Juillet 2011

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Une femme prise dans un embouteillage © Otromio - Fotolia.com

Une épreuve parfois quotidienne.

« Compte tenu du nombre de bouchons, Paris a bel et bien été mis en bouteille. »
- Régis Hauser, Les Murs se marrent

Les embouteillages

Les encombrements de la circulation, communément appelés « bouchons », peuvent prendre des proportions impressionnantes. Outre la simple gêne, ils perturbent la meilleure organisation et sont générateurs de problèmes professionnels.

Vous avez un rendez-vous important. A la clef, un contrat intéressant, un travail avantageux ou simplement un contact utile. Par précaution, vous prenez votre automobile et vous partez bien longtemps en avance. On ne sait jamais : un pneu crevé, un arrêt nécessaire. Mais voilà, parvenu en ville, ou parfois bien avant, des encombrements, des bouchons, neutralisent vos meilleures précautions.

Existe-t-il un « tire-bouchon » pour bouchons ?

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Avez-vous déjà vécu une telle situation ? Probablement. Que ce soit pour se rendre à un rendez-vous, à son travail ou même en vacances, les bouchons sur la route sont une véritable plaie. Et une plaie pour tout le monde. Même l'environnement en fait les frais. Une forte concentration de véhicules signifie une forte augmentation de la pollution, ainsi que de la consommation de carburant. C'est pourtant le constat quotidien dans la plupart des grandes villes.

L'ampleur du phénomène est mondiale. L'Institut des transports du Texas, aux États-Unis, signale que « les embouteillages augmentent partout, dans des agglomérations de toutes tailles ». Ce même institut explique qu'il ne semble pas y avoir de véritable solution. Les pouvoirs publics ne sont donc pas (forcément) incompétents : ils n'ont pas les capacités de régler le problème.

« les embouteillages augmentent partout, dans des agglomérations de toutes tailles ».

Il y a des exemples inquiétants. Ainsi, en Chine, ce sont plusieurs milliers d'automobilistes qui se sont trouvés pris au piège d'un énorme bouchon de 100 kilomètres de long. Il faut plusieurs jours pour sortir d'un tel trafic, ce qui ne signifie pas que l'embouteillage soit résorbé. Les conducteurs doivent improviser nourriture et couchage dans leurs véhicules. Un vrai supplice chinois... Autre cas : Mexico. Il faut compter quatre heures pour traverser la ville de bout en bout, soit un trajet d'environ vingt kilomètres. N'eut été la pollution, il vaudrait mieux être à pied.

Ces encombrements peuvent être liés à des travaux ou des accidents. Or, selon certaines sources, en Île-de-France, seuls 13% des bouchons auraient une telle origine. Il est plus que vraisemblable que les raisons courantes d'engorgement routier soient dûes à un nombre toujours plus grand de véhicules. Des habitudes et contraintes horaires, il résulte que ces automobilistes se retrouvent souvent au même endroit en même temps... C'est le cas, par exemple, lors des heures de pointes ou encore sur les péages autoroutiers lors des déplacements pour les vacances.

Quel impact sur les activités professionnelles ?

Ces informations intéressent le monde du travail. Selon un sondage IBM effectué en juin 2010, dans 20 villes mondiales auprès de 8 192 automobilistes dont 420 à Paris, 26% des parisiens considèrent que les embouteillages ont un impact négatif sur leurs performances au travail. Il est évidemment difficile de chiffrer le coût de ces contraintes émotionnelles et physiques mais, entre les heures perdues et la tension des conducteurs, une enquête a estimé à 70 milliards de dollars par an le coût économique des bouchons dans 75 grandes villes américaines.

Le temps, lui, ne reste pas bloqué dans les bouchons.

Selon l'Inrix, société analysant le trafic routier européen, les conducteurs parisiens passent en moyenne 70 heures chaque année dans un trafic ainsi surchargé - pour comparaison, les londoniens ne passent « que » 52 heures par an dans les encombrements; à Lille, 50 heures par an, à Lyon et Limoges, 34 heures et à Grenoble, 33 heures. Toutes ces heures peuvent être considérées comme perdues. Et elles ont probablement bien souvent perturbé un programme pourtant solide.

Un journaliste écrit : « Trop de gens ont trop de voitures, qu'ils veulent utiliser dans le même périmètre restreint », soulignant ainsi le difficile rapport entre les possibilités d'absorption des villes et le nombre toujours plus important de véhicules. On estime que la moitié de la population mondiale vit en zone urbaine. Et cette population semble de plus en plus dépendante de l'automobile. A Los Angeles, le nombre de véhicules serait supérieur à celui de sa population ! Or, « Les villes n'ont pas été conçues pour l'automobile », constate Carlos Guzmán, président de la Commission d'urbanisme de Madrid.

Des automobilistes français passent de 33 à 70 heures par an dans les bouchons.

Pire, certaines villes relativement anciennes comportent de nombreuses rues étroites. C'est le cas de certaines cités du sud de la France. Tous ceux qui ont roulé à Marseille comprennent bien ce que cela signifie. Cela dit, de grandes artères ne suffisent pas à éviter ces complications. Une fois encore, aux heures de pointes, ces aménagements restent insuffisants. Et qui dit heures de pointes dit heures de travail ou de trajet professionnel.

« À présent, les grandes agglomérations sont bondées presque toute la journée, et la congestion empire toujours », d'après Jean-Paul Rodrigue dans un rapport intitulé Les problèmes du transport urbain. « En fin de compte, la construction d'axes supplémentaires ou l'élargissement des routes existantes ne réduit en rien l'ampleur des bouchons aux heures d'affluence », explique l'ouvrage Embouteillages aux heures de pointe - Comment y faire face ? (angl.).

Il est assez facile de se rendre compte que l'on fabrique et que l'on vend beaucoup plus rapidement des voitures que l'on construit des routes. Nécessairement, il y aura (il y a) un point de saturation. Ajoutons à cela les difficultés de stationnement et le cauchemar de la circulation urbaine est presque complet.

En France, la CCI (Chambre de commerce et d'industrie) de Pau-Béarn a mené, en 2011, une enquête à ce propos. Ainsi, en termes de commerce, « les actifs privilégient les centres commerciaux périphériques », tandis que le centre-ville « est fréquenté d'abord par les étudiants (36,5 %) et par les retraités (34,9 %) ». Pourquoi ces disparités ? 55,8 % des personnes interrogées mettent en avant les difficultés de stationnement (31,1 %) et de circulation (24,7 %) comme principaux freins à la fréquentation du centre-ville. Selon un responsable local, « quand on se fait piéger une fois ou deux dans les embouteillages, on hésite à revenir ».

Dans bon nombre de villes, on voit très fréquemment des gens tourner avec leur voiture dans le simple but de trouver une place de stationnement. Ceci accroît encore les dommages écologiques, y compris pour les humains. Selon une étude, l'air est si pollué à Milan (Italie) que le respirer pendant une journée équivaut à fumer 15 cigarettes. Des villes de France ne sont pas mieux loties. Or, c'est de cette façon que bien des personnes doivent commencer leur journée de travail. Difficile, dans ces conditions, d'être dans les meilleures dispositions pour entamer sereinement ses activités. Chez VR2, nous sommes d'autant plus conscients du problème qu'il arrive que des stagiaires se présentent en retard en formation à cause de problèmes de circulation ou de stationnement.

S'il ne semble pas possible d'éliminer complètement les bouchons, il existe des mesures collectives pour tenter de les limiter. Individuellement, nous pouvons prendre des habitudes pour moins souffrir de ces contraintes. Nous en parlerons dans un prochain article. En attendant, prenez patience, la route est encore longue...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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