Février 2011

Expression française

Un groupe de jeunes gens des affaires court dans la rueEtre à la bourre impose des rythmes difficiles...

Une expression qui signale que nous ne sommes pas en avance...

Etre à la bourre

« Etre à la bourre » est entré dans le langage courant pour signifier qu'une personne est en retard.

Selon plusieurs sources, « être à la bourre » signifiait que l'on était pauvre. Cette expression serait elle-même née d'un jeu de cartes. Claude Duneton en situe l'origine chez les Occitans. Ceux-ci pratiquaient alors la bourre. Dans ce jeu, on retrouve une expression, « es a la borra » (« il est à la bourre »), pour désigner celui qui est en train de perdre.

Les joueurs misaient en effet une même somme d'argent ensuite partagée au prorata des cartes gagnées. La malchance ou l'incompétence pouvaient amener un joueur à ne gagner aucune carte. Il était alors « bourru », par allusion au duvet - dont on bourrait, paraît-il, les oreillers - duvet qui reste sur un volatile une fois celui-ci plumé... Le malchanceux arrivait le dernier au classement final, très en retard par rapport à ses concurrents. Le bourru était le plus démuni, le plus pauvre. Il ne lui restait plus qu'à bourrer, c'est-à-dire utiliser en dernier recours le seul duvet restant pour renflouer son oreiller.

Etre à la bourre : être pressé, en retard.

Certains avancent une autre origine qui incorpore peut-être plus explicitement le fait d'être pressé. En effet, lors des guerres anciennes, on plaçait la poudre directement dans le canon. On utilisait ensuite un manche en bois pourvu d'un tampon de chiffons pour enfoncer et tasser l'explosif au fond du tube. Cet outil assez rudimentaire s'appelait la bourre. De fait, on imagine bien que l'on bourrait la poudre au fond du canon. Il fallait ensuite faire entrer un boulet par la même gueule du canon, puis déclencher le tir.

Ce système assez rudimentaire n'offrait pas toutes les garanties de sécurité. Il semble qu'il fut assez fréquent que des accidents se produisent, comme l'inflammation intempestive de la poudre avant que l'on ait introduit le boulet. Le moment entre le bourrage de la poudre et le tir effectif était donc une étape dangereuse sur laquelle on préférait sans doute passer le plus vite possible. Celui qui était « à la bourre » s'efforçait vraisemblablement de faire diligence... « Etre à la bourre » était le moment le plus dangereux, le plus urgent de l'opération.

On peut voir un mixage de ces versions dans celle mentionnant le verbe bourrer au sens de bloquer, arrêter. On peut estimer que, bloqué ou arrêté, quelqu'un prendra nécessairement du retard.

Nous avons donc un certain choix d'explications pour cette expression. Mais inutile de se précipiter...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

Index de la Newsletter

Archives newsletters

Vers le site de VR2

Toutes les formations VR2