Dossier

Une femme devant son ordinateur , avec un verre de vin © Solaria - Fotolia.com

Est-ce bien le meilleur moment ?

«  Beaucoup de choses peuvent être préservées dans l'alcool : la dignité n'est pas l'une d'elles. »

L'alcool au travail

L'alcool au travail pose de nombreux problèmes. Il convient d'en rappeler les dangers et l'impact sur le travail et la santé. Certaines mesures préventives ou curatives peuvent être prises.

Il est relativement rare de trouver un collègue de travail en état d'ébriété. Même si certaines catégories se prêtent mieux que d'autres, par leur contexte, à l'usage, voire l'abus d'alcool, l'ivresse au travail est heureusement plutôt discrète. Cette discrétion dans les apparences ne peut pas faire oublier la réalité d'un phénomène malheureusement répandu. De fait, on peut être victime de l'alcoolisme sans jamais paraître ivre.

L'alcool au travail, une réalité qu'il faut gérer

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Pratiquement tous les pays du monde sont confrontés à cette question. Le notre ne fait pas exception. Des actions de sensibilisation ont fréquemment cours pour dissuader de tomber dans l'excès. Lorsque le problème se répercute en milieu professionnel, outre les considérations morales, il devient dangereux.

Pour certaines entreprises, c'est une vraie préoccupation. Les conséquences de l'alcoolisme sont visibles sur les victimes, les autres employés et par voie de conséquence, sur l'employeur et son entreprise, publique ou privée. La relative mesure du phénomène n'efface pas les cas avérés d'alcoolisation chronique ou aiguë. Pour rappel, on appelle alcoolisation aiguë celle résultant d'une prise d'alcool importante mais ponctuelle. L'alcoolisation chronique est la prise encore excessive et surtout régulière d'alcool. Par l'une ou par l'autre, tous les niveaux de l'organigramme s'en trouvent affectés.

Un aspect en particulier est nécessairement impacté : la sécurité au travail. L'alcoolisme fait partie des facteurs les plus aggravants quant aux possibles accidents. Même la productivité, la représentativité et la communication peuvent faire les frais du problème.

Encore une fois, la réserve entourant généralement les cas isolés ne doit pas faire perdre de vue la nécessité de réagir. Ne serait-ce que pour la sécurité physique, morale et professionnelle du salarié impliqué. Autant de paramètres parfois négligés, par défaut de moyens, crainte de s'immiscer ou tolérance excessive.

En une année, l'alcool aurait coûté près de seize milliards d'euros aux entreprises françaises.

Si les statistiques à ce propos sont incomplètes, il ressort toutefois que l'alcoolisation sur le lieu de travail a un coût. Une estimation avance le chiffre de 16 milliards d'euros de perte de productivité pour les entreprises françaises en 2000. Les origines sont les retards, les arrêts de travail, l'absentéisme répété, etc. On peut y ajouter, sans les connaître exactement, les coûts occasionnés par les accidents reliés à l'alcool, ainsi que les accidents de trajet (sources : Direction Régionale du Travail de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (DRTEFP) de Basse-Normandie et de l'Institut Universitaire de Recherche et de Formation en Santé au Travail (IURFST) de Basse-Normandie. )

On aura beau dire qu'il faut faire quelques chose, on pourra se sentir un peu démuni devant les faits. De plus, il faudra faire la différence entre un état occasionnel d'ébriété et un cas d'alcoolisation chronique. Le premier est relativement facile à déceler, mais il sera difficile d'en évaluer la portée. Le second est beaucoup plus délicat à déceler et à vérifier. Voilà bien des circonstances où l'on se demande qui fait quoi et quand.

En principe, c'est au chef d'entreprise que reviendra finalement la responsabilité d'engager une démarche ou non. Il se tournera probablement vers le médecin du travail. Or, ce dernier ne peut véritablement agir seul. Nous parlons ici des cas qui n'auront pas nécessité un licenciement pour faute, cas heureusement assez rares.

A ce propos, les juges tiennent compte, par ailleurs, des comportements habituels du salarié. Leur rôle est aussi, avant la sanction, d'envisager un dispositif d'aide, le même que le chef d'entreprise et le médecin peuvent mettre en place sans attendre de graves complications. On comprend que la gestion des problèmes posés par l'alcool en entreprise relèvent d'une action collective regroupant plusieurs intervenants, y compris des services médico-sociaux. Les autres employés pourront faire partie du dispositif.

Faire le point sur l'alcool et ses dangers

Une chope de bière

Au-delà des apparences...

Mais qu'est-ce que l'alcool ? L'étymologie du terme est complexe et variée. On en retient la principale définition : « essence obtenue par distillation ». De toutes les opérations chimiques précédant sa production, l'alcool au sens courant et consommable du terme est appelé alcool éthylique, ou éthanol. Le pourcentage plus ou moins élevé en éthanol d'une boisson lui confère une certaine emprise sur le métabolisme.

L'éthanol est transporté par le sang dans à peu près toutes les parties du corps. Quand on sait que le cerveau reçoit à lui seul près de 20 % du sang en circulation, on comprend qu'il en soit le premier affecté. A jeun, il suffit de quelques dizaines de minutes pour que les effets se manifestent. Un repas permet de différer, ce qui ne veut pas dire annuler, ces effets.

L'alcool est très toxique pour le foie, le pancréas, le c½ur et les muscles. C'est bien au niveau du cerveau que les choses sont les plus graves. Il perturbe les fonctions des neurotransmetteurs. Ceci pourra se traduire par des troubles perceptibles : troubles de l'équilibre, élocution perturbée, réflexes amoindris voire neutralisés, concentration suspendue, troubles visuels. Il n'est que trop tragiquement facile de se faire une idée des conséquences de ces effets au volant, pour ne parler que de ça.

L'alcool a des effets quasi immédiats sur le cerveau.

Dans la pratique, comment se protéger ? Si (et seulement si) nous choisissons de boire de l'alcool, nous nous souviendrons sans aucun doute de la formule devenue célèbre, issue d'une campagne de prévention contre l'alcoolisme : « un verre, ça va, trois verres, bonjour les dégats ». De fait, ces trois verres représentent la consommation quotidienne maximum, en plusieurs fois, et non seulement au cours d'un seul repas. Pour ces dames, cette estimation est ramenée à deux verres. Rien ne précise la capacité du verre mais un minimum de bon sens (et d'honnêteté...) nous oriente vers un modeste « verre de table ». Dans le doute, viser plus bas.

Si cette même quantité d'alcool (et dans le clip, il s'agit de verres de vin) devait être absorbée en une seule fois, elle engendrerait déjà une situation à risque. S'il s'agit ensuite de prendre le volant ou d'utiliser une machine, nous risquerions des dommages peut-être graves.

Il semble que certains s'accommodent assez bien de telles consommations. C'est un leurre. Ces personnes sont en danger et mettent les autres en danger. Il est malheureusement possible que cela concerne des collègues de travail. Ou nous mêmes. Qui sait s'il ne s'agit pas déjà de dépendance. Et des idées reçues à propos de la « gestion » de l'alcool doivent encore être combattues. Certaines ont déjà de la bouteille...

Lire la suite : l'alcool, ce faux ami.

 

F. Huguenin - VR2


 

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