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La lecture

Les bienfaits de la lecture

La lecture n'a que des avantages. Elle est le meilleur moyen pour l'apprentissage, le développement mental et l'expression orale. Elle développe les fonctions cognitives dans des proportions étonnantes. Lire est du meilleur profit à tout âge.

Le goût de lire

Pour développer le goût de la lecture, il faut créer un environnement physique et psychologique propice. Cela commence parfois par ôter ce qui fait obstacle à la lecture. C'est le cas, entre autres, de la télévision et des autres types d'écrans.

Lecture et illettrisme

La lecture est un exercice des plus profitables, sous bien des aspects. Pourtant, il semble que cette excellente habitude soit menacée par les médias modernes. Peut-être avons-nous aussi une certaine part de responsabilité...


Les bienfaits de la lecture

« Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois. »
— Pierre Dumayet, Le Nouvel Observateur, Lectures pour tous

Une femme tient un livre et une télécommande de téléviseur

Lire ou subir, il faut choisir...

La lecture n'a que des avantages. Elle est le meilleur moyen pour l'apprentissage, le développement mental et l'expression orale. Elle développe les fonctions cognitives dans des proportions étonnantes. Lire est du meilleur profit à tout âge.

Il existe un risque de voir la lecture supplantée par les médias modernes avec, pour première conséquence, une détérioration des facultés mentales et l'augmentation de l'illettrisme. Voyons quelques-uns seulement des bienfaits de la lecture, comparativement à ces autres médias.

Pour faire un parallèle classique, confrontons la lecture et la télévision sur les plans cognitif et psychologique. Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous regardons la télévision ? En réalité, ce sera vite fait : il ne se passe pratiquement rien !

La télévision n'est plus à la page

Pour nous en convaincre, mentionnons les résultats d'examens réalisés avec un enregistreur d'ondes cérébrales. Devant un écran de télévision, le système montre une prédominance d'ondes alpha dans le cerveau. Ce sont les ondes typiques d'un état de relaxation. En d'autres termes, devant un téléviseur, on ne pense à rien ! L'esprit est dans un état entre la veille et le sommeil, état le meilleur quant à être suggestible, ce que les publicitaires savent bien. Il n'y a bien que quelques documentaires de bout goût, en proportion, assez rares, qui limitent encore les dégâts.

Mais il y a plus « grave ». Cet état est appelé état de fascination secondaire. Il implique une forme d'isolement sensoriel, un peu comme si les systèmes de perception étaient provisoirement « débranchés ». Du coup, il se produit cette espèce « d'hypnose » qui fait de nous des êtres présents de corps mais pas d'esprit. Bref, l'activité cognitive et sensorielle est réduite à sa plus simple expression, tendant vers zéro.

Devant la télévision, nous sommes présents de corps mais pas toujours d'esprit.

D'un point de vue seulement logique, c'est compréhensible. La télévision pense à notre place, en présentant, selon les intentions du metteur en scène ou de la production, les expressions, voix, décor, environnement, etc. Il n'est donc pas nécessaire de faire un quelconque effort d'imagination ou de représentation. En quelques heures, ce sont des milliers d'images qui vont défiler, parfois très vite, devant vos yeux. Or, cet enchaînement ne laisse aucun répit pourtant utile pour assimiler ce qui vient d'être vu et entendu. « Cette technique déclenche littéralement une baisse de la concentration », affirme le docteur Matthew Dumont.

Cette incapacité devient défaillance psychologique. Des études signalent en effet que ceux et celles, petits et grands, qui passent des heures devant un écran de téléviseur, développent une tendance à l'impatience - en lien avec la fébrilité passive acquise devant la télévision - et sont souvent agités ou agissent inconsidérément, comme sur des coups de tête. L'impact porte sur les relations sociales, professionnelles et familiales. En extrapolant à peine un peu, ce ne sont pas les jeux vidéos dits « d'action » qui vont inverser la tendance.

Les immenses bienfaits de la lecture

Une jeune femme lit, assise sur une pile de livres

Pour rester jeune et belle... au moins dans sa tête.

La lecture est autrement plus riche. Il faut décider par nous-mêmes des visages, des genres, des lieux, etc. Et cette implication met en œuvre une infinité de capacités cognitives, pour leur plus grand bien.

Si, par exemple, vous lisez (comme présentement) le mot « maison », que se passe-t-il dans votre tête ? Votre cerveau va chercher dans votre mémoire tout ce qu'il sait sur les maisons. Parmi les résultats, il va sélectionner ce qui correspond au mieux avec ce qui semble lié au contexte. Selon que l'action se déroule en Alaska ou à l'équateur, la représentation de la maison sera différente.

Ensuite, les dimensions de l'édifice seront variables, toujours selon les éléments du livre. La maison abrite-t-elle une famille ? Des gens aisés ou pauvres ? Et ainsi de suite, jusqu'à former une représentation cohérente avec l'ensemble. Ces milliers d'opérations se sont déroulées en quelques fractions de secondes, et avec un seul mot. Imaginez le bouillonnement mental qui a lieu dans l'esprit à la lecture de tout un livre ou un article ! Or, de l'avis de tous, seule une activité mentale soutenue et régulière peut développer nos facultés cognitives et surtout les préserver en cas de dégénérescences.

Avec la lecture, « On fait ce qu'on veut, dit un lecteur de 10 ans. On peut imaginer chaque personnage comme ça nous plaît. Quand on lit un livre, on dirige plus les choses que quand on regarde la télé. » Le psychanalyste Bruno Bettelheim faisait observer que « la télévision bride l'imagination au lieu de la libérer. Un bon livre stimule l'esprit, mais le libère en même temps ».

Il est vrai que la télévision reste excellente lors, par exemple, de présentations documentaires où les images renseignent sur certains aspects. Mais au-delà des seuls avantages visuels, le texte écrit reste la meilleure source d'informations et d'apprentissage. « On a remarqué que des émissions adaptant pour la télévision des livres pour enfants ou des thèmes scientifiques incitent les jeunes à se tourner vers des livres abordant ces sujets. », d'après The Encyclopedia Americana. Avec équilibre, il semble donc possible d'user intelligemment de ces moyens d'information. Reste que sur le plan cognitif, la lecture remporte tous les suffrages.

« Il n'y a absolument pas d'autre moyen d'acquérir un vocabulaire étendu que de lire. »

Plus fort encore, la lecture est intrinsèquement liée à nos capacités orales. Autrement dit, si vous voulez parlez mieux et plus juste, lisez et lisez encore. Certes, l'exercice oratoire réclame lui aussi un entraînement, voire une formation. Mais ce qui alimente l'expression orale c'est notre « réservoir » mental et documentaire qui se nourrit, quant à lui, par la lecture.

Reginald Damerall, de l'université du Massachusetts, déclare : « Aucun enfant ou aucun adulte ne devient meilleur du fait de regarder de plus en plus la télévision. Les dispositions requises (pour la tv) sont si élémentaires qu'on n'a pas encore entendu parler d'incapacité à ce sujet. » Un professeur de littérature dit également : « La réussite d'un élève dépend énormément de son vocabulaire, autant dans ce qu'il comprend en lisant que dans sa manière de raisonner par écrit, et il n'y a absolument pas d'autre moyen d'acquérir un vocabulaire étendu que de lire. »

Il a précédemment été question de défauts de patience chez des téléspectateurs. La lecture, quant à elle, développe la patience. Neil Postman, spécialiste en communication, a écrit : « Les phrases, les paragraphes et les pages se déroulent lentement, à tour de rôle, et selon une logique qui est loin d'être intuitive ». Le lecteur doit nécessairement construire sa lecture, interprétant, comparant, évaluant et jaugeant chaque page et sa relation avec les autres. L'incroyable processus mental qui sous-tend la lecture insuffle persévérance, détermination et patience.

Certains avancent que des lecteurs « invétérés » finissent par se couper de leur environnement tant ils restent plongés dans leurs livres. C'est possible. L'objet de cet article est de souligner les immenses avantages de la lecture et non d'inciter les lecteurs - justement - à ne rien faire d'autre. Par ailleurs, certains se coupent effectivement de leur environnement mais pour d'autres raisons que la lecture. Citons les jeux vidéos, à peine mentionnés, et leurs pénibles dépendances. Il est, certes, important de savoir comment nous partageons notre temps de façon saine et équilibrée. La lecture reste, par essence, une activité riche et avantageuse.

Mais peut-être vous demandez-vous comment développer le goût pour la lecture, au cas où nous serions de petits lecteurs seulement ? Cet aspect intéressera aussi les parents qui pensent aux bienfaits de la lecture pour leurs enfants. Voyons encore comment les médias modernes peuvent être un frein au développement.

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Le goût de lire

« Une vie sans lecture est une vie que l'on ne quitte jamais, une vie entassée, étouffée de tout ce qu'elle retient.. »
— Christian Bobin, Une petite robe de fête

Une femme lit un livre © Inna Postnikova - Fotolia.com

Nourriture pour l'esprit.

Pour développer le goût de la lecture, il faut créer un environnement physique et psychologique propice. Cela commence parfois par ôter ce qui fait obstacle à la lecture. C'est le cas, entre autres, de la télévision.

Pour faire le lien avec nos précédents articles traitant de la lecture (voir les liens connexes), citons les propos d'un journaliste japonais : « D'une culture de lecteurs, nous dérivons vers une culture de spectateurs. », déplorant le rôle toujours plus grand des divertissements audio-visuels, télévision comprise. Le danger télévisuel existe-t-il ? Comment donner goût à la lecture, aux petits comme aux grands ?

Les jeunes et la lecture

Comme souvent, ce sont les jeunes gens qui restent les cibles privilégiées des vendeurs de temps - oui, ces divertissements semblent avoir l'incroyable faculté de créer du temps libre - mais n'oublions pas que nombre d'adultes sont aussi concernés. Le risque qui nous intéresse, au-delà de faire un semblant de procès à l'industrie du jeu et du télévisuel, est celui de générer une véritable indifférence à la lecture. Comment faire pour insuffler le goût de la lecture, y compris dès le plus jeune âge ?

La lecture est une habitude qu'il convient de prendre très tôt. Les parents jouent donc un rôle important pour ce qui est d'amener leurs enfants à être de bons lecteurs réguliers. Voilà pourquoi les premiers conseils s'adressent à ceux qui ont des enfants.

« Si vous êtes une chiffe molle vautrée devant votre téléviseur, votre enfant ne fera pas mieux. »

Dans un article intitulé Comment élever de bons lecteurs, le magazine Newsweek faisait ces observations remarquables de logique : « Si vous êtes une chiffe molle vautrée devant votre téléviseur, votre enfant ne fera pas mieux. Par contre, si vos enfants vous voient plongé avec délectation dans un bon livre, ils comprendront que vous ne prêchez pas seulement les bienfaits de la lecture, mais que vous y croyez vraiment. »

En termes de lecture, il y a donc des croyants et des pratiquants. Mieux vaut appartenir à la dernière catégorie. Pour quelle raison ? Parce que les enfants, et souvent nous-mêmes, sont sensibles à l'exemple. L'exemple reste le meilleur moyen d'amener quelqu'un à prendre de bonnes habitudes.

On entend parfois des parents dire que leurs enfants feront leur expérience par eux-mêmes et qu'il ne s'agit pas d'influencer leurs choix de vie. Si vous êtres parents, vous savez bien que si vous ne vous chargez pas d'inculquer à vos enfants ce que vous savez être bon pour eux, quelqu'un d'autre le fera. Inutile de préciser que s'il s'agit de leurs copains et copines le résultat peut être surprenant. A moins qu'il ne s'agisse de la télévision, autre compagnon pas toujours recommandable. Vous trouvez cela exagéré ?

La télévision, ennemie du livre ?

Des études extrêmement sérieuses (CNRS, INSERM, Centres de neurosciences cognitives) livrent des conclusions impressionnantes. Nous abordons dans l'article parallèle Conseils aux seniors quelques méfaits de la télévision en termes cognitifs. Parlons ici de ce qui concerne plus directement les jeunes gens et leur évolution dans la vie.

Selon ces chercheurs (entre autres, Michel Desmurget, directeur de recherche à l'INSERM), la télévision favorise d'abord les risques de sédentarité, avec ses répercussions sur la santé. Et d'une. Ensuite, elle serait très directement (et dramatiquement) liée aux habitudes en matière de tabagisme, alcoolisme et conduites sexuelles à risques.

Ainsi, la présence du tabac (hors publicités, puisque interdites) dans les émissions, exerce une incitation plus forte que celle des parents ou des copains... La familiarisation télévisuelle excessive avec ce produit serait responsable, à elle seule et chaque année, de 75 000 décès aux Etats-Unis.

Un petit garçon lit le journal

La valeur de la lecture n'attend pas les années...

On peut encore ajouter que les séries connotées sexuellement - aux configurations morales très variables - multiplient par trois les probabilités d'occurrences d'une grossesse précoce chez les adolescentes. Qui dit grossesses précoces dit aussi corollaire de complications, physiques et psychologiques, souvent graves.

Il faut aussi évoquer les images violentes, renforcées par les jeux vidéos de la même trempe, qui stimulent l'agressivité du spectateur et le désensibilisent, au fil (rapide) du temps, à la souffrance d'autrui, étouffant toute empathie. Ces qualités sont pourtant vitales sur le chapitre des relations humaines.

VR2 est-elle une maison rétrograde qui joue la carte du puritanisme ? Non, VR2 se contente de se faire le modeste écho de recherches très poussées, scientifiquement contrôlées et, malheureusement, politiquement et commercialement « peu correctes ».

Tout ceci pour souligner, par contraste, à quel point la lecture peut être bénéfique, utile et enrichissante pour peu qu'on la privilégie. Sa pratique neutralise la quasi dépendance inconsciente à l'intrusion intempestive d'idées aux orientations souvent discutables. Elle développe l'esprit critique constructif, à l'opposé de l'imprégnation passive engendrée par le petit écran. Il est entendu que le choix des lectures a son importance aussi. Nous sommes convaincus que les lecteurs des articles préparés par VR2 ont des exigences de qualité et de salubrité appréciables. La meilleure preuve est votre présence sur ce site.

Il est fort probable que nombre de personnes soutiennent sincèrement ces démonstrations. Néanmoins, apparaît de nouveau la différence d'effets entre la simple croyance en ces principes et leur pratique avérée.

Pour en conclure avec ces comparaisons écran/livre, disons qu'il est avantageux de faire le choix de limiter le temps passé devant la télévision (ou encore un écran d'ordinateur pour des raisons non professionnelles, une console de jeux) et de le remplacer par la lecture. Moyennant quelques efforts préliminaires, le plaisir de lire viendra ensuite.

De bonnes conditions de lecture

Difficile de trouver ce plaisir si l'environnement et les équipements ne s'y prêtent pas suffisamment. Avez-vous une bibliothèque ? Contient-elle un nombre minimum de livres ? Avez-vous lu ces livres ou ne sont-ils qu'une espèce de décoration ? « Ayez partout des livres chez vous, des tas de livres, recommande le docteur Theodore Rubin. Je sais que je lisais parce qu'il y avait des livres à disposition et aussi parce que tout le monde lisait ». A portée de mains, les livres deviennent immédiatement plus attrayants, d'autant plus s'ils se trouvent dans votre bibliothèque personnelle.

Etes-vous inscrit à la bibliothèque locale ? Outre un nombre important d'ouvrages, ces lieux proposent souvent des catalogues des nouveautés, des index riches et pratiques pour trouver des sujets précis.

Faites de la lecture un plaisir. Réservez un moment pour cela.

Faites de la lecture un plaisir. Réservez un moment pour cela. N'attendez pas seulement de n'avoir rien d'autre à faire. Aménagez-vous un espace propice à la lecture, avec un confort minimum, un éclairage suffisant, une température et une aération adéquates.

Ne confondez pas la lecture avec un livre dans les mains et la lecture sur un écran d'ordinateur. Certains semblent s'accommoder des dernières technologies pour lire, genre tablette électronique, très à la mode. Prudence. La lecture sur écran, surtout un ordinateur, ne produit pratiquement pas de plaisir, tout simplement parce que vos yeux ne font pas du tout le même type de travail et celui-ci devient vite pénible. Vos yeux se fatiguent plus rapidement et leur mouvement n'est pas celui, naturel, des saccades et du balayage de la page. L'ordinateur se prête bien à des recherches précises, à une approche courte et ciblée, au traitement de données. Point n'est besoin de faire la critique de cet excellent outil quand il reste à sa place. D'ailleurs, vous êtes en train de lire sur un écran.

Le lecture est encore le meilleur moyen d'acquérir de l'information, de l'assimiler confortablement, de se détendre, de marcher avec l'auteur d'un livre. La lecture entretient nos facultés cognitives comme aucune autre activité. Elle ne coûte généralement pas cher. Elle est utile toute la vie. Et comment savons-nous tout cela ? Nous l'avons lu quelque part...

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Lecture et illettrisme

«  La lecture est un art et tout le monde n'est pas artiste.  »
– Madeleine Chapsal, Oser écrire

Une femme lit

La lecture : une activité d'intérêt public et individuel.

La lecture est un exercice des plus profitables, sous bien des aspects. Pourtant, il semble que cette excellente habitude soit menacée par les médias modernes. Peut-être avons-nous aussi une certaine part de responsabilité...

Que faites-vous en cet instant précis ? Vous lisez. Vous lisez parce que vous savez lire et que vous avez trouvé un certain intérêt au thème de cet article. Que l'une ou l'autre de ces conditions fasse défaut et il n'y aura pas de lecture.


Le fondement des apprentissages

Lire peut sembler, pour la plupart d'entre nous, une opération simple et facile. Aujourd'hui. Car avant de pouvoir lire sans difficulté, il a fallu apprendre. Et cet apprentissage, plus ou moins agréable selon les contextes, prend un temps relativement long, plusieurs années si on parle de maîtrise. La lecture n'est donc pas un processus inné mais bien le résultat d'une éducation, d'une formation. Et de la pratique. Surtout de la pratique. A tel point que bon nombre de personnes qui ont appris à lire ne deviendront jamais de bons lecteurs parce qu'ils ne lisent pas suffisamment.

En France, le taux d'illettrisme est un problème qui existe encore bel et bien. L'INSEE a ainsi réalisé une étude sur trois ans (entre 2002 et 2005) pour parvenir à la conclusion que 3,1 millions de français, de 18 à 65 ans, seraient considérés comme illettrés.

En 2013, le premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce l'attribution du label « Grande Cause Nationale » au collectif « Agir ensemble contre l'illettrisme ». L'objectif est de sensibiliser les Français à un problème qui concerne 2,5 millions de personnes.

Il ramène ainsi les chiffres à de plus modestes proportions en disant que 7% de la population âgée de 18 à 65 ans ne maîtrisent pas suffisamment la lecture et l'écriture pour être autonomes dans des situations simples de la vie quotidienne

L'illettrisme serait « un problème méconnu et sous-estimé, un obstacle dans toutes les sphères de la vie familiale, citoyenne et professionnelle ».

7% de la population française est considérée comme illettrée.

Entendons-nous bien, d'abord, sur ce qu'est l'illettrisme. Pour l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), une personne illettrée « est incapable de lire ou d'écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec la vie quotidienne ».

La notion d'illettrisme étant relativement récente, les moyens d'évaluation sont parfois variables. Il semble toutefois, de façon très nette, que les hommes soient bien plus touchés que les femmes. L'illettrisme est différent de l'analphabétisme, notion qui concerne celui ou celle qui n'a jamais appris à lire ou à écrire.

Il y a divers facteurs qui peuvent en partie expliquer ce taux relativement élevé d'illettrisme en France. En particulier le milieu familial et social. Un lien paraît exister entre le niveau de qualification des parents et les habiletés de lecture des enfants. La lecture est une aptitude souvent liée à l'éducation et à l'exemple. Statistiquement parlant, on trouve beaucoup d'illettrés dans les zones urbaines dites « zones sensibles » (deux fois plus que sur l'ensemble du territoire). Même constat parmi la population carcérale (40% des détenus seraient illettrés).

Cela dit, sans être illettrées, bon nombre de personnes ne sont pas non plus expertes dans cet art pourtant vital pour mener une vie autonome et constructive. Pour certains, la lecture est une vraie corvée. Une jeune fille, mettant le doigt, peut-être, sur un des fondamentaux des éléments de dissuasion, déclare : « Pour lire, il faut se casser la tête, et ça, ce n'est pas marrant. » Se « casser la tête » est un obstacle fréquent et moderne, y compris chez les adultes. Il y a donc une différence entre savoir lire et aimer lire. Or, pour parler de véritable compétence, cette dernière condition est cruciale.

Quel genre de lecteurs sommes-nous ?

Une jeune femme porte une plile de livres.

Nous sommes plus ou moins gourmands en lecture.

Pour connaître un peu mieux les habitudes de nos concitoyens, intéressons-nous aux résultats d'une enquête TNS-Sofres, enquête réalisée en 2008 « auprès d'un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus ». Il ressort de cette étude que plus de gens lisent mais ils lisent moins.

Quelque 69 % des Français interrogés déclarent avoir lu au moins un livre au cours des douze derniers mois, contre 66 % en 1981. Dans cet ensemble, on distingue plusieurs catégories.

Citons d'abord les « petits lecteurs ». Ils lisent de un à cinq livres par an. Leur importance est passée de 24 % à 35 % de 1991 à 2008. A l'opposé, se trouvent les « grands lecteurs ». Ils lisent 20 livres ou plus dans l'année. Leur proportion n'est cependant plus que de 9 % des personnes interrogées, contre 14 % en 1981. Quant aux « lecteurs moyens », qui lisent six à vingt livres par an, on observe un véritable recul sur une même période, de 28 % à 25 %. Les « grands lecteurs » appartiennent pour la majorité aux catégories socioprofessionnelles élevées et / ou de niveau de diplôme important.

Certains s'insurgeront en disant que ces classes bénéficient de conditions de vie favorables à la lecture, en particulier avec la possibilité de dégager plus facilement du temps. Or, toujours selon cette enquête, « les retraités ne lisent pas plus que la moyenne des Français ». Autre aspect, là encore, les femmes lisent plus que les hommes. Pourtant, en ce qui les concerne, le bruit court qu'en matière de temps...

«  Quand je rentre après une dure journée de travail, je ne vais pas me plonger dans un livre ; j'allume la télé. C'est plus facile.  »

Restons prudents. Même dans ces classes dites socialement élevées ou instruites, des disparités sont parfois révélatrices. Par exemple, un homme ayant fait de hautes études dans un institut prestigieux avoue : « Quand je rentre après une dure journée de travail, je ne vais pas me plonger dans un livre ; j'allume la télé. C'est plus facile. » Et l'homme rejoint ici l'avis émis précédemment par la jeune fille, à propos de la facilité.

Ceci rappelle un amusant constat à propos, cette fois, des chaînes dites culturelles en France. Beaucoup sont d'accord pour reconnaître la qualité d'émissions programmées, par exemple, sur Arte. Mais quant à y passer ses soirées, rien n'est moins sûr, surtout les soirs de matches de football.

Dans une revue américaine (Fortune), Stratford Sherman donne une vision intéressante de cette probable tendance à la désaffection de la lecture : « Nous avons maintenant nos chaînes câblées, notre magnétoscope, notre console Nintendo et notre walkman ; il y a bien moins de chances que l'on veuille se fatiguer à lire un livre qu'à l'époque où l'on menait une vie plus dépouillée. » Il est vrai que les médias électroniques ont puissamment influencé le paysage « culturel ». Actuellement, en France, le citoyen lambda passerait trois heures et vint-cinq minutes chaque jour devant son téléviseur ! Pour certains, ce score est encore pire (ou bien s'y ajoute) lorsqu'il s'agit du temps passé devant un écran d'ordinateur, hors raisons professionnelles. Comme quoi, la notion de disponibilité en termes de temps est toute relative.

Quelles que soient nos habitudes en matière de lecture, il sera intéressant de faire le point sur ce qui nous dissuade de lire et sur les incomparables avantages de cette pratique, avantages tant culturels que cognitifs. Il s'agit de comprendre à quel point elle peut enrichir notre vie et améliorer nos aptitudes et nos relations. Si vous avez lu l'article jusque-là, vous êtes vraiment sur la bonne voie.

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F. Huguenin - VR2

 

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