Mai - juin 2011

Vie professionnelle

Une femme se cache derrière son bureau et regarde prudemment © Robert Kneschke - Fotolia.com

Le trac peut compromettre nos réactions et attitudes

« Le trac est fondamentalement le même chez un champion et chez un débutant. La différence vient que le premier a appris à mieux le maîtriser que le second »
- John McEnroe

Gérer le trac

Il semble que nous soyons tous, régulièrement ou non, confrontés à une situation génératrice de trac. S'il est difficile de le supprimer, on peut néanmoins en contrôler les effets, en particulier en se préparant bien.

Vous attendez votre tour. Vous avez chaud. Vous avez froid. Pourtant, la température de la pièce semble normale. Votre bouche est sèche. Vos idées s'enchevêtrent les unes avec les autres. Le temps paraît s'être arrêté et vous donneriez cher pour être plusieurs minutes plus tard. Vous allez vous présenter devant un jury. Vous êtes nerveux. Vous avez le trac.

Un truc nommé trac

La liste des symptômes du trac peut être longue. Chacun son style. Mais une chose est certaine, c'est une sensation désagréable, parfois extrêmement pénible. Même lorsque l'enjeu n'est pas de la plus haute importance. A plus forte raison si les conséquences d'un évènement doivent peser sur votre avenir ou celui d'un proche. Il y a une multitude de circonstances qui peuvent générer le trac : examen, prise de parole en public, nouvel emploi, rencontre avec un employeur ou un recruteur, activité de théâtre, bref, à peu près à chaque fois qu'il s'agit de paraître devant une ou plusieurs personnes dans des circonstances plus ou moins formelles. Et au moment où l'on voudrait se trouver en pleine possession de ses moyens, c'est parfois le contraire qui se produit : c'est la gêne, l'embarras, parfois la paralysie !

Il serait arbitraire de penser que seuls les débutants sont victimes du trac.

Il serait arbitraire de penser que seuls les débutants sont victimes de ce trouble passager. Tant s'en faut. Un acteur célèbre aurait déclaré : « Si vous n'avez pas le trac, rassurez-vous, ça viendra avec le talent ! » Dans un sens, c'est rassurant. Dans un autre, c'est inquiétant, car nous imaginons bien progresser, mais pas à ce prix !

D'ailleurs, comment font donc tous ces artistes, spécialistes, orateurs et gens de public, pour parvenir toutefois à nous impressionner, nous émouvoir ou nous intéresser, alors qu'ils sont censés éprouver un trac difficile ? La réponse est simple, quoique pas forcément facile : ils gèrent leur trac.

Comment font-ils pour gérer le trac ?

Une jeune femme tient un agenda

Se préparer et anticiper.

Dans les commentaires de la quasi totalité des personnes s'exprimant sur ce sujet, revient un élément fondamental : la préparation. C'est le moyen le plus efficace pour limiter (non, pas le supprimer...) le trac. Si vous devez vous présenter devant un auditoire composé de peu ou beaucoup de personnes, la préparation est absolument indispensable.

Assez curieusement d'ailleurs, si vous devez intervenir à l'impromptu, l'élément trac est tout autre, voire inexistant. Probablement une question d'enjeu, de conscience ou d'autres facteurs. Mais généralement, lorsque vous avez à vous exposer de la sorte, votre intervention est programmée, attendue. Dans ce cas, vous devez vous préparer suffisamment. Et cela peut réclamer du temps, beaucoup de temps. Le sacrifice en vaut la peine, il vous permettra de mieux parler, de mieux vous tenir, de faire meilleure impression.

Evidemment, les perfectionnistes de service auront du mal à estimer la préparation terminée. Il est vrai que, dans le cas d'une présentation orale, par exemple, le travail en amont peut durer quasi indéfiniment. On trouvera toujours quelque chose à ajouter, à améliorer, à fignoler. Il faut donc raisonnablement définir une fin à la phase préparatoire. Laisser une marge d'improvisation est également du meilleur aloi, cela favorise la spontanéité. Mais l'improvisation n'est pas l'impromptu, elle se prépare.

Comment bien se préparer ?

Restons dans le cas d'une allocution orale, occurrence relativement fréquente. Même s'il s'agit d'un autre type de prestation, les suggestions qui suivent peuvent s'adapter en conséquence.

D'abord établir un plan. Un plan s'oppose résolument à l'apprentissage par coeur. Cette dernière option, si elle paraît plus sûre, ne l'est pas vraiment. Personne n'est à l'abri d'un trou de mémoire. Il s'agirait alors, pour ultime précaution, d'écrire intégralement la portion à dire et donc à lire. Or, il faut être un véritable expert pour être en mesure de lire un texte... en ayant l'air de l'exprimer spontanément. Et le travail de préparation est alors tel, qu'il sera bien plus économique d'opter pour une autre méthode. Pourquoi pas un plan.

Une bonne préparation inclut l'élaboration d'un plan simplifié.

Le plan doit être simplifié, au point de se réduire à quelques notes. Le plan est un aide-mémoire, pas un « remplace-mémoire ». C'est la répétition conceptuelle (les idées) qui occupera le plus claire des répétitions. Et ces répétitions sont nécessaires. Rares sont les orateurs véritablement excellents. Y compris dans les sphères où l'on s'attendrait légitimement à en trouver. Les véritables experts en la matière savent que les répétitions sont le seul véritable moyen d'être définitivement prêt et surtout, objet de notre approche, de limiter le trac.

Dans le cas de la préparation à un entretien avec une ou plusieurs personnes - jury d'examen - procédez de même. On vous accorde en général un temps de préparation, même limité. Faites un plan. Organisez les différentes parties en veillant à ce qu'elles restent peu nombreuses. Si possible, écrivez ce plan, que ce soit sur une feuille ou sur des fiches, chacune correspondant à une partie. Que vous utilisiez ou non ces supports devant vos interlocuteurs, cela vous aura au moins préparé à organiser et structurer vos idées. Le trac est souvent le résultat d'une confusion mentale - et ensuite orale - que vous pouvez donc modérer.

Projetez-vous dans l'avenir

Lors des répétitions, imaginez-vous dans la situation. Et imaginez-vous positivement. Faites comme si vous étiez votre propre metteur en scène pour un court-métrage réussi. Vous vous exprimez avec aisance. Vous êtes calme, maître de vos mouvement. Vous regardez votre auditoire ou vos examinateurs avec franchise et sans insolence. Voyez comment vous serez habillé. Dans la scène, il fait jour, que ce soit par éclairage naturel ou artificiel. Voyez des images nettes, limpides, claires et aérées.

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Imaginez ce que cela donnerait dans votre esprit si vous vous placiez au fin fond d'un sous-sol obscur, un projecteur dans le visage, des ombres indistinctes vous observent, l'air est lourd, l'ambiance irrespirable... Stop ! Une telle représentation (ici exagérée) vous conduit tout droit à l'échec si ce n'est à la dépression. Ces principes de représentation mentale sont tout droit inspirés des procédés de PNL (pour en savoir plus sur la PNL).

La plupart des champions sportifs procèdent de la sorte. S'ils ne se sont pas déjà vus sur le podium, après une épreuve réussie avec brio, sous les applaudissements nourris du public en liesse, il est peu probable qu'ils trouveront les ressources nécessaires à leur préparation et à la compétition.

Se préparer, faire un plan, anticiper mentalement sur l'évènement sont des moyens de diminuer les effets du trac. Il y en a encore d'autres dont nous parlerons dans les prochaines lettres. Nous nous savons lus avec attention, mais rassurez-vous, nous gérons notre trac...

>> lire: Gérer le trac (suite)

 

F. Huguenin - VR2


 

 

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