Aout 2011

Document

Un embouteillage © Sergiy Serdyuk - Fotolia

La patience des conducteurs à rude épreuve.

« Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillage dans les films, il n'y a pas de temps mort. »
- François Truffaut, La Nuit américaine (film)

Les embouteillages (2)

Il semble difficile de supprimer totalement les problèmes dus à une trop forte densité de circulation. Des mesures publiques sont néanmoins prises dans certaines villes. Individuellement, on peut aussi adopter des habitudes intéressantes ou bien s'adapter au mieux.

Quelques grandes villes se sont attaqué au problème. Naturellement, les solutions ne conviennent pas à tout le monde. Mais globalement, les effets sont positifs.

Des dispositions publiques

En Italie, et en particulier dans les cités historiques, la circulation est interdite en centre-ville pendant une grande partie de la journée. Les piétons doivent apprécier. Et la qualité de l'air s'en ressent aussi.

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De tels projets ont été avancés également en France, y compris dans des villes relativement petites. Cependant, la mise en place de la mesure contraindrait alors les habitants à ce qui semble être la pire « humiliation » : marcher. Les commerçants eux-mêmes hésitent. Trop d'automobiles nuit à la quiétude et à la sécurité et dissuade le chaland de s'avancer en ville. Mais le contraindre à le faire à pied signifie, selon eux, une forte baisse de la fréquentation des boutiques en ville, au profit des grandes surfaces en périphérie. Elles sont en effet équipées de spacieuses aires de stationnement.

Autre possibilité, la taxe d'embouteillage. Il s'agit d'un péage pour accéder au centre-ville. Londres a testé le dispositif et a réduit les encombrements de 30%. Mexico, autre mégapole, limite l'entrée en ville selon un calendrier d'autorisations en correspondance avec l'immatriculation des véhicules.

Dans certaines agglomérations, la circulation est interdite en centre-ville.

Reste encore l'amélioration des voies de circulation et des transports en commun. Les rocades et autres périphériques ont pour vocation de désengorger le trafic. Les systèmes de signalisation deviennent de plus en plus sophistiqués. Il s'agit, par exemple, de réguler les flux à partir de signaux variables selon la densité du trafic. Les accès pour les véhicules de secours ou de police sont facilités afin de gérer les crises et accidents.

Sur le papier, tout paraît au point mais les usagers savent bien que c'est un peu plus compliqué que ça. Trop de voitures fera toujours trop de voitures. Et dans chacun de ces véhicules, un conducteur aux attitudes civiques variables. Sans parler des abus de boissons ou substances dangereuses au volant, entraînant de véritables tragédies comme ce fut le cas cet été.

Ceci nous rappelle que le comportement individuel joue son rôle, non seulement en matière de prévention des accidents, mais encore en termes de facilité de circulation. Il est à peu près évident que si chacun conduit comme s'il était seul sur la route, la situation va vite devenir très compliquée. Sous cet aspect, nous ne sommes pas tous égaux. Recherche de confort, comportement « psycho-compensatoire » ou simple exhibition, les manières de gérer sa voiture sont diverses. Quelques suggestions peuvent s'avérer utiles pour tenter de limiter les encombrements.

Que faire à titre personnel ?

Un tramway moderne © Bruno VIGNERON - Fotolia.com

Les transports en commun sont une solution intéressante.

Parmi les questions à se poser : ai-je vraiment besoin de prendre la voiture ? La distance à parcourir est-elle si importante qu'elle ne peut pas être couverte à pied ? En bicyclette ? La nature de mon déplacement (professionnel, personnel, familial, loisir) permet-elle que j'utilise un autre moyen de transport ?

Un utilisateur régulier de la bicyclette s'est vite aperçu que le temps moyen pour de courts déplacements n'était pas véritablement plus long qu'en automobile. Surtout, que ce véhicule n'est pas soumis aux problèmes de circulation, ou alors dans une infime mesure. Encore, la question du stationnement est elle aussi pratiquement réglée de par la facilité à parquer un deux roues.

En plus de cela, la mode est à l'activité physique. Utiliser un simple vélo est un bon moyen de faire un peu d'exercice. Bien entendu, cela dépendra ensuite de la météo, de la saison et des contraintes techniques. On ne peut pas transporter beaucoup de choses sur une bicyclette.

C'est peut-être le moyen de s'activer plus souvent, réduisant l'ampleur des courses en augmentant leur fréquence. Certaines grandes villes ont mis en place des points relais bicyclettes, avec un système d'abonnement et de parcage. Les avantages du deux roues - ici, non motorisé - sont indéniables et méritent d'être examinés.

Les transports en commun ont un prix de revient au kilomètre bien inférieur à celui d'une automobile.

Nous l'avons à peine évoquée mais la marche à pied reste le moyen universel de déplacement sans coût, sans contre-indications, sans besoin de stationnement.

Puis viennent les transports en communs. Très familiers dans les grandes villes, ils ne sont pas la règle pour autant. Certes, ils ont peut-être leurs inconvénients (promiscuité, chaleur, voire sécurité parfois) mais ils rendent de fiers services.

Un réseau de bus bien aménagé prévoit des couloirs réservés et limite ainsi les risques d'embouteillage. Quant au métro et au train/RER, ils sont imbattables quant à la mobilité et ce, quelle que soit la densité de circulation en surface. On voit de plus en plus de gens prendre un train avec leur bicyclette pour faire ensuite la liaison avec le domicile ou le travail. Cette façon de mixer les moyens de transports se révèle intéressante.

De plus, tous les transports en commun ont un prix de revient au kilomètre bien inférieur à celui d'une automobile, pour une ou deux personnes s'entend. Pourquoi ne pas réserver la voiture pour l'approche et les transports en commun pour le centre ville ?

Si l'automobile est indispensable, là encore on peut réfléchir à des aménagements. C'est le cas du covoiturage. Une étude révèle qu'aux Etats-Unis, 88% des personnes utilisent leur véhicule personnel pour se rendre à leur travail. Un tiers d'entre eux sont seuls dans la voiture. Il est très probable que, moyennant une organisation spécifique, en voyageant à plusieurs, cela contribuerait très certainement à réduire les difficultés de circulation et de stationnement. A tel point que, dans certains endroits, l'accès aux voies express par des véhicules à un seul conducteur est interdit ! Il faut être au moins deux pour y circuler.

Dernières recommandations, essayez autant que possible de circuler aux heures creuses et assurez-vous de votre éventuel stationnement en zone réglementée non gênante. Il est certaines villes du sud de notre pays où les panneaux de stationnement interdits sont manifestement interprétés comme des points de ralliements ! La circulation s'en trouve nécessairement entravée avec toutes les complications sonores, logistiques, relationnelles et disciplinaires que cela entraîne. Les pires sanctions ne semblent pourtant pas décourager les contrevenants. Question de culture sans doute.

Et si, malgré tout, vous ne pouvez pas éviter les bouchons ? Voici les conseils d'un chauffeur de taxi madrilène, expert en ma matière :

  • Emportez toujours de la lecture. En cas de paralysie du trafic, on s'énerve moins.
  • Choisissez une station de radio attrayante ou un disque de votre choix, plutôt calme.
  • Ne klaxonnez pas. Ça ne sert absolument à rien sinon qu'à alimenter le stress général.
  • Efforcez-vous de rester courtois et poli. Cette « action » permet de gérer raisonnablement l'énervement, le votre comme celui des autres conducteurs.
  • Avertissez vos éventuels clients, employeur ou famille que vous êtes retardé. Le téléphone portable est alors utile.
  • Pensez à incorporer le possible « décalage horaire » dû aux bouchons quand vous établissez votre emploi du temps. Prenez l'habitude de partir bien en avance.
  • Les encombrements de circulation continueront de nous compliquer la vie au volant. Mesures publiques ou privées, des améliorations sont possibles toutefois. Reste que c'est notre propre attitude qui fera la différence. Sur ce chapitre, certains ont déjà « pris de la bouteille »...

     

    F. Huguenin - VR2


     

     

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