Juin - Juillet 2011

Vie professionnelle

Une femme se tient la tête dans les mains © laurent hamels - Fotolia.com

Prendre les choses en main...

« Le trac, cela vient avec le talent .»
- Sarah Bernhardt

Gérer le trac (suite)

Dans le précédent article sur le trac, nous avons vu l'importance de la préparation et quelques conseils à ce propos. Voyons maintenant d'autres moyens de gérer le trac en situation.

Juste avant la prestation génératrice de trac, il est encore possible de prendre quelques précautions, comme se relaxer et respirer convenablement. Alliés à une pointe d'humour et une pratique régulière, ces principes peuvent nous rendre service.

Il existe un tas de versions différentes quant à la meilleure façon de se relaxer peu avant une intervention; par exemple, s'exprimer devant un public ou un jury. Il ressort toutefois que se détendre reste un moyen éprouvé.

Comment se relaxer ?

« Facile à dire ! Si j'ai ce trac, c'est précisément parce que je n'arrive pas à me détendre ! » Evidemment. Que faire alors ?

Maîtriser le physique pour maîtriser le psychologique.

Une petite réflexion va nous mettre sur la piste. Comment nous comportons-nous lorsque nous sommes tendus, anxieux, inquiets ? Bien souvent, nous nous agitons, nous faisons les cents pas, nous bougeons nos bras, nous remuons les jambes ou les pieds. C'est compréhensible, l'agitation mentale crée une agitation physique. Il y a donc un lien étroit entre les deux. Or, si nous nous efforçons de contenir l'agitation physique, il est très probable que cela contienne aussi, dans une certaine mesure, notre agitation mentale et émotionnelle.

En d'autres termes, pour rester calme dans sa tête, il est utile de rester calme dans son corps. Surveillez donc les signes physiques d'excitation et réprimez-les. Cette maîtrise des premiers éléments physiques de la chaîne du trac contribue à la gestion des autres maillons, en l'occurrence, psychologiques.

Pour ce faire, certains marchent calmement en plein air, d'autres écoutent de la musique, etc. A cette occasion, cherchez à prendre conscience des muscles éventuellement contractés (souvent, les épaules, le cou, la nuque, la région dorso-lombaire) et appliquez-vous à les relâcher progressivement.

Pour aller plus loin encore, des experts conférenciers proposent de faire quelques assouplissements. Peut-être ne disposerez-vous pas d'une loge privée. Néanmoins, il est en général possible de trouver un espace discret. Là, quelques élongations, étirements des bras, des jambes, vont physiquement détendre réellement les muscles. Et cette détente, même principe que précédemment, se répercutera sur le mental.

Une jeune femme très relax

Relaxe... mais pas trop !

Autre aspect lié à ce qui précède : la respiration. Nous savons tous, pour l'avoir fréquemment entendu ou lu, que nous respirons assez mal. Et en phase de trac, c'est encore pire, du fait de la tension générale. On a alors tendance à respirer « très haut », avec cette désagréable sensation que nos poumons sont réduits de moitié ! Effet garanti : oxygénation insuffisante, facultés mentales et physiques altérées, tout le contraire de ce dont nous avons précisément besoin. Une seule solution, s'appliquer consciemment à la respiration forcée. Comment faire ?

Placez-vous debout, bien droit, les bras le long du corps, épaules affaissées, talons joints, en position dite du garde-à-vous.
Assurez une large oxygénation du lieu, fenêtre ouverte, par exemple.
Inspirez profondément en commençant par emplir la partie inférieure des poumons. Vous devez sentir votre ventre se dilater, comme si vous le poussiez en avant.
Remplissez bien les poumons en entier, la poitrine se soulevant elle aussi.
Puis, laissez retomber doucement les côtes inférieures et supérieures en laissant rentrer le ventre.
Poursuivre l'expiration, cette fois volontairement, en continuant de rentrer le ventre, en contractant les muscles abdominaux et en affaissant encore les côtes. Il s'agit de vider (presque) complètement les poumons.

Recommencez plusieurs fois. Inspirez par le nez, expirez comme vous voulez mais sans violence. En principe, le temps d'expiration est à peu près deux fois plus long que le temps d'inspiration. Par exemple : inspirer pendant quatre secondes puis expirer pendant huit secondes. Des spécialistes dissuadent de maintenir la respiration bloquée entre les deux phases.

Décontraction mais pas relâchement

Parmi les grands classiques des suggestions de décontraction, celle suggérant d'imaginer votre auditoire ou votre jury dans des situations « d'humilité »... c'est-à-dire très peu vêtu, voire nu, ou aux toilettes... Ce n'est pas une bonne idée. Dans le meilleur des cas, cela ne changera rien du tout. Dans le pire - cas le plus courant - cela vous déconcentrera et le résultat en pâtira. Mieux vaut vous valoriser vous-mêmes, ce qui n'implique pas nécessairement d'abaisser les autres. Vous pourriez plutôt vous dire, toujours dans le cas d'une présentation orale : « Je suis une personne importante qui a des choses importantes à dire à des gens importants. »

Peut-être avez-vous des objets ou des rituels « fétiches ». Ce n'est pas une plaisanterie, ça existe et ça rejoint des principes sérieux d'ancrages mnémoniques utiles. Evidemment, vous n'allez pas vous présenter avec votre « doudou » dans les bras... Mais peut-être avez-vous un discret objet, ou une tenue à laquelle vous tenez particulièrement. Si ces accessoires et atours restent de bon ton en la circonstance, ils peuvent être une aide supplémentaire.

« Une personne importante, des choses importantes, des gens importants. »

Puis vient le jour « J », l'instant « T », le moment « M ». Vous êtes dans la situation. Généralement, c'est là que le trac s'atténue, voire disparaît. C'est ainsi que l'on prend conscience que, bien souvent, on se fait beaucoup plus de soucis avant que pendant. Pour accélérer encore cette maîtrise des éléments, voici quelques suggestions.

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Puisque c'est souvent le regard des autres qui nous effraie, autant affronter ce regard... et le trouver pas si effrayant que ça. Nous nous faisons probablement une représentation assez lourde de l'évènement, imaginant les auditeurs nous détaillant des pieds à la tête, guettant la moindre de nos défaillance, prêts à nous juger sévèrement. Or, la réalité est tout autre. Ces gens sont là pour nous écouter, ils sont attentifs, intéressés et sans a priori. Le meilleur moyen de s'en rendre compte est précisément de rencontrer leur regard qui exprimera ces intentions. Veillez donc rapidement à regarder chaque personne (ou le plus possible, si grande salle) personnellement. Vous aurez alors un retour effectif rarement hostile, au contraire. Autant d'encouragement à continuer.

Bientôt, vous vous sentirez à l'aise avec votre auditoire, explorant le contact, multipliant les pointes d'humour, conversant virtuellement avec chacun, créant une relation de confiance et d'échange. Quel régal...

Une bonne préparation reste la clef de la réussite. En y ajoutant une relaxation appropriée et un contact visuel avec vos auditeurs, vous installez un climat propice aux meilleures conclusions. Vous vous démarquez, vous excellez, vous gagnez. Parvenu à la fin de cet article, c'est sûr, vous n'avez plus le trac...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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