Décembre 2011

Dossier

Une jeune femme se sent épiée © olly - Fotolia.com

Le pénible sentiment d'être observée et écoutée...

« Intranet. Méthode conviviale de surveillance des salariés. »
- Marie-Anne Dujarier, Il faut réduire les affectifs !

Sommes-nous surveillés ?

La vie moderne implique une surveillance toujours plus grande de nos faits et gestes. Au travail comme en loisir, il existe des moyens sophistiqués d'observation et de suivi. Partagé entre sécurité et abus, le phénomène échappe souvent à notre contrôle. Et à notre volonté.

Dans les films de science-fiction, les protagonistes n'ont qu'à passer devant une porte ou une enseigne et un système détecte leur identité et leur propose des services qui leur correspondent. Ou bien déclenche des signaux d'alarme qui mette l'acteur en fuite. Ou encore alerte une équipe de sécurité qui est sur-place en quelques secondes. Protection ou espionnage ? Sécurité ou surveillance abusive ? Faut-il sacrifier la vie privée à la protection ? Enfin, ce scénario est-il seulement de la science fiction ?

La surveillance au quotidien : bon ou mauvais film ?

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Dans la réalité, cette fois, une jeune femme, que nous appellerons Juliette, se présente sur son lieu de travail. Là, pas moyen d'entrer sans qu'une caméra ne la filme avant de lui laisser l'accès. A l'intérieur, ses déplacements, ses agissements, son travail, sont constamment observés. Pas un instant de répit ; à se demander si elle n'est pas aussi sous surveillance lors des inévitables moments nécessitant légitime intimité.

Juliette travaille dans une entreprise qui brasse des sommes d'argent liquide impressionnantes. La surveillance, c'est pour sa sécurité. En effet, imaginez qu'un individu parvienne à s'introduire, ou bien un membre corrompu de l'entreprise, et cherche à contraindre l'employée à lui remettre des billets avant de la prendre en otage pour protéger sa fuite. Les caméras de surveillance sont là pour dissuader de telles initiatives. Certes. Mais c'est aussi un moyen de s'assurer que notre employée ne cédera pas à la tentation...

Juliette sait pertinemment qu'elle est sous surveillance perpétuelle. Elle l'accepte. C'est la condition pour occuper cet emploi. Ça fait partie du jeu. Même si elle ne le trouve pas tout à fait amusant. Mais toutes les personnes surveillées sont-elles toujours correctement informées ? En d'autres termes, sommes-nous tous « fliqués » ? Et vous ? Savez-vous si vous êtres ainsi contrôlés et dans quelles conditions ?

En Angleterre, on compte une caméra pour 55 personnes.

On estime que dans l'état australien de Nouvelles-Galles du Sud, ce sont plus de 5 500 caméras qui observent les personnes qui prennent le train. Près de 2 000 autobus sont équipés de caméras. Nul besoin d'aller si loin. En France, ceux qui utilisent les transports en communs, tels que le métro, ont déjà nettement remarqué une quantité impressionnante d'objectifs braqués sur eux. Il ne s'agit pas ici de remettre en cause le probable bien-fondé du dispositif en matière de sécurité. Néanmoins, cette « présence » constante doit être supportée.

Ce sont les anglais qui tiennent la palme de la vidéo-surveillance. Il y aurait ainsi une caméra pour 55 personnes. Plusieurs centaines de villes se sont équipées de la sorte. Et les progrès technologiques sont effarants. Des dispositifs sont capables de reconnaître un visage dans la foule. Un équipement policier peut ainsi enregistrer à peu près tout ce qui se passe et récupérer a posteriori les informations utiles. Un délit a été commis ? On a aperçu une voiture de couleur grise ? Le système peut extirper des enregistrements toutes les voitures grises. On a retenu quelques chiffres ou lettres de la plaque minéralogique ? Le système peut récupérer dans ses enregistrements toutes les plaques contenant ces informations. En d'autres termes, ces machines semblent capables de lire chiffres et lettres et d'interpréter les couleurs et les formes, même en différé.

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