Mai 2011

Dossier

Un homme d'affaire avec un casque de protection visite un chantier © Peter Baxter - Fotolia.com

Protéger sa tête. Dehors et dedans.

« Un homme n'est vieux que quand les regrets ont pris chez lui la place des rêves. »
- John Barrymore

Les capacités des seniors

Nombreux sont ceux qui s'inquiètent de leur santé en général, de leur santé mentale en particulier. Alors que l'accent est mis sur la lutte contre la démence et les maladies qui la déclenchent, les moindres défaillances peuvent engendrer une réelle inquiétude.

Dans le monde du travail, au-delà des meilleurs clichés commerciaux ou politiques, l'âge est suspect. Il est souvent perçu comme synonyme de coût et non de rendement. Or, dans une entreprise, quand on ne rapporte plus d'argent...

Pourtant, les seniors ont bel et bien des capacités et des compétences difficiles à égaler. Il suffit parfois d'être seulement mieux informé à ce propos. Ou un peu plus âgé...

Vieillir ne signifie pas vivre « comme un vieux »...

« Ma pire crainte, grimace Hans, c'est la sénilité. » Comme beaucoup de gens âgés, il redoute de perdre la mémoire. Hans a 79 ans. En principe, Hans ne travaille plus. Il ne peut pas être considéré comme un de ces seniors encore en activité. Pourtant, nombre de personnes n'attendent pas d'avoir 79 ans pour s'inquiéter à propos de leur mémoire... La mémoire est une faculté extraordinaire dont nous ne percevons pas complètement les contours. Elle est aussi relativement sensible et la moindre modification dans notre tête se traduit souvent par ce que nous interprétons comme un défaut de mémoire.

VR2 anime régulièrement des formations mémoire (voir le zoom formation). Lors de ces sessions, une impressionnante majorité de stagiaires déclare avoir régulièrement des problèmes de mémoires. Or, ces stagiaires ont parfois à peine quarante ans... Leur mémoire est-elle réellement défaillante ? Est-ce que l'on perd nécessairement la mémoire avec l'âge ? Dans la précédente lettre, nous avons déjà abordé quelques aspects des facultés cognitives des seniors. Intéressons-nous d'un peu plus près à la mémoire et aux possibilités d'adaptation et d'apprentissage.

Notre mémoire a évoluée. Elle est parfois apparemment moins mobile mais pas moins stable.

Il se peut, quel que soit notre âge, que nous ayons parfois l'impression que nous ne pouvons pas nous rappeler telle ou telle information. C'est souvent le cas, par exemple, avec les noms propres - à ce propos, voir dans Le Journal du Net - Management l'article sur la mémorisation des noms et auquel VR2 a participé. Ce genre d'oubli ne signifie pas nécessairement que nous sommes touchés par une dégénérescence. Avec l'âge, il semble que nous devenions plus sensibles à ces échecs de remémoration.

Il est possible que notre mémoire ne fonctionne plus comme avant. Mais cela ne signifie pas qu'elle fonctionne mal. On entend souvent dire « je ne sais plus apprendre par coeur ». C'est peut-être votre cas. Pourtant, écolier, nous étions le champion ou la championne des récitations les plus complexes. Avons-nous maintenant moins de mémoire ? Probablement pas. Notre mémoire a évoluée. Elle est parfois apparemment moins mobile mais pas moins stable. Avouons aussi que pour ce qui est d'apprendre par coeur, la motivation nous fait parfois défaut. Or, en termes de mémorisation, l'intérêt, l'envie sont des éléments de poids.

Plus nous avançons dans la vie - et le chemin est parfois difficile - plus nous avons besoin de comprendre, au-delà de seulement savoir. Et cette compréhension ne se satisfait pas seulement d'un stock de connaissances, elle veut en saisir les rouages et les aboutissements. Le « par coeur » ne suffit plus, même s'il peut parfois nous dépanner.

Est-il possible de rajeunir (au moins dans sa tête) ?

Un senior en activité

Les seniors : bons pour le service.

Nous sommes littéralement bombardés d'offres pour des produits technologiques certes impressionnants, éventuellement utiles, mais pas toujours du meilleur aloi pour nos facultés. Par exemple, combien de personnes possédant un téléphone portable, ou équivalent, font-elles encore l'effort d'apprendre un numéro « par coeur » ? Voilà bien une circonstance ou ce moyen serait appréciable (à moins d'être remplacé par un procédé mnémotechnique, excellent exercice mental).

N'est-il pas plus facile d'entrer ce numéro une fois pour toutes dans le répertoire de l'appareil et d'y accéder à volonté par le jeu de quelques touches ? Plus facile, certainement. Profitable pour nos facultés mentales, probablement pas. Si ces outils peuvent rendre des services, il serait bon qu'ils restent à leur place.

L'auteur, poète et informaticien Benjamin Subac, alias Noctuel, a un jour décrit ces avancées technologiques comme suit : « L'automatisation : système simplifiant tellement le travail qu'on finira par avoir besoin d'un cerveau électronique pour se tourner les pouces ». Aurait-il raison ? Dans ce cas, c'est l'usage que nous faisons de notre cerveau qui est en cause et non son âge.

« La plupart des personnes âgées restent jusqu'au bout totalement maîtresses de leurs facultés mentales », écrit le docteur Michael Levy, professeur de sciences du comportement à l'hôpital universitaire de Staten Island (New York). Comme évoqué, la vitesse de traitement des informations peut être moindre chez des sujets âgés, mais, « abstraction faite du minuteur, dit le neurologue Richard Restak, les gens âgés sont au moins aussi performants que leurs cadets ».

Il semble que nous puissions améliorer nos facultés à tout âge.

C'est bien la façon dont nous avons l'habitude d'utiliser nos facultés qui détermine si nous les conserverons suffisamment longtemps ou non. Mieux, il semble que nous puissions améliorer nos facultés à tout âge. Il n'y aurait ainsi pas d'âge limite pour apprendre et développer des compétences. « Même si vous avez eu des habitudes nuisibles à la santé durant le plus clair de votre existence, dit un chercheur, et que vous vous soyez décidé à changer sur le tard, vous pouvez malgré tout ressentir quelques-uns au moins des bienfaits d'un mode de vie sain ».

Le célèbre humoriste français Raymond Devos, aujourd'hui disparu, se produisait régulièrement en public. Tout le monde se souvient (mémoire ?) de ses célèbres jeux de mots - « Pour Caen, quelle heure ? » La plupart de ses représentations sont déjà des exploits de mémoire et d'expression. Pour certains de ces spectacles, il s'asseyait au piano et jouait des mélodies pour accompagner ses textes. En une certaine occasion, il déclara « s'être mis au piano il y a dix ans ». Ce soir-là, sur scène, il avait 75 ans.

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Comme le disait déjà un précédent article, les exemples cités concernent des personnes vraiment âgées, largement à l'âge de la retraite. Encore une fois, à combien plus forte raison ces principes sont-ils valables pour des « seulement seniors » et encore en activité ! Avis aux amateurs, VR2 dispense des formations pour un usage meilleur et durable de sa mémoire.

Ne perdons pas de vue non plus qu'une quantité d'autres facteurs peuvent amener des doutes sur sa mémoire alors que la cause est toute autre. Citons les effets du stress et de la dépression, des états en principe passagers et susceptibles d'être soignés relativement facilement. En tout cas, de tels défauts occasionnels ne doivent pas être abusivement et rapidement interprétés comme des signes de sénilité. Un simple examen médical rétablit le plus souvent les conclusions et leurs conséquences, y compris sur le plan professionnel.

Dans la prochaine lettre, nous verrons quelques conseils simples et utiles pour rester longtemps jeune dans sa tête. Nous sommes convaincus que vous trouverez ces informations pratiques. Vous ne pouvez pas oublier ça...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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