Vie professionnelle

Une jeune femme surmenée pose son front sur son bureau

Fatigue, stress, surmenage : des conditions difficiles à vivre.

Il peut nous compliquer la vie, voire compromettre notre santé

Le surmenage (1/2)

Avec quoi rédigez-vos courriers personnels ? Avec du papier et un stylo, plume ou bille ? Et si ce sont des documents professionnels ? Utilisez-vous un matériel « mieux » adapté ? Très probablement avez-vous recours à un ordinateur et à un logiciel de traitement de texte.

C'est pratique, relativement facile et propre. Mais combien de temps y passez-vous ? Plus, ou moins de temps que s'il fallait rédiger « à la main » ? Il est possible qu'en matière de temps, la quantité soit à peu près équivalente. Certes, le résultat de travaux informatisés est de bien meilleure présentation et c'est important dans le domaine professionnel. Mais il est possible que nous ne gagnions pas vraiment beaucoup de temps et d'énergie à utiliser ces matériels. Pire, parfois ces équipements contribuent à la fatigue, au stress, voire au surmenage.

Gagner du temps pour en perdre

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Et on pourrait étendre la comparaison à d'autres domaines, domestique en particulier. Ce qui nous avance sous certains aspects est peut-être plus long sous d'autres. L'internet, par exemple, donne accès à des données innombrables et en un temps record. Or, à l'examen, même si nous sommes des usagers réguliers de ces équipements, nous n'échappons pas pour autant, ou difficilement, à la fatigue, au stress ou au surmenage. Précisément parce que tout ceci ne nous donne pas nécessairement plus de temps; ou bien ce sera du temps réinvesti dans d'autres tâches, contraignantes elles-aussi.

Il ne s'agit pas de faire le procès de toutes ces technologies fort pratiques et efficaces mais bien de déterminer ce qui nous contraint à éprouver cette sensation d'avoir du mal, parfois ou souvent, à assumer toutes nos responsabilités.

il y a une grosse différence entre « tenir le coup » et être réellement en forme.

Parmi les grandes gagnantes des causes de notre fatigue arrivent les conditions économiques. Il ressort qu'il devient de plus en plus indispensable de travailler plus et/ou plus dur pour subvenir à ses mêmes besoins. Le coût de la vie va en augmentant et les salaires ne suivent pas forcément la même ascendance.

Par exemple, en Australie, le Centre national d'observation et de formation aux relations humaines dans l'industrie a analysé le nombre d'heures que les Australiens passent à travailler. Conclusion : « une énorme proportion travaillent régulièrement plus de 49 heures par semaine » et « ces augmentations du temps de travail étaient susceptibles d'avoir un fort effet négatif sur la vie familiale et sociale. »

A cela s'ajoutent le temps de transport. Que ce soit par choix ou par nécessité, de nombreuses personnes habitent relativement loin de leur lieu de travail. En conséquence, le temps passé dans ces transports augmente considérablement. Transports en communs ou voiture personnelle, nombre de travailleurs passent des heures entières à se déplacer par obligation. Des heures par semaine quand ce ne sont pas des heures par jour. Ce temps, souvent vécu comme une vraie corvée, augmente encore la dose de stress.

Autre problème : le sommeil. Il y a environ cent ans, on dormait neuf heures par nuit. Nous dormons maintenant en moyenne deux heures de moins ! Or, beaucoup de gens ne dorment pas suffisamment ou alors très (trop) mal. La fatigue s'accumule, le corps en souffre, « la tête » de même. Selon certaines sources, il faudrait un minimum incompressible de sept heures et demi. Et c'est un minimum quasi vital. En d'autres termes, il faudrait dormir plus, bien plus.

Certains sont convaincus de dormir suffisamment parce qu'ils « tiennent le coup ». Mais il y a une grosse différence entre « tenir le coup » et être réellement en forme. « L'épreuve suprême » en la matière est la conduite automobile sur autoroute. On s'aperçoit vite, dans cette situation, qu'un repos insuffisant se solde par un inconfort de conduite, quand ce ne sont pas des conclusions plus tragiques.

Il ne fait plus aucun doute que le manque de sommeil est dommageable pour la santé. Cette carence induit des défauts en termes de concentration, mémorisation et concentration. De plus, toute la physiologie du corps en pâtit. Manque d'énergie, faiblesse immunitaire, troubles de la digestion, sur-poids. La liste est longue est affligeante.

Les plus « résistants » à ces arguments peuvent réfléchir aux résultats d'enquêtes liées à des accidents « célèbres ». Les conclusions peuvent surprendre...

Catastophes, ou comment « gagner » un concours de circonstances

Tout le monde a entendu parler de Tchernobyl, même ceux qui n'étaient pas nés à ce moment-là. Dans son livre La société non-stop (angl.), Martin Moore-Ede explique que l'accident a eu lieu lors d'un test et que cet essai « a été mené sous la direction d'une équipe d'ingénieurs électriciens exténués, présents dans l'usine depuis au moins treize heures, sinon plus, parce qu'il avait fallu attendre dix heures l'autorisation de commencer ».

Une jeune femme exténuée dort sur ses dossiers

Des extrémités qu'il vaut mieux éviter.

Il est inutile (et impossible intégralement) de rappeler toutes les conséquences de cet événement. Si le drame a eu lieu, entre autres, à cause de l'épuisement des équipes, alors il est désolant de penser que cela aurait peut-être pu être évité, ou modéré, grâce à un repos suffisant.

Autre cas. Vous vous souvenez peut-être du lancement de la navette spatial Challenger, en janvier 1986. A son bord, sept personnes, dont deux femmes. Soixante-treize secondes après le décollage, la navette se désintègre, provoquant immédiatement ou non la mort de ses occupants. Plusieurs défaillances techniques semblent être à l'origine de l'accident, en particulier la défection de joints toriques. Difficile cependant de trouver de vrais « coupables » à ces défauts.

Un rapport de commission présidentielle a toutefois révélé qu'un groupe de travailleurs contractuels avait dépassé 480 fois la limite des 20 heures supplémentaires, et un autre 2 512 fois. En outre, toujours selon le rapport, l'épuisement du personnel de la direction, dû à « des horaires invraisemblables pendant plusieurs jours et à un manque de sommeil », a largement contribué à l'erreur de jugement qui a fait donner le feu vert de décollage. «  Lorsqu'un travailleur fait trop d'heures supplémentaires, dit ce rapport, sa compétence fléchit et la probabilité d'erreur humaine augmente. »

Nous ne travaillons peut-être pas tous à de tels projets et nous n'aurons probablement pas à affronter de telles catastrophes. Il n'en demeure pas moins que notre efficacité au travail et nos sentiments de stress ou d'épuisement sont liés, entre autres, à la qualité et à la quantité de notre sommeil.

Il y a encore d'autres conséquences, plus insidieuses, si nous sommes guettés par le surmenage. Nous en reparlerons dans une prochaine lettre. D'ici là, prenez soin de vous et pensez à prendre un repos suffisant...

 

F. Huguenin - VR2


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