Documentaire

Jeune femme allongé sur canapé blanc © bzh2224 - Fotolia

Vent de modernité sur le sommeil diurne de courte durée.

« Les anciens savaient que la clé des songes est aussi celle de l'équilibre et du bonheur, et recommandaient la pratique de la sieste. »
- Jacques Chirac, Eloge de la sieste

Le sommeil diurne de courte durée

La sieste, ou sommeil diurne de courte durée, offre de nombreux avantages tant physiques que cognitifs. A tel point que certains pensent à l'introduire formellement dans la vie professionnelle.

Il fait chaud. C'est l'été. Après une matinée riche en activités vous avez pris un repas léger mais reconstituant. Le temps de souffler un peu et une certaine torpeur vous gagne. Il va falloir y retourner bientôt... Mais quelle envie de s'allonger, se détendre, dormir ! Mais non, la sieste, c'est pour les oisifs. Debout et au boulot !

L'inculture de la sieste

Liens connexes

- Sommes-nous trop connectés ?

- La colère

- Harcèlement moral: faire face

- Les risques psychosociaux (RPS)

- Le harcèlement moral au travail

- Harcèlement moral - Ce qui y contribue

- Les embouteillages : quelles solutions ?

- Vaincre sa timidité

Dans notre pays, dans les milieux réputés actifs, modernes, citadins, la sieste a plutôt mauvaise presse. Il existe des variantes, les régions du sud semblant plus tolérantes sous ce rapport. Surtout pour ceux qui ont connu la vie rurale. Mais dormir pendant la journée laisse cette désagréable impression de perdre son temps, pire, d'être paresseux. Qu'en est-il en réalité ? Y a-t-il des avantages à faire la sieste ? Ceux qui la pratique sont-ils tous nonchalants ? Est-ce seulement une affaire de culture ?

Il y a un lien entre la sieste et les performances mentales et physiques.

Connaissez-vous, au moins de nom, les personnes d'Albert Einstein ? De Léonard de Vinci ? Des hommes, s'il en est, qui se sont distingués dans leurs orientations propres, par leur audace, leurs réalisations. Or, peut-être serez-vous surpris d'apprendre que l'un comme l'autre étaient adeptes de la sieste, parfois plusieurs fois par jour. Du coup, le politiquement correct nous suggère de remplacer l'expression de sieste par sa version élégante et scientifique : le sommeil diurne de courte durée. Cela dit, le mot sieste vient du latin sixta qui signifie la sixième heure du jour. Voilà qui nous renseigne sur les habitudes probables des romains, en accord avec la citation d'introduction.

Il est même fort possible qu'Albert Einstein, Léonard de Vinci et bien d'autres (Edison, Napoléon, etc.) ne se seraient jamais distingués de la sorte s'ils n'avaient eu cette habitude. Faut-il en conclure qu'il y a un lien entre la sieste, pardon, le sommeil diurne de courte durée et les performances physiques et intellectuelles ? Manifestement, oui.

La sieste est-elle une nécessité biologique  ?

Il faut d'abord rappeler que les fonctions naturelles de notre organisme nous imposent des rythmes auxquels nous nous accommodons tant bien que mal. Par exemple, au cours d'une journée, nous avons des périodes de disponibilité physique et/ou intellectuelle variables. Or, il se trouve que, quelles que soient les circonstances, en début d'après-midi, notre organisme, par le jeu d'un biorythme dont il a le secret, se trouve dans une phase de dépression physiologique. Le corps se refroidit, il fonctionne moins vite, nous sommes moins vigilants. En d'autres termes, nous avons un « coup de barre ».

La sieste restaure le système, accroît la productivité, améliore la vigilance, stimule la concentration.

Et ce n'est pas la conséquence directe du repas habituel de ces heures. Certes, si vous reprenez trois fois du cassoulet (VR2 est à Toulouse...) la digestion ajoutera encore à la torpeur générale. Mais même un repas léger ne pourra éviter complètement cette phase descendante. Cela ne signifie pas automatiquement un irrépressible besoin de dormir mais disons que le moment s'y prête par nature. Certains choisissent donc de faire une pause avec sommeil. Avec quels résultats ?

Et bien des études et des analyses très sérieuses démontrent qu'une sieste, même courte, restaure le système, accroît la productivité, améliore la vigilance, stimule la concentration.

En France, on dort aujourd'hui de une à deux heures de moins qu'il y a cent ans. La moyenne se situerait maintenant entre 7 et 8 heures. Isabelle Arnulf, responsable des pathologies du sommeil à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, explique : « Ce temps est héréditaire : il peut osciller entre moins de 6 heures et plus de 9 heures ». Cependant, d'après cette spécialiste, si un rythme naturel n'est pas suffisamment respecté, la carence en sommeil se répercutera sous forme de fatigue, bien-sûr, mais encore de sur-poids, de risques immunitaires accrus ainsi que sous des aspects cognitifs. En clair, nos facultés de concentration, d'apprentissage et de mémorisation sont directement liées à nos habitudes de sommeil.

La sieste, question de santé publique

Unetasse à café

Se préparer à la sieste... avec un café.

L'affaire est sérieuse. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a présenté le 29 janvier 2007 un programme d'action sur le sommeil. Entre autres choses, soulignant l'importance du sommeil pour tous et toutes, le Ministre déclarait « Pourquoi pas une sieste au travail  ? La question ne doit pas être taboue. C'est pourquoi, je souhaite lancer une expérimentation sur ce sujet avec des entreprises volontaires (...) ; si elle est concluante, je n'hésiterai pas à promouvoir ce concept ».

Isabelle Arnulf, présente lors de la conférence, signale que des entreprises sont disposées à franchir le pas. « Mais elles ne souhaitent pas communiquer. Dans le pays, la sieste continue à faire rire. Pourtant c'est le grand secret de la performance. ». Il n'y a pratiquement plus de doute quant aux vertus de ce court repos. Non seulement elle permet une récupération physique, musculaire, mais elle contribue à la réorganisation cognitive dans notre cerveau. Isabelle Arnulf poursuit : « Comme l'ont prouvé les tests menés en laboratoire, la sieste permet d'accroître la vigilance, la capacité de mémoire et la concentration ».

Nous voilà convaincus. Mais que représente, en termes de temps, ce sommeil diurne de courte durée, communément appelé sieste ? Il semble que ce repos soit d'autant plus propice qu'il est relativement court. On suggère entre dix et trente minutes, une vingtaine représentant une bonne moyenne. Si le sommeil devait durer plus longtemps, il pourrait entrer dans des phases déjà profondes et placer le sujet dans un état de somnolence pénible au moment du réveil. Il nous est probablement déjà arrivé de nous sentir un peu vaseux après un moment d'assoupissement un peu long.

Bruno Comby, spécialiste de la sieste, explique : « Les bienfaits de la sieste se font sentir pendant un temps estimé à environ vingt fois sa durée. En dormant 5 minutes, on pourrait ainsi gagner l'équivalent d'une tranche de sommeil nocturne de 90 minutes ». Voilà qui est remarquablement intéressant.

Comment faire pour gérer le temps de repos, car on ne va tout de même pas rester éveillé pour se regarder dormir... ? Au moins deux possibilités, la « dure » et la « douce ». La dure consiste tout simplement à utiliser un réveil, avec le risque d'être coupé dans une phase récupératrice. Avec l'habitude (peut-on, en effet, parler d'entraînement ?), un rythme peut favorablement s'installer. La méthode douce consiste à prendre un café juste avant la sieste. Les effets de la caféine, incitant au réveil, se font sentir à peu près une demi-heure après la prise. A peu de chose près, le café devrait donc nous réveiller au bon moment et moins brutalement qu'avec un accessoire. De plus, la stimulation de la caféine agit précisément au moment où nous nous sommes reconstitués. De quoi faire de vrais exploits !

Il résulte de nombreux avantages à faire une courte sieste lorsque cela s'y prête et surtout si c'est nécessaire. Ces avantages sont physiques, cognitifs, psychologiques. Autant dire utiles, y compris en milieu professionnel. C'est la fin de cet article. Si vous voulez correctement le mémoriser pour en parler à d'autres, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

Index de la Newsletter

Archives newsletters

Vers le site de VR2

Toutes les formations VR2