Vie professionnelle

Une jolie femme assisie sur un canapé © haveseen - Fotolia.com

Entre goût et genre, crédibilité et pertinence.

« L'honnêteté n'est pas un habit des dimanches, mais un vêtement de tous les jours. » - Tristan Bernard, Le poil civil

La tenue vestimentaire – bien choisir

Dans un précédent article, nous avons abordé le rôle de la tenue vestimentaire en général et en milieu professionnel en particulier. Nos habitudes à ce propos transmettent de véritables messages que nos vis-à-vis décodent avec plus ou moins de bonheur. Suite de ce thème avec quelques pistes de réflexion pour prendre de bonnes décisions en ouvrant sa garde-robe.

Tous, à un moment ou à un autre, nous nous sommes demandés si notre tenue pouvait avoir un impact quant à notre appréciation ou réputation. Peut-être alors nous a-t-il fallu analyser honnêtement où se situaient les limites recevables et à quelle distance nous nous en trouvions. En d'autres termes, nous nous sommes probablement dit : « Ma tenue est-elle convenable pour cette situation ? Quel message adresse-t-elle ? » 

Qu'est-ce qui convient en matière de tenue ?

Il arrive que notre travail exige une tenue particulière, voire un uniforme. Dans ce cas, il n'y a généralement pas de problème puisque cette tenue répond à des exigences spécifiques et souvent compréhensibles. Par exemple, en milieu hospitalier, les tenues se veulent pratiques et hygiéniques. Si, en ces occurrences, nos propres goûts sont alors subordonnés aux nécessités de service, dans de nombreux autres nous avons le choix. Ce choix peut être encore influencé par des coutumes locales ou bien par les conditions climatiques. Enfin, l'exercice même de notre activité est un paramètre de poids. Pas de doute, les circonstances nous guident dans un exercice d'équilibre entre nécessités et préférences.

Existe-t-il une direction, un fil conducteur commun à l'ensemble des activités professionnelles ? Si nous tenons compte des notions de crédibilité et de fiabilité déjà évoquées, alors le bon sens est un repère utile. Mais qu'est-ce que le bon sens ? D'après le philosophe Descartes, c'est « la capacité à distinguer le vrai d'avec le faux ». Autre version : « la notion objective émanant d'un constat d'évidence ». Nous progressons... Cette espèce de discernement, d'objectivité, peut donc emporter l'idée de retenue, de réflexion. Or, d'après la revue Working Woman (angl.), cette retenue est indéniablement associée au bon goût et à l'élégance. Bon goût et élégance ? On voit là se dresser quelques oreilles (enfin, des yeux...) attentives...

« Habillez-vous [...] de telle sorte que les gens ne s'arrêtent pas à vos vêtements, mais voient vos qualités. »

Cette revue fait la suggestion suivante (de bon goût ? de bon sens... ?) : « Que jamais, à votre arrivée dans une pièce, vos vêtements n'entrent les premiers, autrement dit ne soient la première chose qui capte les regards. Habillez-vous [...] de telle sorte que les gens ne s'arrêtent pas à vos vêtements, mais voient vos qualités. » Pas si simple...

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La tenue vestimentaire en milieu professionnel

Pour nous inciter à une certaine prudence (de la retenue, donc), on trouve dans la revue scientifique Perceptual and Motor Skills (angl.) ces mots : « D'une foule d'écrits analysant le rôle de l'habillement dans la création d'une impression et dans la communication sans paroles, il ressort que l'on se fait très souvent une première opinion de quelqu'un en regardant sa tenue. » Or, au dire de certains, la première impression est souvent la bonne... surtout quand elle est mauvaise !

Alors, « l'habit fait-il ou non le moine » ? Beaucoup sont prêts à penser que tirer des conclusions sur le seul aspect vestimentaire est une injuste appréciation des choses. Revendiquant une nouvelle fois « la liberté et le droit à l'individualité », les mêmes estiment qu'il est arbitraire de se faire une opinion prématurée d'après ce critère.

Ils pensent qu'il est bien légitime de se faire plaisir en s'habillant de façon à se sentir plutôt bien. Ils ajoutent que dans ce cas, souvent, l'ensemble de notre personne plaira plus que si l'on devait se contraindre à des codes vestimentaires formels et pas toujours en phase avec notre personnalité.

Ont-ils tort ? Ont-ils raison ? Et s'agit-il seulement de plaire ? Plutôt que de trancher formellement la question, voyons quelques commentaires et analyses à ce propos. A chacun ensuite, de se faire une opinion.

Quels sont les effets produits par la tenue ?

Prenons d'abord un cas dans un contexte bien spécifique en matière de tenue vestimentaire, le contexte scolaire. Il s'agit ici d'évaluer l'impact de la tenue des enseignants sur les élèves. Perceptual and Motor Skills (angl.) rapporte les propos d'élèves : « Même si on trouvait que le professeur qui portait des jeans faisait sympa dans la salle de classe, c'était de lui qu'on respectait le moins les points de vue et c'était lui que l'on désignait le plus souvent comme le professeur ne sachant apparemment pas grand-chose. »

Une jeune femme en tailleur sombre

« De quoi ai-je l'air ? »

Toujours selon ce journal, « une enseignante en jeans était jugée sympa, abordable, pas spécialement calée ; elle n'inspirait qu'un respect limité, ne ressemblait pas à un professeur, et dans l'ensemble on préférait ça ». Vous aurez remarqué les conclusions dichotomiques entre ce qui est apprécié et ce qui est respecté.

« Je (...) brouillais la démarcation entre le professionnel et le privé. »

En milieu professionnel cette fois, une femme explique avoir entretenue une image plutôt séductrice par sa seule tenue vestimentaire. Elle raconte : « Je me créais d'énormes problèmes parce que je brouillais la démarcation entre le professionnel et le privé. Il arrivait constamment que des relations d'affaires m'invitent à dîner [avec des arrière-pensées très peu professionnelles]. »

Evidemment, l'équilibre reste de mise. Si ce qui précède tend à dissuader de porter des tenues par trop décontractées en exercice professionnel, le contraire peut également nuire.

Ainsi, une comptable parle, quant à elle, de cet effet (et en même temps, des effets...) : « J'ai observé comment les hommes se comportent en face de femmes mal fagotées ou au style masculin très sévère. Ils les prennent pour des femmes agressives qui ne leur passeront rien et ils leur en font voir de toutes les couleurs. » 

Une autre à délibérément choisi sa « ligne de mode ». Femme d'affaires, elle cherche plutôt à s'imposer. Elle déclare avec une certaine franchise : « Je m'habille pour attaquer. Je veux sortir du lot, me faire valoir pour qu'on me trouve formidable. » Il ne s'agit pas ici de juger de ses motivations mais bien de souligner le rôle important que cette femme reconnaît à sa tenue vestimentaire. Et dont elle use sciemment.

Que conclure ? Qu'on le veuille ou non, notre façon de nous habiller exerce une puissante influence sur la façon dont on nous considère. Notre tenue peut évidemment être adaptée selon les circonstances. On ne se présente pas de la même façon à un entretien d'embauche et à un pique-nique sur la plage. Dans un prochain article, nous verrons comment notre tenue exerce aussi une influence sur notre propre personne. Souhaitons que ces quelques considérations ne remettent pas trop en question vos habitudes de garde-robe. Nous nous sommes efforcés de prendre des gants...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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