Avril 2011

Documentaire : lutter contre ses peurs

Arts martiaux

Il y a moyen de lutter efficacement contre les causes de nos craintes.

« La peur est ce qui gronde dans le courage ; la peur est ce qui pousse le courage au delà du but. »
- Alain, Extrait de Les idées et les âges

Faire face à ses craintes

Suite de notre dossier sur les phobies sociales et autres troubles du comportement susceptibles de nuire à nos activités professionnelles.

Il a été question du regard sur soi, voyons également comment procéder par étapes pour diminuer les symptômes et peut-être les causes de ces troubles.

Tôt ou tard, nous serons confrontés à une situation qui mettra à l'épreuve nos facultés d'adaptation. On peut, pendant un temps, s'efforcer d'éviter les circonstances génératrices de ce stress mais cela ne durera pas toujours. De plus, à force d'évitement, nous risquons encore d'affaiblir nos résistances et de diminuer la confiance en soi. Nos craintes d'ennuis potentiels n'en sont que plus grandes. Ces comportements, certes compréhensibles, amorcent un cercle vicieux qui a toutes les chances de dégénérer en spirale infernale.

Comment affronter ses craintes

Affronter ses craintes ne signifie pas non plus se précipiter tête baissée dans des situations impossibles et terrorisantes. Le remède pourrait se révéler pire que le mal. Il est conseillé de procéder graduellement. Comment faire ? Le docteur John Marshall écrit : « Nous encourageons souvent nos patients atteints de phobie sociale, en particulier ceux dont les craintes sont relativement circonscrites, limitées par exemple à la peur de parler en public, à faire l'effort d'avoir un rôle actif dans des circonstances ou dans des organismes qui requièrent un contact avec d'autres personnes. »

Ces organismes peuvent être des associations, des groupes ou des organisations internes à une entreprise. Souvent, ces entités évoluent dans un contexte relativement peu formel et sans enjeu d'importance. Les membres sont des volontaires, en général bénévoles, autant de composantes qui dédramatisent l'environnement.

Notez bien que la suggestion du médecin cité est bien de prendre une part active, même minime, dans de tels groupes. C'est cet investissement qui renforcera la confiance du sujet. De cette façon, la personne un peu embarrassée va apprendre plusieurs choses importantes pour son épanouissement.

Mêmes les plus aguerris se heurtent parfois à des déconvenues ou au découragement.

Tout d'abord, elle constatera vraisemblablement que, ce qu'elle perçoit parfois comme des faiblesses rédhibitoires, n'attirent que rarement l'attention et encore moins la désapprobation des autres. Ensuite, dans le cas d'un scénario « catastrophe » où quelqu'un aurait une réaction estimée négative, il ne se passe en fait rien de dramatique ni de définitif. Après tout, se faire corriger sur une erreur, surtout si c'est fait sans arrière pensée, voire avec un certain tact, est un bon moyen de régler la question.

En accumulant patiemment de telles expériences, la personne à tendance phobique vérifie l'innocuité d'évènements jugés jusque-là « dangereux » et prend de plus en plus confiance en elle. C'est une démarche qui vaut vraiment la peine d'être entreprise. Bien-sûr, il peut y avoir des déceptions à un moment ou à un autre. Mais mêmes les plus aguerris se heurtent parfois à des déconvenues ou au découragement. Ceci pour dire que la disparition totale et définitive d'une quelconque gêne ou anxiété n'existe pour personne. Un docteur explique : « Le but n'est pas d'éliminer complètement les symptômes, mais de faire en sorte qu'ils n'aient plus d'importance. Quand on n'y fait plus attention, ils disparaissent, ou au moins s'atténuent. »

Aucune méthode n'est véritablement la panacée. Chaque personne est différente et ce qui fonctionnera bien chez l'un, sera moins efficace chez l'autre. Disons que, dans l'ensemble, ceux qui se sont efforcés de lutter contre leurs problèmes ont très souvent ressenti des améliorations. Il se peut encore que certains aient choisi de se faire aider.

Des aides de différents ordres

Une jeune femme d'affaires avec des gants de boxe.

Faire du sport contribue à renforcer la détermination à lutter.

Selon le degrés des troubles, l'urgence d'une amélioration, la personnalité et les capacités d'une personne, un soutien psychologique et/ou pharmacologique peut se révéler utile. Solliciter l'aide d'un spécialiste n'est pas forcément un aveu de faiblesse. C'est même une démarche courageuse étant entendu que la consultation d'un spécialiste de la santé mentale ne signifie pas que l'on est « fou ». Il appartient à chacun de décider à qui ou à quoi il aura recours.

Néanmoins, quelques questions se posent avant de tirer des conclusions. Par exemple, à propos des médicaments, la situation est-elle à ce point pénible que cette aide devient nécessaire ? Si ce choix est finalement arrêté ou suggéré, serait-il possible d'envisager également un accompagnement afin d'agir non seulement sur les symptômes des troubles mais encore sur leurs causes ? Là encore, il faut peser le pour et le contre et décider soi-même.

Il existe encore des moyens de s'entraîner sans risque à des situations anxiogènes. La consigne est de produire un effort d'imagination. Il est alors proposé de s'imaginer dans la circonstance à venir et qui pose problème. Par exemple, si vous devez prendre la parole en public, représentez-vous la scène le plus complètement possible. Evidemment, l'exercice n'est que plus efficace si on connaît effectivement l'environnement physique où se déroulera l'évènement.

Manger correctement, faire régulièrement du sport, prendre suffisamment de repos sont autant d'aides à la lutte contre l'anxiété.

Imaginez-vous vous exprimant avec élégance et fluidité. L'auditoire, dont vous pouvez peut-être imaginer précisément les visages, est attentif et respectueux. Si possible, et c'est une excellente préparation, répéter à voix haute votre exposé. Voyez toujours comment les auditeurs sont favorablement concentrés sur vos paroles, comment ils vous remercient et vous félicitent au terme de l'allocution. Résistez formellement à vous voir perdre le contrôle, bafouiller ou quoi que ce soit qui n'est pas encore arrivé ! Pour la petite histoire, c'est ainsi que procèdent les champions, visualisant par anticipation leur complète et éclatante victoire. Ceci souligne le bien-fondé de la méthode.

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Un cas particulier est l'attaque de panique. Lorsque l'anxiété atteint des sommets, elle peut engendrer ce que l'on appelle une crise de panique, particulièrement éprouvante pour la victime. Cette crise, apparemment irrépressible, peut placer une personne dans un état très inquiétant aussi pour son entourage. Certains comparent les sensations éprouvées à celles produites par une crise cardiaque ! Voyons les conseils que donnent des spécialistes : « Mieux vaut laisser passer la vague d'anxiété. Une fois qu'elle a commencé, vous ne pouvez plus l'arrêter, écrit Jerilyn Ross, présidente de l'Association Américaine des troubles anxieux. Il faut qu'elle aille jusqu'au bout. Dites-vous que, si elle est effrayante, elle n'est pas dangereuse. Elle va passer. »

Melvin Green, qui dirige un établissement spécialisé dans le traitement de l'agoraphobie, compare l'attaque à une petite vague telle que celles que l'on voit approcher sur la plage. « Elle représente vos premières sensations d'anxiété, dit-il. A mesure qu'elle se rapproche de la côte, la vague devient de plus en plus grosse. Elle représente votre anxiété croissante. A un moment donné, la vague devient énorme et atteint sa hauteur maximale. Ensuite, elle redescend et finit par se disperser sur la plage. Cette image représente le début et la fin d'une attaque d'anxiété. »

Tout le monde sera tôt au tard confronté à des craintes, des peurs, des doutes. Certains en souffrent plus que d'autres, ou plus souvent. Il est possible de se prémunir, au moins en partie, contre de tels troubles par une hygiène de vie adaptée ainsi que des efforts raisonnables et progressifs. Quant à parvenir à l'état idéal d'équilibre parfait et constant, là, n'ayez crainte : ça n'arrivera pas...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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