


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