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La ponctualité

« On arrive en avance, à l'heure juste ou en retard selon qu'on aime, qu'on aime encore ou qu'on n'aime plus ». — Diane de Beausacq

Une femme regarde sa montre © tim - Fotolia.com

Le temps qui passe et ne repasse pas.

La ponctualité est une qualité toujours appréciée. Elle tend à se faire parfois discrète en ces temps de précipitation. Devons-nous pour autant rester les victimes du temps qui court trop vite ou bien pouvons-nous remettre les pendules à l'heure ?

Pendant longtemps, seuls les luminaires naturels permettaient de se repérer dans le temps. En particulier, le soleil et la lune. On comptait ainsi les jours, les semaines, les mois et les années. Il était probablement plus difficile de situer une heure précise, si tant est que cela eut une réelle importance. D'ailleurs, « au temps des cadrans solaires, il n'y avait pas l'ombre d'une exactitude ».

Puis vinrent les inventions telles que sablier, clepsydre et autre astrolabe pour se situer plus formellement et introduire un comptage plus précis.

Le défaut de ponctualité est-il un réel problème ?

Enfin, l'horloge et la montre achevèrent de compléter la panoplie des instruments de mesure du temps, sans compter les accessoires incorporant cette possibilité, comme les téléphones, ordinateurs, etc. En principe donc, nous vivons à l'époque où la mesure du temps est accessible à la majorité. Cela signifie-t-il pour autant que nous respectons mieux ce temps ? En d'autres termes, sommes-nous des personnes ponctuelles ?

« Le manque de ponctualité [dans le monde des affaires] est un problème chronique chez les directeurs généraux. Ils arrivent en retard à 6 réunions sur 10 », selon USA Today, citant une enquête menée auprès de 2 700 d'entre eux. Autre aspect, « Les heures perdues en raison des retards et des absences non autorisées constituent un manque à gagner important », selon une étude observant plus de 80 000 personnes. Et encore, en établissements scolaires : « Le retard des élèves est le problème de discipline le plus important et le plus récurrent », d'après un sondage auprès de directeurs d'établissements.

Manifestement, les équipements modernes de mesure du temps ne semblent pas en assurer la maîtrise pour autant. Le défaut de ponctualité est un problème qui touche probablement plusieurs personnes dans notre entourage. Un problème qui, peut-être, nous concerne personnellement...

« Ce n'est pas de ma faute ! Il y a tellement de choses à faire et il faudrait être partout en même temps. Il n'y a bien que les oisifs ou les vacanciers qui peuvent se permettre d'être toujours à l'heure ! » Etes-vous de cet avis ?

« Les directeurs généraux arrivent en retard à six réunions sur dix. »

Voyez ce que déclare une mère de famille qui occupe un emploi : « J'ai cessé de me lamenter de ne pas avoir assez de temps lorsque j'ai pris conscience que nous disposons tous de 24 heures par jour. Après réflexion, je me suis dit que, dans notre monde moderne, le problème n'est pas que nous manquons de temps, mais que nous sommes sans arrêt dérangés et distraits. »

Considérez le cas d'une mère de cinq enfants : « Quand mes enfants étaient petits, se souvient-elle, il n'était pas facile de les préparer à temps pour l'école. Mais nous étions toujours à l'heure. Or, maintenant qu'ils sont tous grands, j'ai pris la fâcheuse habitude d'être en retard. »

Cette femme parle d'habitude, signifiant qu'il s'agit peut-être moins d'un problème de temps que d'organisation. Evidemment, même les meilleurs sont tôt ou tard confrontés à l'impondérable et peuvent être en retard. Si maintenant nous sommes un retardataire chronique, comment peut-on raisonnablement améliorer les choses  ?

Des éléments de réflexion pour être à l'heure

Une première façon consiste à anticiper sur les conséquences. Et ces conséquences sont parfois autres que celles auxquelles nous nous attendons. En effet, cette mauvaise habitude peut facilement être interprétée comme un manque de considération. Ce ne sera donc pas seulement l'emploi du temps qui pâtira de nos manquements, mais bien notre réputation. Et notre réputation peut peser lourd dans la balance de notre évolution si elle est mesurée par un employeur, par exemple. Imaginez qu'il s'agisse du retard pour un entretien d'embauche... Beau début !

Une femme regarde sa montre avec impatience

Personne n'aime attendre un retardataire.

Bien avant les responsabilités professionnelles, certains marquent déjà leur différence. Une femme raconte que lorsqu'elle était à l'université, certains étudiants étaient tout simplement « désinvoltes à l'égard de l'heure ». Elle poursuit : « Mais ils ont vite changé, se rappelle-t-elle. Deux de nos professeurs étaient à cheval sur l'horaire. Si un étudiant arrivait ne serait-ce que quelques minutes en retard, il était marqué absent. Et au bout d'un certain nombre d'absences, il avait une mauvaise note. »

Il semble que ces épisodes remontent à quelque temps... Procéder de la sorte aujourd'hui provoquerait probablement une agitation, une grève ou une émeute. Les prétendues aspirations à la liberté (encore) ont bon dos pour tenter de camoufler ce qui n'est souvent que de l'incurie.

Même nos amis et collègues peuvent être agacés par une fâcheuse propension au retard. D'ailleurs, « les gens qui sont en retard sont de bien meilleure humeur que ceux qui ont dû les attendre. » écrit André Roussin. Ils resteront certainement conscients de nos qualités ou de nos compétences, mais le manque de ponctualité sur une personnalité, c'est un peu comme une tâche sur un beau vêtement : ça semble peu de chose mais ça remet tout l'ensemble en question.

Un homme, évoquant un sympathique collègue, raconte : « Il était toujours en retard, en retard pour tout ! Et il n'avait jamais l'air de s'en inquiéter. On plaisantait sur son manque de ponctualité. » Avons-nous une telle réputation ?

Si nous ne sommes pas ponctuels, la question sera : « Peut-on nous faire confiance... ? »

Un principe ancien veut que si quelqu'un n'est pas capable d'assumer de petites responsabilités - comme arriver à l'heure - il ne sera pas capable d'en assumer de plus grandes, par exemple un poste important en entreprise. Finalement, si nous sommes un familier du manque de ponctualité, la question sera : « Peut-on nous faire confiance... ? »

Il est possible que notre négligence horaire soit liée à notre considération pour les autres. Si nous estimons que c'est notre liberté que de paraître quand bon nous semble, ne perdons pas de vue que, le plus fréquemment, cela passera pour de l'impolitesse. Pour une inutile distraction ou perte de temps. Pire, l'inexactitude peut nous présenter comme un être trop fier de sa personne.

Un homme d'affaires a reconnu : « La plupart d'entre nous [qui arrivons en retard aux réunions] ne sommes que des arrogants. » Qui sait si une facilité à la négligence horaire n'est pas une façon détournée d'attirer l'attention sur nous ? Certains hommes « haut placés » en ont ainsi joué pour souligner leur importance. Le Führer était systématiquement en retard pour prononcer ses discours... Nous n'aimons pas attendre « pour rien ». Pourquoi les autres aimeraient-ils alors nous attendre ?

Un pays d'Amérique du sud, l'Équateur, fortement touché par le manque de ponctualité, a mis en place un dispositif national pour enrayer ce problème. Selon l'Economist, non seulement les questions de retard sont pénibles à vivre, mais en plus, elles coùtent de l'argent. Beaucoup d'argent. Ce pays estime perdre ainsi quelque 610 millions d'euros par an, soit 4,3 % du produit intérieur brut. « Plus de la moitié des événements publics commencent en retard. Les retardataires trouvent [maintenant] porte close aux réunions », révèle le journal. Un autre quotidien, quant à lui, « fait paraître quotidiennement la liste des fonctionnaires publics qui arrivent en retard aux manifestations spéciales. » Aimeriez-vous figurer sur cette liste ?

La ponctualité reste « la politesse des rois ». Le défaut de ponctualité peut engendrer des situations pénibles et nuire à notre réputation. Il y a bien entendu des moyens de lutter contre cette tendance. Nous verrons comment on peut s'améliorer dans un prochain article. Vous ne voudriez pas que nous soyons en retard pour le bouclage de celui-ci... ?

 

F. Huguenin - VR2

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