Vie professionnelle

Une équipe au travail avec des masques à gaz © JackF - Fotolia.com

Le milieu du travail est parfois dangereux.

« Le chômage a un seul avantage : les accidents du travail y sont rares »
- Yvan Audouard

Se protéger au travail

Le milieu du travail est un milieu dangereux. Les risques sont de tous ordres. Une bonne coopération et des mesures préventives, y compris à titre personnel, permettent cependant d'évoluer dans un environnement relativement sécurisé.

« En 2010, selon les statistiques de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), environ 658 000 accidents du travail avec arrêt ont été recensés [en France] (soit une hausse de 1,1 % par rapport à 2009). Les accidents graves (avec incapacité permanente) chutent de 4,3 % (environ 41 000). Le nombre de décès recule de 1,7 % (529 accidents mortels). C'est dans le secteur du BTP que l'on constate le plus d'accidents graves et que les taux de fréquence et de gravité sont les plus élevés. Les véhicules sont toujours la première cause identifiable de décès. Les manutentions manuelles représentent un tiers des accidents avec arrêt ». — sources : Institut national de recherche et de sécurité (INRS).

La prévention des accidents du travail

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Si ces résultats sont encourageants, il n'en demeure pas moins que les accidents du travail continuent de causer des dommages parfois graves, des dommages toujours excessifs. Les progrès sont principalement dus aux améliorations des lois sur la sécurité au travail ainsi qu'à celles des conditions d'exercice dans certains secteurs d'activités. La législation prévoit aussi des sanctions dissuasives contre la négligence.

Mais, comme le signale une affiche pour la prévention des accidents du travail apposée dans un établissement, « Penser à l'accident, c'est l'éviter ». Et ceci est du ressort de chacun, employés et employeurs.

Des questions se posent. Selon la réponse que nous fournirons, nous indiquerons le degrés d'importance que nous accordons à notre sécurité. Et certaines de ces questions nous renvoient à des circonstances qui ne sont pas seulement techniques ni ne consistent en des dangers immédiats. La sécurité au travail, c'est tout un contexte, une mentalité, une hygiène de vie.

Pour n'en citer que quelques-unes, ces questions pourraient être : Etes-vous certain que votre emploi est sans danger ? Manipulez-vous des substances toxiques, ou travaillez-vous à proximité ? Etes-vous alors convenablement protégé ? Vous sentez-vous constamment sous pression ? Avez-vous l'habitude de travailler au-delà des limites horaires prévues par la réglementation en vigueur dans votre branche ?

Certains dangers ne sont pas aussi évidents que cela. C'est le cas de la répartition horaire de notre activité. Lawson Savery, professeur à l'université Curtin en Australie, a publié avec un autre chercheur un article intitulé « Les heures supplémentaires : sont-elles dangereuses et y consent-on ? » Les résultats de l'étude portent sur 3,6 millions d'employés et 37 200 lieux de travail. La formulation de l'enquête pose en réalité deux questions qui appelèrent la même réponse dans les deux cas : oui.

Un employé fatigué ne peut pas rester très performant et, surtout, il s'expose à commettre des erreurs. Le Sun-Herald, journal australien, a rapporté ces mots du professeur Savery : « Un grand nombre d'entreprises ont favorisé la boulimie de travail et ont volontairement fabriqué et applaudi les drogués du travail ». Les conséquences de telles attitudes peuvent s'avérer nuisibles, voire dangereuses. Le rapport de l'INRS cité en introduction attire par exemple l'attention sur les accidents de véhicules, première cause identifiable de décès. Il est admis que les chauffeurs en particulier, vivement encouragés, voire contraints, à des temps de conduite parfois en dehors des conditions réglementaires, sont assez régulièrement victimes d'accidents. Des accidents qui impliquent parfois d'autres usagers de la route.

« Une des pires choses que vous puissiez faire (...) est d'enfreindre les consignes de sécurité et de vous en tirer sans dommage ! »

Des choses simples, si elles sont négligées, deviennent accidentogènes. C'est le cas de l'organisation matérielle et de la propreté. Une autre affiche de prévention représente un poisson évoluant dans les airs et un oiseau sous l'eau. Le conseil est le suivant : « Chaque chose à sa place ». Souvent détournée à des fins ironiques quant à l'organisation hiérarchique de l'entreprise, l'affiche invite d'abord à l'ordre et l'organisation dans un atelier ou sur un chantier.

On imagine facilement les possibles conséquences d'outils, matériels et matériaux qui jonchent anarchiquement le sol et les espaces de travail. S'il s'agit d'équipements électriques sous-tension et mal entretenus, comme des fils dénudés, on s'expose alors à de véritables drames, malheureusement confirmés. Les liquides, les fluides, toxiques, corrosifs, glissants, sont des risques majeurs. Un simple incident est tolérable et réclame alors nettoyage et réparation. Dans le cas contraire, ce sera l'accident.

Encore trop d'employés ne semblent pas mesurer l'impact de leurs éventuels défauts en matière de prévention. Le journal Monthly Labor Review déclare : « Les pressions au travail sont parfois telles qu'il semble nécessaire de faire l'impasse sur la sécurité pour satisfaire aux exigences ». Certains en viennent à se dire : « Je ne respecte peut-être pas les consignes de sécurité mais ça ne m'a jamais causé de problèmes ». Un directeur d'usine a déclaré : « Une des pires choses que vous puissiez faire au travail est d'enfreindre les consignes de sécurité et de vous en tirer sans dommage ! » Pour quelle raison ? L'apparente et illusoire immunité contre les accidents incite à l'excès de confiance et ouvre la voie à toutes les négligences avec des conséquences désastreuses.

Un cas authentique et dramatique dans le sud de la France insiste sur les mauvais concours de circonstances. Un employé chargé de vérifier l'alimentation d'un dispositif en chlore gazeux (extrêmement toxique) a négligé de revêtir une combinaison à oxygène sur-pressé. Le local technique se trouvait à proximité de son domicile, ce qui l'a sans doute conduit à minimiser psychologiquement les risques. Arrivé sur-place, une fuite de chlore gazeux l'a quasi immédiatement asphyxié et tué. Inquiète, son épouse envoie son fils s'enquérir de la situation. Le jeune homme périra de même. En dernier lieu, l'épouse s'approchera finalement du local et connaîtra le même sort. Trois personnes de la même famille, dont deux étrangères au service, sont mortes dans des conditions affreuses à cause de la négligence du seul professionnel !

Egalement, vous vous souvenez peut-être, selon votre âge, de la catastrophe de Tchernobyl et tout le monde en a au moins entendu parler. Probablement le plus grave accident nucléaire connu, en dehors de celui causé plus récemment au Japon par des catastrophes naturelles. Un rapport fait état « d'une série de procédures opératoires imprudentes [et de] la violation répétée des mesures de sécurité ». Dans son livre La société non-stop (angl.), Martin Moore-Ede explique que l'accident a eu lieu lors d'un test et que cet essai « a été mené sous la direction d'une équipe d'ingénieurs électriciens exténués, présents dans l'usine depuis au moins treize heures, sinon plus, parce qu'il avait fallu attendre dix heures l'autorisation de commencer ». — voir aussi notre article sur le surmenage.

Que faire pour prévenir les accidents du travail ?

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Une affiche de prévention pour l'épuisement au travail

Bonne prévention, sage précaution.

La coopération reste probablement le meilleur moyen pour prévenir les accidents. Il s'agit d'anticiper au mieux sur les situations à risques et de s'y adapter. Si chacun pense sérieusement à sa sécurité et à celle des autres, il est possible de limiter les dégâts.

On cite le cas d'une entreprise qui a choisi de refaire tous ses bureaux qui avaient été estimés malsains. Ces travaux ont engendré des coûts certains. Mais les résultats ont confirmé assez rapidement le bien-fondé de la démarche.

La productivité a augmentée. C'est compréhensible puisque le degrés de satisfaction des employés mieux logés et équipés a nettement progressé. Le nombre d'arrêts maladie à notablement diminué. L'ambiance générale s'en est trouvé améliorée. Manifestement, les dépenses occasionnées par les travaux ont été largement compensées par tous ces avantages, y compris sur le plan strictement financier, entre autres, par économie.

Il y a encore d'autres dangers au travail, ceux liés à la violence et autres comportements à risques. Là encore, la prudence incite à l'anticipation. La revue Harvard Business Review conseille ceci : « Si vous cherchez à mettre fin à la violence au travail, soyez conscient que, souvent, ceux qui se livrent à des actes d'agression mineurs en commettront un jour de plus graves ». Des comportements apparemment bénins peuvent dégénérer en conflit ou harcèlement. Peu rassurant mais lucide. VR2 a abordé ces notions; voir les articles et liens connexes sur le harcèlement moral, le harcèlement sexuel, les risques psychosociaux.

« Ceux qui se livrent à des actes d'agression mineurs en commettront un jour de plus graves ».

Ainsi, on peut très bien inutilement attirer l'attention sur soi par notre façon de nous habiller, de parler ou de nous conduire. Quantité d'éléments difficiles à maîtriser génèrent un stress pénible pour tous, stress qui peut conduire à des excès, à des dangers. C'est souvent de cette façon que naissent les conflits. Le livre Résoudre les conflits au travail (angl.) fait cette remarque : « Quand nous sommes en conflit, [...] nous exprimons rarement de façon franche ce que nous ressentons vraiment, honnêtement. Nos conflits ont le pouvoir de nous embrouiller et de nous hypnotiser, de sorte que nous sommes convaincus qu'il n'y a pas d'autre issue que de se battre ».

On pourrait encore ajouter les situations où un(e) employé(e) travaille seul(e) dans un endroit isolé, sous la pression du résultat, etc. C'est la règle du jeu, un jeu relativement peu amusant. Reste qu'une réflexion et une concertation préventives sont de bons moyens de limiter les risques au travail, même si, selon la formule consacrée, le risque zéro n'existe pas. Pensez surtout à être suffisamment reposé. Il y a plus d'accidents du travail que d'accident du repos...

 

F. Huguenin - VR2


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