Dossier

Une jeune femme en préparation pour chirurgie esthétique © Karyna Chekaryova - Fotolia.com

Il faut souffrir, parfois, pour être (plus) belle...

« Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie ».
- Victor Hugo, Post-scriptum de ma vie

Médecine et chirurgie esthétiques

La médecine et la chirurgie esthétiques peuvent rendre de fiers services, surtout si elles réparent des traumatismes. Lorsqu'il s'agit de simple confort, il convient d'être prudent, compte tenu des risques et des implications psychologiques.

« Avant mon opération du nez, je souffrais beaucoup parce qu'on se moquait de moi. Je ne voulais pas un nez extraordinaire, mais un nez qui m'aille bien. Je suis très contente du résultat et si c'était à refaire, je n'hésiterais pas ». — Eleni.

« Pourquoi me conformer aux critères de beauté ? Si je me faisais retoucher par la chirurgie, j'aurais l'impression d'être du toc, d'être faux ». — Mathias.

« Il appartient à chacun ou à chacune de décider. Les autres sont très mal placés pour juger ». — Manuela.

La médecine et la chirurgie esthétiques

Voilà trois points de vue, bien différents, et qui pourtant trouvent justification. La chirurgie esthétique est devenue assez courante. Le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung écrit : « Fini le temps où la chirurgie esthétique était le privilège des riches. On observe deux nouvelles tendances : de plus en plus d'hommes font appel aux chirurgiens esthétiques [...], et la clientèle féminine est de plus en plus jeune ».

Une enquête allemande révèle que près de 20 % des jeunes âgés de 14 à 29 ans interrogés ont déjà eu recours à la chirurgie esthétique. Ou alors, ils ont prévu de le faire, pour une raison ou pour une autre. C'est peut-être le cas de vos collègues de travail, de vos amis, de membres de votre famille. C'est peut-être votre cas.

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Dans ce qui précède, il est surtout question de chirurgie esthétique. Mais avant d'en arriver là, il faut compter avec les actes de médecine esthétique. D'après la revue française Cerveau&Psycho (juillet-août 2007), « La médecine esthétique se définit comme l'ensemble des prescriptions et des actes visant à prévenir, améliorer ou corriger les aspects inesthétiques ou jugés comme tels par le sujet adulte, quel que soit son âge (...). Cette discipline (...) a été reconnue en mai 2007 par le Conseil de l'Ordre des médecins, sous le nom de médecine morphologique et anti-âge ». Cette médecine se limite à des interventions sans anesthésie générale, telle que des injections sous-cutanées pour ne parler que d'une de ses plus courantes pratiques.

La chirurgie esthétique, quant à elle, est une spécialité médicale reconnue en tant que telle en France depuis 1988 sous la qualification de « chirurgie plastique reconstructrice et esthétique ». Elle est destinée, à l'origine, à la réparation de traumatismes « naturels » ou liés à la maladie, à un traumatisme accidentel ou opératoire. Elle peut également être sollicitée sans exigence thérapeutique, à des fins exclusivement esthétiques. Voilà ce qui lui donne ce contour un peu plus flou dans son acception médicale.

Avons-nous besoin de médecine ou chirurgie esthétique ?

Un petit jouet figurine médecin

Vérifiez que votre médecin est sérieux et compétent..

Il se peut en effet que nous ne soyons pas pleinement satisfait de notre apparence. Il peut s'agir simplement de dysmorphophobie. Qu'est-ce donc ? C'est cette propension à se trouver laid ou à estimer qu'une partie de notre corps est difforme, grossière ou choquante. Il est fort probable que cette appréhension des choses tienne plus de notre configuration psychologique qu'autre chose. Les jeunes gens en sont souvent victimes et leur regard sur soi tend à évoluer plus favorablement avec le temps.

Des chercheurs à l'université de Landau, en Allemagne, expliquent que dans de nombreux cas la personne qui envisage la chirurgie esthétique le fait « non pas parce qu'une partie de son corps est réellement difforme, mais parce qu'elle lui semble difforme ».

Mais bien des adultes pourtant mâtures ne sont pas pour autant satisfaits de leur plastique. Parmi les cas les plus courants, citons les déceptions concernant des oreilles jugées trop proéminentes, des seins trop gros ou trop petits, des cuisses et un ventre trop « ronds » ou un nez peu gracieux. Maintenant, et sous réserve de confirmation quant à l'objectivité de ces « mesures », la médecine ou la chirurgie esthétique sont-elles les seules solutions ?

D'abord, chose peut-être surprenante, une quantité de gens que vous côtoyez et que vous trouvez esthétiquement bien lotis sont parfois fort peu satisfaits d'eux-mêmes. S'ils vous disaient qu'ils ont pensé à des corrections médicales, vous auriez peut-être du mal à les croire. Ceci signifie que nous disposons tous d'atouts naturels qui, sans être forcément des modèles irréprochables de beauté, peuvent être avantageusement exploités dans notre présentation.

A moins d'une malformation ou d'un défaut caractéristique qui génère moqueries, harcèlement ou discrimination, il est probable que nous ne soyons pas un cas d'urgence. Aucune médecine de confort, fut-il esthétique, ne remplace une bonne hygiène de vie qui aura nécessairement d'heureuses retombées sur notre apparence. Sans compter que notre regard sur nous-mêmes ne sera pas systématiquement modifié après une intervention peut-être lourde. Notre indulgence envers notre apparence n'est-elle pas d'abord liée à l'estime de soi ? Dans ce cas, la solution n'est pas seulement esthétique.

« La beauté est une courte tyrannie. » — Zénon de Kition

Si l'on parle de chirurgie, ne perdons pas de vue qu'il s'agit d'actes qui sont tout sauf anodins. Outre l'aspect pécuniaire, il y a les conséquences sur la santé en général. L'association américaine de chirurgie plastique esthétique (American Society for Aesthetic Plastic Surgery) cite au nombre des risques : des boursouflures temporaires, des cicatrices définitives, la perte de la sensibilité, l'impossibilité d'allaiter et même de fortes hémorragies. Une femme, par exemple, a failli mourir lors d'une liposuccion. « Maintenant, j'ai d'horribles cicatrices et le ventre déformé », regrette-t-elle.

Un journal allemand observe : « On recense de plus en plus de cas de complications graves et même de décès ». « La chirurgie reste de la chirurgie, avec tous les risques qu'elle comporte », lit-on encore dans la revue médicale Apotheken Umschau. Si elle n'est pas indispensable, est-il bien raisonnable de prendre des risques supplémentaires ? Ajoutons à cela la possibilité d'avoir affaire à des médecins insuffisamment compétents ou peu scrupuleux, voire des charlatans.

Il peut être tentant de penser qu'une apparence modèle est un gage de réussite professionnelle. Certes, on préférera se faire remarquer par sa beauté que par sa laideur mais ce dernier cas est finalement plutôt rare. En revanche, il y a un tas de gens que nous trouvons parfois très désagréables mais est-ce en rapport avec leur apparence ? Probablement pas, mis à part peut-être, leur piètre propension à sourire, atout beauté pourtant facile et gratuit ! En réfléchissant bien, il se peut même que nous ayons des collègues et des amis que nous ne remarquons pas par leurs composantes physiques ou cosmétiques, même si cela ne gâte rien. C'est plus certainement leurs qualités humaines et morales qui nous les rendent attrayants. La réflexion peut paraître classique, voire surannée. Elle est seulement indémodable.

Idem quant à rencontrer l'âme s½ur. Les incitations médiatiques à la perfection physique s'essoufflent vite en regard de l'importance de la personnalité. Notre monde de l'image n'est-il pas tout simplement celui de l'apparence ? Beaucoup en sont convaincus mais ils argueront que malheureusement, dans la vie courante, ces critères n'en n'ont pas moins du poids. D'ailleurs, Jean Cocteau écrivait : « Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas ». Il faut paraître, il faut plaire, il faut même faire envie. Certes. Mais pour quels résultats ? Si nous érigeons notre existence sur ce véritable culte de la beauté (et selon les références en vigueur), c'est comme bâtir une grande maison sur le sable. Que vienne à s'éroder la-dite et fragile beauté, et l'ensemble s'écroule. D'où la quête et la poursuite perpétuelle de la jeunesse, de la vitalité, bref, de la beauté.

Prudence toutefois. Ces démarches ont des fondements et des répercussions psychologiques non négligeables. Elles sont révélatrices de possibles failles dans notre système de représentation et d'évolution. C'est ce que nous verrons dans l'article suivant qui abordera, entre autres, les aspects psychologiques aux étonnantes proportions. >> Lire la suite...

 

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