Vie professionnelle

Une jeune femme tire à l'arc © gekaskr - Fotolia.com

Se concentrer pour être efficient et atteindre ses objectifs.

« J'essaie de me concentrer sur ma concentration ».
- Martina Navratilova

Attention et concentration

La concentration est une compétence utile. On peut la développer, l'améliorer. Quelques précautions et aménagements simples permettent déjà de bons résultats.

Travail, études, conduite, réunion, lecture. Pas un domaine de la vie, surtout professionnelle, qui ne réclame de la concentration. Or, notre existence et son rythme ont plutôt tendance à nous diluer dans le temps, dans l'espace et dans l'esprit. La lutte contre cette tendance réclame de l'organisation et une certaine énergie.

Concentration et organisation

A lire aussi

- Sommes-nous trop connectés ?

- Mémoire : avant que ça ne flanche...

- Mémoire et perception sensorielle

- Rester jeune

- La technologie : un peu, beaucoup...

- La carte mentale

Voyons comment canaliser au mieux nos forces avec efficience — la définition de l'efficience est sujette à discussions. Nous l'utiliserons ici dans son sens le plus communément admis et par comparaison à l'efficacité. L'efficacité relève de ce qui produit les effets attendus. L'efficience produit elle aussi les effets attendus et elle emporte une connotation supplémentaire d'économie.

Pour instruire notre propos, faisons d'abord une comparaison imagée entre la simple attention et la concentration. Imaginez que vous soyez muni d'une paire de jumelles. Vous observez le lointain. Vos jumelles offrent la possibilité d'un rapprochement déjà conséquent et d'une visibilité sur un large champ de vision. Vos yeux opèrent une espèce de tri sur un ensemble d'éléments qu'ils survolent. C'est la phase d'attention.

Supposons maintenant que vous remarquiez un détail mais encore difficilement perceptible avec ces seules jumelles. Vous vous saisissez alors d'une lunette d'approche ou d'un petit télescope terrestre. Le grossissement est cette fois beaucoup plus intense. Mais le champ de vision est, quant à lui, beaucoup plus réduit. Vous êtes, par « définition optique », focalisé sur ce point. Il vous faut alors rester très attentif à votre position et votre observation. C'est ce qui correspond à la concentration.

Comment améliorer notre concentration, par exemple dans notre cadre professionnel ? La première chose à faire est d'agir sur les composantes relativement faciles d'accès de la concentration, à savoir l'environnement immédiat de travail ou d'activité. Un volet qui claque, une table bancale, un robinet qui goutte, un téléphone qui sonne, une personne qui entre dans la pièce : la liste est interminable des causes probables de distraction. Ajoutons des difficultés de lecture sur document ou à l'écran, une surface de travail encombrée et le tableau caricaturé de l'anti-concentration est brossé. « L'environnement de travail influe beaucoup sur le niveau d'attention que vous portez à une tâche », explique Céline Lemercier, maître de conférence en psychologie cognitive et ergonomie à l'université de Toulouse Le Mirail.

« L'environnement de travail influe beaucoup sur le niveau d'attention que vous portez à une tâche ».

Si vous travaillez seul, il est assez simple de prendre quelques dispositions utiles dans le sens de l'amélioration du lieu de travail. Lorsque l'on travaille à plusieurs, cela peut devenir plus complexe. Ceux qui bénéficient d'un espace personnel, comme un bureau individuel dans une pièce dédiée, sont incités à signaler explicitement leur degré de disponibilité. Une porte perpétuellement ouverte, pour convivial que soit son « message », est une véritable invitation à entrer. Pourquoi pas, si c'est voulu. Mais qui voudra se ménager le calme nécessaire à sa concentration préférera, au moins de temps en temps, fermer la porte. Ça n'empêche pas le dérangement occasionnel et fonctionnel mais ça limite les intrusions de simple courtoisie.

Dans d'autres cas, un minimum de bienséance incitera les protagonistes à être le plus discrets possible. Certains appels téléphoniques, par exemple, peuvent peut-être être passés depuis une autre pièce. C'est toujours ça de gagné. Dans le cas des célèbres open-spaces, cela devient une vraie gageure que de limiter les perturbations. Il peut y avoir une réflexion sur les matériaux utilisés, plus ou moins absorbant des ondes sonores. Sur les possibilités de cloisonnement ou encore des zones de passage. Régler les volumes des appareils est encore une possibilité. Pourquoi pas envisager, pour ceux qui ont à se concentrer sur une tâche bien précise et individuelle, un casque de protection, façon « casque de chantier » ? Exagéré ? Disons...  efficient.

Concentration - la tête et les jambes

Une femme derrière un bureau très encombré

Organiser son espace de travail est un premier pas vers la concentration.

Mais même sous un casque, ou seul, au calme presque parfait, des causes de distractions existent. Elles sont intrinsèques, c'est-à-dire, en cette occurrence, que cela vient de notre tête. Si nous sommes aux prises avec des pensées pénibles, il nous sera difficile de maintenir notre concentration. Et ce sera la même chose avec des pensées positives, bien que ce soit, évidemment, beaucoup plus facile à supporter. Votre collègue est « papa » ? Il pourra se révéler distrait. Amoureux ? Il n'est « même plus là »... « L'attention subit également l'influence de nos propres pensées. Un état émotionnel négatif, déprime ou colère par exemple, sera nuisible », explique Céline Lemercier, notre experte toulousaine. Notre indulgence à ces propos n'empêche pas un peu d'organisation.

Pour des évènements préoccupants mais sans gravité, il est opportun de réserver des moments pour ces réflexions. En notant ce que nous avons à faire ou à vérifier, nous permettons à notre esprit de se concentrer sur l'immédiat, confiant dans la programmation des autres tâches à traiter et qui souffrent quelque menu délai. Jusqu'à la prochaine pause, par exemple.

« L'attention subit également l'influence de nos propres pensées ».

Et puis, il y a le physique et le physiologique. Sommes-nous « en forme » ? Et « en forme de quoi » ?, pour rebondir sur une plaisanterie. Si nous avons mal dormi, que nous avons repris trois fois du cassoulet (toulousain) à midi, il est peu probable que l'après-midi s'ouvre sur des exploits... Un sommeil nécessaire et suffisant, régulier et réparateur, est la base d'une condition physique minimum et, partant, de disponibilités de concentration. Une alimentation équilibrée aussi. Et, chose peut-être surprenante pour certains, boire suffisamment d'eau.

Un défaut d'hydratation se traduit par une fatigue pénible. Or, notre cerveau, organe clef en matière de concentration, consomme à lui seul près de 20% des besoins en eau. En cas de carence, il est le premier à en faire les frais. Pour notre corps, 1% à 2% de pertes est déjà excessif, c'est-à-dire seulement entre 0,7 et 1,4 litres, pour un homme de 70kg ! La sensation de soif signale que nous sommes déjà en déficit.

Boire et manger correctement, dormir suffisamment, aménager son espace de travail et déjà un peu sa tête, ce sont là quelques moyens relativement simples d'améliorer sa concentration. Il sera bientôt question d'autres aspects, plus cognitifs, qui se révéleront utiles également. Faites bien attention aux lettres d'information à venir. Restez concentrés sur nos articles...

 

F. Huguenin - VR2


 

Index de la Newsletter

Archives newsletters

Vers le site de VR2

Toutes les formations VR2