Relations professionnelles

Une jeune femme met ses mains sur ses oreilles

Le handicap sensoriel : une bonne compréhension peut faciliter les choses.

Travailler avec des personnes handicapées sensoriellement est une expérience très enrichissante

Le handicap sensoriel

Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous feriez si vous deviez vous passer définitivement de l'un de vos sens de perception ? D'ailleurs, si vous aviez le choix, duquel accepteriez-vous le plus facilement d'être privé ?

Il est probable que vous choisiriez l'odorat, car c'est un sens qui ne semble pas aussi handicapant que les autres. Toutefois, une femme qui avait perdu cette faculté s'est plainte en ces termes: « Je me sentais handicapée dans de nombreux domaines. J'avais toujours aimé cuisiner, mais cela m'était devenu impossible. J'assaisonnais trop ou pas assez. »

Tout handicap est sérieux

Selon Ellis Douek, de l'hôpital Guy à Londres, « la perte de l'odorat doit être prise très au sérieux. La majorité des patients qui souffrent de cette infirmité sont très déprimés, certains tombant même carrément dans la dépression. Ils ont l'mpression de vivre dans un monde terne. L'odorat peut influer sur nos émotions plus qu'on ne le pense. »

En fait, autant que possible, nous préférons tout simplement disposer de l'ensemble de nos facultés. Certaines personnes n'ont cependant plus ce choix. Ce sont les personnes souffrant d'un handicap sensoriel. Les conséquences peuvent devenir très pénibles.

En France, des dispositions spéciales ont été prises en faveur de ce public. Le gouvernement souhaite le développement de la mise en œuvre du droit à la compensation. La loi du 11 février 2005 prévoit un ensemble de dispositions pour (...) la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi présente les orientations retenues pour l'évolution de la politique du handicap. Pour partie, ces évolutions découlent des orientations dressées par la loi elle-même, qui fixe un certain nombre d'objectifs. Cette loi déclare, entre autres : « La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. »

Handicapés vis-à-vis du handicap ?

Peut-être ne sommes-nous que peu renseignés sur ces questions. En général, à moins d'être soi-même handicapé ou d'avoir un proche confronté à ce problème, nous sommes insuffisamment sensibilisés sur ces points. Les efforts faits en vue de faciliter leur mobilité et communication font partie de notre propre vie, y compris en entreprise. Dans ce milieu, des lois prévoient même un quota minimum de travailleurs handicapés. Il semble que cette incitation ne reçoive pas toujours l'écho qu'elle mérite.

Avant même de parler de dispositions légales, les personnes handicapées, ou en situation de handicap sensoriel, ont d'abord besoin d'un minimum de compréhension.

Jack Ashley, député au Parlement britannique, est atteint de surdité. Il souligne en ces termes la nécessité de faire montre de cette compréhension: « La plupart des gens ne sont pas conscients des difficultés que rencontrent les sourds. Par-dessus tout, [les sourds] s'attendent à ce qu'on leur témoigne de la compréhension, qu'on se rende compte de la gravité de leur handicap, et qu'on montre du respect pour leurs qualités personnelles qui, elles, ne sont pas altérées, si ce n'est dans l'imagination des autres. »

Dans un sens, nous sommes tous plus ou moins handicapés.

Il est vrai que le comportement de communication différent d'une personne sourde nous amène parfois à la considérer comme déficiente sous d'autres aspects, mentaux par exemple. Certains ont eu cruellement à souffrir de cet amalgame.

Il en est de même avec les non-voyants. Leur handicap nous place parfois dans une espèce de gêne dont nous nous défendrons pourtant probablement. Par exemple, il nous paraîtra normal, dans une simple discussion, d'évoquer la possibilité d'aider une personne aveugle à traverser la route. Mais le ferons-nous vraiment si la situation se présente ? Non que nous reniions nos valeurs, mais peut-être ne savons-nous pas trop bien comment aborder cette personne ? Comment réagira-t-elle ? Ne suis-je pas vexant en anticipant sur un besoin qu'elle n'aura pas formulé ? Dans de tels cas, il semble que la politesse élémentaire soit de mise. Exprimée naturellement et sans gêne, la proposition est en général très bien perçue, quitte à ce qu'elle soit déclinée.

Ne perdons pas de vue non plus qu'à handicap équivalent, sa gravité peut être variable. Pour reprendre le cas de personnes sourdes, il y a des sourds légers, plutôt appelés alors malentendants, et les sourds sévères, voire profonds. Ces derniers ne perçoivent même pas les bruits que peuvent encore entendre des malentendants. De même pour la vue, malvoyant peut prendre une importance différente selon les cas. Aux États-Unis, par exemple, on considère comme aveugle quiconque voit seulement à une distance de 6 mètres (avec des lunettes ou des lentilles de contact) ce qu'une personne dotée d'une vue normale voit à 60 mètres. Ca ne rend pas les choses faciles pour autant.

Certes, il y a la technique. Elle peut, dans certains cas améliorer les choses, sans pour autant faire de vrais miracles. Pour la surdité, différents dispositifs existent, depuis la prothèse auditive jusqu'à l'implant cochléaire. Les résultats sont variables et créent même souvent des difficultés d'ordre psychologique ou social, selon les cas. De vraies polémiques existent quant au bien-fondé de tels aménagements.

Agir pour ne pas subir

En attendant, que pouvons-nous faire ? Il peut y avoir des personnes dans cette situation dans notre entourage professionnel ou autre.

D'abord, rappelons-nous que les personnes handicapées sensoriellement peuvent développer des facultés compensatrices extraordinaires. Nous avons tous été impressionnés par la façon dont un malvoyant semble évoluer avec une certaine « facilité » en se repérant uniquement à des indices auditifs ou kinesthésiques (le toucher). On trouve en la personne d'Helen Keller un exemple remarquable sous ce rapport, puisque cette femme, à la fois sourde et aveugle, est devenue un écrivain et un pédagogue célèbre. À son image, il existe de nombreux handicapés qui excellent dans toutes sortes de domaines.

Parfois, les personnes sourdes ou aveugles tombent dans une forme de solitude, surtout au travail. Que pouvons-nous faire ? Voyons quelques suggestions.

D'abord, essayer de se mettre à la place de celui qui souffre d'un déficit sensoriel. Ce n'est pas très facile mais un minimum d'application et de considération vont nous y aider. Ensuite, invitons cette personne à participer à nos activités à chaque fois que possible, sans la laisser à l'écart.

Lors d'une formation VR2 en langue des signes, une stagiaire rapporte qu'elle a lié solide amitié avec une collègue sourde, sans pourtant connaître la langues des signes. En revanche, son chef s'adresse systématiquement à cette personne sourde par personne interposée, même en sa présence ! Alors que cette sourde a appris à lire sur les lèvres et fait de réels efforts de communication tout en s'acquittant correctement de sa charge de travail. Cette exclusion par procuration peut être très désobligeante.

Efforçons-nous d'utiliser au maximum les aptitudes de ces personnes. Ceci contribuera au légitime sentiment d'utilité. Quand elle communique avec nous, quel que soit son handicap, efforçons-nous de bien comprendre ce qu'elle ressent. Nous pourrions être surpris. Il se peut que nous n'ayons pas encore fait montre de toute la délicatesse prévue. Enfin, faites-de votre mieux pour collaborer avec cette personne en oubliant au maximum sa déficience sensorielle.

C'est peut-être le moment de réfléchir aussi à ce que nous pouvons faire pour faciliter la collaboration. Pourquoi pas suivre une formation, même courte, qui nous donnerait des rudiments de comportements adaptés à ces circopnstances ? Par exemple, VR2 dispense des formations à la langue des signes française, de la sensibilisation au perfectionnement en passant par l'initiation (voir, à ce propos, le zoom formation « langue des signes française »).

Nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, handicapés. Nous apprécions que l'on soit prévenant et attentionné à notre égard. Si donc nous pouvons encore marcher, c'est peut-être à nous de faire le premier pas...

 

Frédéric Huguenin - VR2


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