Aoùt 2011

Vie professionnelle

Une femme se cache sous son chapeau © Cristian Ilie Ionesc - Fotolia.com

La timidité : entre charme et douleur.

« Les inconnus pour les timides sont des géants, il n'y a pas de petits juges pour les accusés. »
- Germaine Beaumont, Si je devais...

La timidité (suite)

La timidité est un poids difficile à vivre. Quelle qu'en soit l'origine, modestie ou narcissisme, s'en défaire est le moyen de trouver l'équilibre. Des suggestions simples, un peu de persévérance et des résultats se feront rapidement sentir.

Il est difficile de rester invisible en permanence au yeux des autres. C'est pourtant ce qu'aimeraient certains timides. Mais si disparaître semble atténuer la gêne, ce n'est pas une solution en soi. De fait, de par notre vie sociale, familiale et professionnelle, nous sommes régulièrement confrontés au regard des autres.

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Et que voient-ils donc ? Avons-nous le regard fuyant ? Notre attitude corporelle et gestuelle signale-t-elle que nous voulons rester dans notre coin ? Si tel est le cas, alors nos proches estimeront que nous fuyons tout contact. Et ils risquent bien de nous faciliter la tâche en nous évitant. Le résultat sera notre dé-socialisation. Nous risquons la vie d'ermite.

« Lutter au quotidien pour se défaire du fardeau de la timidité. »

On peut avoir une personnalité discrète. Après tout, rien ne nous oblige à toujours être sur le devant de la scène, à nous faire remarquer et à vouloir systématiquement donner notre avis. Dans un monde où foisonnent les personnes avides de notoriété, de pouvoir et de publicité, un peu de réserve et d'authenticité est appréciable.

Cette réserve devient problématique si elle se transforme en évitement, en crainte, en phobie des autres. Que faire si nous sommes victimes d'une timidité excessive ? Comment évoluer dans la société et dans le travail sans avoir à craindre les rapports de proximité ?

« S'affranchir du regard des autres et modifier le regard que l'on porte sur soi-même demande de gros efforts. Il faut lutter au quotidien pour se défaire du fardeau de la timidité », explique un ancien timide. Pour y parvenir, le timide peut s'attacher à observer ses propres réactions en différents contextes. Il s'agit bien d'observation et non de jugement. Plus facile à dire qu'à faire car c'est bien là un point délicat pour le timide : ne pas se sentir jugé, fut-ce par soi-même. Voyons comment procéder.

Comment vaincre la timidité ?

Une femme hésitante © Olena Kucherenko - Fotolia.com

La décisison prise, le timide hésite encore...

Dans un carnet, notez les circonstances où vous avez éprouvé ce sentiment de timidité. Situez le contexte : avec d'autres personnes, en réunion, en public, chez un commerçant, etc. Quelles ont été vos réactions, quels signes ont été visibles, etc. ? Très important : quelqu'un vous a-t-il réellement fait remarquer, d'une manière ou d'une autre, que vous étiez emprunté ?

Vous allez probablement vous apercevoir qu'il est rare que les autres perçoivent nos prétendus défauts avec autant d'acuité que nous. Et quand bien même le feraient-ils, combien de temps vont-ils y penser ? En général, quelques minutes seulement plus tard, personne n'y prête plus attention.

Et puis, il y a l'attitude physique. L'attitude physique en lien avec l'attitude mentale. La corrélation permanente entre les deux invite à vérifier l'impact de l'une sur l'autre. Si le timide à tendance à se tenir plutôt affaissé, replié physiquement sur lui-même, un maintien plus affirmé peut conduire à une mentalité renforcée.

Une jeune fille raconte que pendant longtemps, elle se sentait particulièrement gênée d'avoir à paraître simplement dans la rue. Elle rasait littéralement les murs, avec une démarche hésitante, une posture voûtée et contrainte. Ce calvaire pour se rendre à des cours de danse classique où là, miracle, elle reprenait confiance en elle et faisait montre de capacités remarquables. Elle se sentait alors forte, grande et solide, pleine d'une étonnante assurance. De retour dans la rue, la métamorphose s'inversait.

A la réflexion, elle conclut que c'était les postures de danseuse qui lui conféraient cette aisance : se tenir droite, tête haute, menton relevé, les jambes fermes et le pas mesuré. Elle s'efforça de transposer l'essentiel de ces poses... dans la rue. Bien que sa démarche fut peut-être un peu caractéristique, le comble pour une timide, elle retrouva ce sentiment de maîtrise et de contrôle. Elle décida d'adopter définitivement ce nouveau comportement. Elle préféra alors l'éventuel regard vaguement interloqué (admiratif ?) des passants, parfaitement supporté grâce à ses nouvelles forces, plutôt que de revenir à l'effacement et son poids écrasant.

« C'est en se donnant l'apparence de la confiance en soi que l'on commence à la générer »

« L'émotivité est le problème numéro un du timide, constate Marie-France Muller, auteur de Timide, moi ? Plus jamais ! Elle entraîne une mauvaise coordination musculaire et mentale. Le premier réflexe à avoir quand on sent le malaise monter en soi c'est de se redresser, tirer sur sa colonne vertébrale, libérer le cou. Un changement radical d'allure, aux antipodes de celle d'un timide. C'est en se donnant l'apparence de la confiance en soi que l'on commence à la générer. »

Un timide aura donc intérêt à se tenir droit, avec un maintien ferme et une démarche assurée. Cela réclamera sans doute des efforts au début mais un joli cercle vertueux se mettra en place avec d'heureux résultats. Pourquoi ne pas d'abord s'exercer à l'abri des regards et, petit à petit, s'y exposer de plus en plus ? Notez bien qu'il ne s'agit pas non plus d'adopter une allure de monarque en visite officielle...

De même, la respiration joue son rôle anti-stress si elle est correctement soignée. Une respiration souple, ventrale, diaphragmatique et profonde libère la tension, favorise l'oxygénation et incite au contrôle de soi.

Enfin, augmenter progressivement « les doses » de promiscuité. Lier une conversation avec une personne que vous connaissez. Lier conversation dans un groupe. Adresser la parole à un ou une inconnue, par exemple pour lui demander l'heure. S'avancer « pour du beurre » dans un bureau et demander un renseignement, un prix, un horaire. Il n'y a pas d'enjeu, sinon celui de s'habituer.

En cas de rechute, pas de panique, c'est le signe que l'on a déjà progressé. Et ne pas s'accuser ou se culpabiliser inutilement fait partie du processus de développement. Apprendre à faire la différence entre les gaffes, les erreurs, les fautes et les « péchés », avec leurs degrés respectifs de responsabilité personnelle.

Apprendre à dire non. D'abord à propos de choses peu importantes puis de plus en plus (si besoin). Dire non, s'opposer, résister, sans tomber dans les excès de l'affrontement, est un excellent moyen d'affirmer sa personnalité.

En se lançant ainsi de petits défis, on gagne en assurance. A la longue, moins perfectionniste, moins exigeant avec lui-même (et donc avec les autres), le timide s'intègre avec aisance dans son milieu. Il n'est pas rare, alors, qu'il excelle finalement là où il avait tant failli.

Vous avez un doute à ce propos ? Seriez-vous timide...  ?

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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