Dossier

Une jeune femme dasn une bibliothèque © lightpoet - Fotolia.com

Apprendre : une plaisante et enrichissante démarche.

« On commence à vieillir quand on finit d'apprendre. »
- Proverbe japonais

Plaisir d'apprendre

Pour stimuler le goût d'apprendre, il n'est jamais trop tôt. Les jeunes enfants sont sensibles au comportement des parents. Par exemple, de bonnes habitudes de lecture déterminent les aptitudes de toute une vie.

Avez-vous des enfants ? Que ce soit oui ou non, vous avez déjà observé que lorsque quelque chose intéresse un enfant, qu'il soit fatigué ou non, il se bat littéralement pour rester dans la partie. A propos de cette attitude, John Holt, auteur et éducateur américain du XXe siècle, écrit que : « [le] besoin [pour l'enfant] de comprendre le monde et d'y devenir compétent est aussi fort et profond que son besoin de nourriture, de repos ou de sommeil. Parfois, il est même plus fort ».

Des parents aimeraient que ce besoin se fasse plus durablement sentir tout au long de la scolarité... Plusieurs choses entrent en ligne de compte pour favoriser l'apprentissage. Les mêmes auront leur importance lorsqu'il s'agira d'enseigner.

Comment stimuler le besoin d'apprendre ?

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Dès le plus jeune âge, le meilleur stimulant pour encourager l'apprentissage est la proximité et l'amour des parents. Ce climat engendre un sentiment de sécurité, favorise la communication, stimule les discussions, invite à l'étude. Le livre Soif d'apprendre - Motiver les enfants pour qu'ils aiment apprendre (angl.), mentionne des enquêtes indiquant que « les parents semblent exercer l'influence la plus forte pour ce qui est de donner à un enfant l'envie d'apprendre ». Et c'est une envie qui les accompagnera une fois adultes.

Les capacités même d'apprentissage sont influencées par le climat familial. Après une étude portant sur plusieurs dizaines de familles, le livre À l'intérieur du cerveau (angl.) cite les travaux de chercheurs qui « se sont aperçus que les enfants à qui l'on parlait beaucoup [au cours de leurs trois premières années] avaient un QI étonnamment plus élevé que celui des enfants à qui les parents parlaient peu. Les parents qui parlent le plus à leurs enfants sont davantage enclins à les féliciter, à répondre à leurs questions, à leur donner une ligne de conduite à suivre plutôt que des ordres et à employer un grand nombre de mots combinés de manière variée ». Nous ne serions donc pas tous égaux sur le plan de l'environnement propice à l'apprentissage.

Evidemment, indépendamment de cela, les enfants ont aussi des composantes génétiques différentes. Et il ne s'agit pas pour autant de commettre l'erreur de « considérer leurs résultats scolaires comme le reflet de leur valeur personnelle  », ainsi que le souligne Savoir penser et apprendre (angl.).

« Les enfants à qui l'on parlait beaucoup avaient un QI étonnamment plus élevé ».

Une telle approche pourrait sinon « augmente[r] leur vulnérabilité à l'échec », attitude qui pourrait générer anxiété et stress. La revue India Today rapporte qu'en Inde, ces troubles psychologiques sont le corollaire de la pression scolaire et du manque de soutien familial. Il est très possible que ceci contribue au triplement du taux de suicides chez les adolescents, étude à l'appui sur 25 années. On est loin du plaisir d'apprendre.

Que faire encore pour donner ce goût d'apprendre ? Une bonne façon consiste à fixer des objectifs raisonnables et personnalisés aux jeunes gens. L'idée est de limiter la comparaison avec d'autres, comparaison qui ne saurait tenir compte objectivement de tous les paramètres. Cette suggestion reste valable à tout âge.

Ainsi, la seule comparaison utile consiste à se référer aux résultats précédents. S'ils sont meilleurs, ils justifient des félicitations qui devront être exprimées de façon précise. On ne se contentera pas de dire « c'est bien, tu as fait mieux », mais « tu as amélioré ton orthographe lors des dictées ». Ceci permettra également de l'encourager par des solutions de progrès lorsque ces résultats seront à la baisse sans remettre en cause l'ensemble des capacités de l'élève. C'est là que l'on mesure l'importance de la proximité des parents.

Le rôle de la lecture pour stimuler l'apprentissage

Une jeune fille lit un livre en mangeant une pomme

Nourriture physique et cérébrale : le capital jeunesse.

Et puis il y a la pratique fondamentale et universelle de la lecture. Même des formations de haut niveau dans des matières pourtant essentiellement scientifiques conseillent expressément à leurs élèves de pratiquer assidûment la lecture. Savoir lire et écrire correctement sont les piliers de la culture et du savoir sur lesquels s'échafaudent les plus grandes connaissances, compétences et carrières (à ces propos, voir nos articles Lecture et illettrisme et L'orthographe en péril ?). Or, là encore, les parents jouent un rôle clef.

Une jeune femme aujourd'hui correctrice dans une maison d'édition raconte, parlant de ses parents : « Ils ont cultivé en moi le goût des livres, raconte-t-elle. Du coup, je savais lire avant d'aller à l'école. Mes parents m'ont aussi appris à faire des recherches pour trouver les réponses à mes questions. Cette formation s'est avérée inestimable jusqu'à aujourd'hui ».

Lire et écrire correctement sont les piliers de la culture et du savoir.

Comment ces parents s'y sont-ils pris ? En faisant la lecture à leurs enfants. John Holt, déjà cité, souligne toutefois que la lecture aux enfants « n'est pas une sorte de potion magique. Si ce n'est amusant ni pour le parent ni pour l'enfant, il en résultera plus de mal que de bien. [...] Même les enfants qui aiment qu'on leur lise des histoires [...] n'y prennent pas plaisir si les parents eux-mêmes n'y prennent pas plaisir ».

Parents, vous savez ce qu'il vous reste à faire : choisissez des livres qui plairont à vos enfants mais qui vous plaisent à vous aussi ! Et choississez bien, car les enfants ne se lassent pas d'entendre toujours la même histoire, histoire qui exercera déjà une influence sur leur construction mentale. Une réflexion sérieuse s'impose donc. Mais le résultat en vaut la peine : vos enfants ont ainsi toutes les chances de développer le goût de la lecture et de l'apprentissage, des dispositions qui vont les accompagner toute leur vie, pour leur plus grand bien.

 

F. Huguenin - VR2

 

Lire la suite : Apprendre à enseigner.


 

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