Octobre 2011

Dossier

Une jeune femme au bureau en pleine pelouse © CandyBox Images - Fotolia.com

Bonne conditions de travail et satisfaction au travail.

« Sans le travail, la vie devient lamentable. Mais lorsque le travail est abrutissant, la vie étouffe et se meurt. »
- Albert Camus

Satisfaction au travail

Aimez-vous votre travail ? Vous procure-t-il satisfaction et contentement, voire épanouissement ? Ou bien connaissez-vous l'angoisse du lundi matin ?

Entre les deux, d'infinies combinaisons, avec des effets plus ou moins supportables. Il reste que bon nombre de personnes seraient plutôt insatisfaites de leur travail.

Le salaire du labeur...

Liens connexes

Sommes-nous trop connectés ?

L'environnement de travail

Suicide et travail

Femmes au foyer

Les femmes dans l'entreprise

Tatouages et travail

Etudes, emploi et formation

Comment garder son emploi ?

Avant toute chose, mettons-nous d'accord sur ce que signifie le mot travail. Bien souvent, l'acception emporte l'idée de rémunération. Mais cela voudrait dire que certaines activités, parfois très éprouvantes, si elles ne sont pas rémunérées, ne sont pas du travail. Que dire, par exemple, d'une femme qui entretient son foyer, s'occupe de ses enfants, voire assure leur enseignement à la maison, comme cela se fait de plus en plus ? N' accomplirait-elle aucun travail ? Si elle effectuait ces mêmes activités pour le compte d'une autre personne, ne serait-elle pas alors payée en retour ?

Une étude pour le compte du ministère américain de la Santé et de l'Éducation définit le travail par « une activité qui produit quelque chose de valeur pour autrui »

Le travail produit quelque chose de valeur, certes, mais il a son lot de problèmes. Par exemple, on parle beaucoup des risques psychosociaux. Ils existent. Ils rendent les conditions de travail pénibles. Ils sont un élément de l'insatisfaction au travail. Ils sont peut-être un peu à la mode aussi. Car si ce problème est réel, la cause première de l'insatisfaction au travail est liée au salaire perçu. Une récente enquête de l'INSEE révèle que 55 % des personnes interrogées sont « plutôt insatisfaites » du montant de leurs appointements. Et cette préoccupation surpasse les autres, à tort ou à raison, comme la sécurité de l'emploi ou le temps de travail.

La cause première de l'insatisfaction au travail est liée au salaire. Ce n'est pas la seule.

Si on leur pose la question, ces salariés répondent qu'ils mériteraient bien 330 euros de plus, selon la même enquête. Pour un peu, ils ajouteraient « parce que nous le valons bien... », et c'est possible. Il apparaît que des facteurs comme l'âge ou le sexe influent très peu sur cette estimation. « L'âge n'influe pas significativement sur l'écart entre salaire jugé normal et salaire réel, en particulier à l'embauche, précise l'INSEE. (...) et, paradoxalement, ce serait (...) les hommes, pourtant mieux payés, qui trouveraient normal de percevoir un salaire légèrement plus élevé. Les femmes ont donc intériorisé les écarts de salaires au point de les inclure dans l'appréciation du salaire qu'elles trouveraient normal de percevoir ». Des variantes existent en particulier selon l'origine sociale des sondés.

Pour justifier cette appréciation, les salariés invoquent une reconnaissance insuffisante de leurs diplômes ou de leur expérience. Ainsi, 63 % salariés pensent que cette expérience n'est pas suffisamment appréciée. Quant au rapport entre salaire et niveau d'étude, 31 % s'estiment lésés.

Il y a des secteurs plus marqués, « comme la communication et le journalisme, les disciplines artistiques et littéraires ou le transport, [où les diplômés de niveaux équivalents] trouveraient normal de gagner nettement plus ». Parmi les conclusions, l'institut rapporte que « L'appréciation subjective de sa place dans la hiérarchie salariale est considérable : si l'on croit être dans le tiers le mieux payé des salariés, on jugera normal un salaire de 7 % plus faible que si l'on croit se situer dans le tiers le moins bien payé ».

Pas de doute, la question du salaire est un important paramètre en termes de satisfaction au travail. Mais ce n'est pas le seul.

Il n'y a pas que l'argent dans l'avis...

Une femme sous un parapluie

A l'abri d'un mauvais climat au travail...

Selon le psychologue américain Frederick Irving Herzberg (1923 - 2000), c'est un peu plus compliqué que cela. Et heureusement, car il restera probablement quelques moyens autres que l'argent pour réfléchir aux possibilités d'amélioration de la satisfaction au travail.

D'après ce chercheur, il y a tout d'abord les éléments qui constituent le climat, l'ambiance au travail. Ils sont fondamentaux pour ne pas générer d'insatisfaction avant même de parler de véritable satisfaction. Ce sont les éléments contextuels matériels et humains. Travailler dans un environnement suffisamment sécurisé et relativement confortable contribue à la stabilité émotionnelle, c'est compréhensible. Si on ajoute à cela des relations entre collègues et/ou la hiérarchie plutôt ouvertes, on dispose alors d'un environnement favorable nécessaire. Nécessaire pour ne pas être insatisfait, encore insuffisant pour être satisfait de son travail.

Viennent ensuite d'autres composantes qui peuvent maintenant alimenter la satisfaction. Ce sont les éléments de motivation, ceux qui répondent aux aspirations de développement personnel, relationnel et social. Les possibilités d'évolution dans l'entreprise, la confiance accordée ainsi qu'une certaine marge d'autodétermination sont des facteurs mélioratifs. On peut alors tendre vers la satisfaction au travail. Vaste programme, dirons certains...

La motivation, élément clef pour la satisfaction au travail.

Il semble que les conditions et environnements de travail deviennent une préoccupation sur le plan de la santé au travail. L'étude, déjà citée, pour le compte du ministère américain de la Santé et de l'Éducation signale « qu'une proportion importante de travailleurs américains sont mécontents de la qualité de leur vie professionnelle [et] si le manque de travail se fait sentir ou si la profession est de nature à susciter le mécontentement, des chocs en retour sont à craindre dans les autres parties du système social ».

Egalement, d'après l'institut « Great Place to Work », la France ne parvient pas à se classer parmi les cents premières entreprises où le travail serait jugé satisfaisant par les employés. Les chiffres de décès au travail persistent dans leur stabilité et les complications relatives au stress et aux fameux risques psychosociaux font parler d'elles. A tel point qu'il existerait une corrélation entre cet environnement et les habitudes tabagiques et alcooliques.

Une enquête française parvient aux conclusions que les salariés qui déclarent travailler dans de mauvaises conditions de santé, et donc avec une forte insatisfaction, avouent aussi des tendances à la tabagie et potentiellement à l'alcool, ainsi qu'un haut niveau de stress. Autant d'inconvénients qui concourent par eux-mêmes à la dégradation de la santé physique et psychique (Journal of Occupational and Environmental Medicine, 2009).

Il n'est pas toujours facile, ni même possible, d'améliorer son traitement au travail. Il existe cependant d'autres registres dans lesquels notre pouvoir de décision et d'action est relativement préservé. Nous verrons bientôt comment faire de notre mieux pour améliorer un tant soit peu notre propre environnement. Qui sait si nous ne pourrons pas trouver d'autres satisfactions à notre activité ? Voilà qui peut prendre de la valeur pour autrui. C'est tout un travail...

 

F. Huguenin - VR2


 

 

Index de la Newsletter

Archives newsletters

Vers le site de VR2

Toutes les formations VR2