Septembre 2011

Vie professionnelle et personnelle

Une jeune fille bien souriante © AndersonRise - Fotolia.com

Nos jeunes gens méritent tous les égards et précautions.

« La mode est la méthode la plus irrésistible et la plus efficace de manipuler de grandes collectivités humaines. »
- Konrad Lorenz, Les huit péchés capitaux de notre civilisation

La tenue vestimentaire - et les plus jeunes ?

Le sujet est extrêmement sérieux. Des approches tentent d'alerter les opinions publique et privée quant aux effets pernicieux de la tenue vestimentaire sur l'humeur, la personnalité et l'identité. C'est d'autant plus vrai lorsque les sujets sont relativement immatures. C'est le cas des jeunes gens.

Aborder la question ici souligne encore l'importance de la tenue vestimentaire et attire l'attention sur d'éventuelles dérives. Leurs conséquences se feront sentir tout au long de la vie, y compris dans la vie professionnelle.

C'est le cas pour les jeunes filles. Certaines modes contribuent à la sexualisation précoce des jeunes filles. Les retombées peuvent être graves.

Tenue vestimentaire et sexualisation

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Francine Duquet, dans L'éducation à la sexualité dans le contexte de la réforme de l'éducation, Gouvernement du Québec, écrit : « On fait porter à des enfants un potentiel de séduction sexuelle et érotique qu'elles n'ont pas le moyen de gérer. » Le message est clair pour ces demoiselles : vous devez être sexy et montrer que vous êtes sexuellement disponible, quel que soit votre âge. Il est fort probable que la plupart de ces jeunes filles ne mesurent pas complètement (pas du tout) la portée de ce signal. Mais tous ceux qui sont « derrière », si. Il s'agit de la mode, de l'industrie, du commerce.

Il devient assez évident que l'identité (faussée) et la socialisation de ces jeunes filles passe par l'instrumentalisation de leur sexualité. La tenue vestimentaire (et para-vestimentaire) exprime souvent ces orientations au point de devenir provocante et hypersexualisée, souvent par des atours très ajustés, dans des tailles sous-estimées.

Si l'éducation est en cause, d'autres sources sont également dangereuses. Dans Redéfinir la beauté, La Presse, 13 décembre 2003, Julie Lemieux parle de ce problème en disant : « Un problème téléguidé par les médias, la publicité, la société de consommation qui risque (...) de devenir gros si on ne prend pas les moyens de freiner son expansion »

« Mesdemoiselles, vous devez être sexy et montrer que vous êtes sexuellement disponible. »

Ces médias inspirent nos jeunes gens par leurs émissions. Citons la téléréalité, souvent aux vues très « larges », les magazines « jeunesse » au contenu surprenant (voir paragraphes suivants), les vidéo-clips où se succèdent des images de jeunes gens aux attitudes simiesques, de jeunes filles aux mouvements lascifs, directement inspirés de la pornographie.

Ajoutons à cela l'accès facile à internet et ses sites les plus douteux et il ne fait aucun doute que les repères vestimentaires (entre autres) des jeunes ne vantent que l'apparence, la séduction, la performance sexuelle. Autant d'éléments qui amènent les jeunes gens, les jeunes filles en particulier, à être obnubilés par leur aspect vestimentaire et physique et leur « impact séductionnel ».

Pour en revenir aux magazines « pour les jeunes filles », « la vision du monde qui y est proposée est empreinte de clichés et déconnectée du quotidien, explique Marie-Claude Girard, Être belle et avoir un chum, La Presse, 1er octobre 2003. La prédominance de l'apparence, tant dans les articles que dans la publicité, convie les lectrices à une identité narcissique. L'obsession des garçons apparaît comme une dépendance nécessaire à la définition de l'identité des femmes. » .

Les garçons ne sont pas forcément en reste. Certains optent plutôt pour les vêtements extra-larges. Leurs références sont alors le hip-hop ou le rap, ce dernier véhiculant souvent des messages sexistes, violents, dégradants pour les femmes. Avec quel résultat sur leur propre personnalité ? Le lien entre ces références et leur identité propre étant établie par la passerelle des vêtements, violence, grossièreté et vulgarité deviennent la norme.

Il fait peu de doute que la recherche d'identité par le choix de l'habillement basée sur de tels critères aura un impact sur la santé physique, mentale et émotionnelle des victimes. Ce seront bientôt des adultes. Mais dans quel état ?

Tenue vestimentaire et effets... inattendus

Une jeune fille dans un costume trop grand © Lsantilli - Fotolia.com

Entre deux extrêmes, il y a l'équilibre.

« VR2, c'est bien, mais vous exagérez un peu... » Vraiment ? Nous sommes au XXIe siècle. La pornographie infantile est en pleine « expansion »; les réseaux de pédophilies se développent malgré les importants efforts pour les contrer. La prostitution juvénile devient courante. Récemment, dans le sud de notre pays, on a mis fin à une activité de prostitution : les prostituées étaient âgées de treize ans en moyenne. Le proxénète, de quinze ans...

Francine Duquet décrit une scène dans une boutique où une mère incite sa fille de huit ans à porter un string contre sa volonté en lui disant : « C'est la mode, ma chérie... » - Pourquoi éduquer et intervenir en matière de sexualité, conférence au Congrès de l'ACSA (Association canadienne pour la santé des adolescents), 14 novembre 2003.

A banaliser l'érotisme, y compris de l'enfance, sous prétexte de liberté ou de modernité, la porte est ouverte aux pires déséquilibres. Les premiers traits sont visibles dans la tenue vestimentaire.

Des professeurs masculins ont avoué avoir ressenti une certaine « gêne » à la proximité de jeunes filles « de plus en plus sexy » et affichant, parfois de façon ostentatoire, des attitudes de séduction.

Une régie régionale [canadienne] de la santé incite à dénoncer la sexualisation à outrance chez les filles.

Des institutions veulent réagir. Au Canada, une régie régionale de la santé et de services sociaux incite à dénoncer la sexualisation à outrance chez les filles, à éduquer, sensibiliser au respect de soi et des autres. Ça commence avec la façon de s'habiller. Ces services demandent aux directions scolaires de réfléchir au code vestimentaire à l'école, voire à rétablir l'uniforme.

L'idée n'est pas dépourvue de sens. En France, des écoles privées ont déjà rétabli la blouse avec l'assentiment nettement majoritaire des parents d'élèves. Une mère déclare, en substance, que cela incitera les enfants à différencier les endroits qui réclament de l'application et de la discipline avec les endroits où l'on peut être plus décontracté. Une autre évoque un judicieux gommage des différences vestimentaires sinon sujettes à comparaisons de « valeur » entre les enfants. Être habillé de façon formelle mais digne et décente ne signifie pas être ringard.

En accord avec les autres articles traitant de la tenue vestimentaire, il apparaît que celle-ci exerce une puissante influence tant sur le public que sur le sujet. Le choix de la tenue selon le contexte, son rôle en tant qu'expression individuelle ou professionnelle et son impact sur la personnalité incitent à la prudence quant à nos choix en termes d'habillement, à plus forte raison lorsque cela concerne nos enfants. Vision pessimiste ou simplement lucide ? Les tendances vestimentaires, avec leur corollaire de comportements « à risque », ne vont pas toutes, pour l'instant, vers le renforcement de la salubrité et de l'équilibre psychologique.

 

F. Huguenin - VR2


 

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