Documentaire

Une femme regarde par la fenêtre, une tasse à la main

Faut-il s'inquiéter du déclin de nos facultés ?

« Il n'est jamais trop tard pour apprendre. Ne serait-ce que l'humilité. »
- Pierre Dudan, Les cent pas dans ma tête.

Nos facultés d'apprentissage

Notre cerveau est capable de grandes choses en matière d'apprentissage. Même si nous prenons de l'âge, il garde des capacités impressionnantes. Quelques habitudes simples et efficaces nous garantissent une utilisation prolongée de nos facultés.

Dans une précédente lettre, nous abordions le plaisir d'apprendre et faisions le point sur les qualités fondamentales d'un bon enseignant, formateur (voir notre article Apprendre à enseigner). Il est temps de se demander si ces compétences sont liées au rapport entre nos capacités et notre âge. Car le bruit court déjà que nous perdons nos facultés dès l'âge de 45 ans...

« Servir ou périr », la devise de notre cerveau

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« Ce dont le cerveau est capable dépend de la mesure dans laquelle on s'en sert. Il est l'exemple par excellence du principe 'utiliser ou perdre ' et il est avide de nouveaux savoirs ». C'est ce que l'on peut lire dans le livre À l'intérieur du cerveau. Vu sous cet angle, une utilisation régulière de nos facultés mentales assurerait la conservation de ces fonctions. Or, de récentes études viennent souligner ce qui était seulement sous-entendu jusque-là.

L'ouvrage cité continue en effet  : « L'activité physique maintient vigoureux des septuagénaires et des octogénaires. Or, des chercheurs sont en train d'établir que l'exercice mental a le même effet sur le cerveau vieillissant. La vieillesse a longtemps été considérée comme un processus irréversible menant à la confusion mentale. Mais les dernières recherches montrent qu'il ne s'agissait là que d'une prophétie autoréalisatrice, la conséquence habituelle d'une sous-utilisation du cerveau. Qui plus est, quand on vieillit, on ne subit pas de perte massive de cellules cérébrales chaque jour, comme on le croyait. [Ainsi,] une dégénérescence grave des facultés intellectuelles est généralement le signe d'une maladie, notamment d'une maladie cardiovasculaire ».

Intéressant, n'est-ce pas ? La maxime d'un esprit sain dans un corps sain prend tout son sens si l'on rend ces deux entités indissociables. Cela voudrait dire que, moyennant quelques précautions, les éventuels défauts relatifs à nos fonctions cognitives peuvent être relativisés. Si, avec l'âge avancé, nos facultés ont tendance à diminuer, ce n'est pas forcément dans des proportions dramatiques. Dans certains cas, si carences il y a, elles pourraient bien passer inaperçues. Des chercheurs s'accordent quant à affirmer qu' «  un cerveau actif résiste à la détérioration, d'autant plus si la personne a une activité physique régulière ».

« Ce dont le cerveau est capable dépend de la mesure dans laquelle on s'en sert ».

Le maître-mot en la matière (grise, évidemment...) est : activité. Activité physique et activité mentale. Dans l'un et l'autre de ces registres, il y a moyen de limiter ce que l'on appelle la fatalité. « Plus on participe à des activités où l'on apprend, plus on augmente ses capacités d'apprentissage. Ne pas arrêter d'apprendre, c'est mieux apprendre » indique le livre Le troisième âge d'apprendre, nouvelle dimension dans une société vieillissante (angl.). Voir aussi notre article Les capacités des seniors

Entre autres preuves, les résultats d'une étude australienne visant une population âgée de 60 à 98 ans. L'étude s'étend sur vingt années d'observation. Aux tests d'intelligence, un bon nombre des personnes suivies n'auraient perdu qu'environ 1 % de leurs facultés par an. Cette perte est réelle mais minime. D'autres part, certaines personnes de plus de 90 ans n'ont subies aucune détérioration. Ces « champions » ont en commun l'apprentissage méthodique d'une compétence sur une assez longue période, comme apprendre une langue ou l'usage d'un instrument de musique.

Exercices et méthodes pour conserver nos facultés

Les cas ne sont pas rares de gens qui se mettent même à apprendre de nouvelles choses à un âge relativement avancé. Certains se sont ainsi découvert sur le tard de vraies passions pour l'étude, la lecture, les langues, l'apprentissage en général. Et leurs progrès leur procurent systématiquement ce sentiment quasi magique de deuxième jeunesse. Cela dit, pourquoi attendre avant d'apprécier les facultés de notre esprit et de les mettre à contribution ? D'autant que ce qui est acquis est acquis, et il n'est jamais trop tôt lorsque l'on parle de connaissances, de savoir, voire de sagesse, même si cette dernière qualité met en oeuvre d'autres processus également liés à la réflexion et à l'expérience.

La sagesse, en effet, serait une capacité à utiliser efficacement et conjointement notre intelligence et nos connaissances pour résoudre des problèmes, trouver des solutions ou éviter des dangers. Elle emporte donc une idée de comparaison, évaluation et perspective mentale, disponible à partir d'un « seuil » minimum d'existence. On trouvera, par exemple, des enfants intelligents mais pas forcément « sages », au sens fonctionnel du terme. Notons que l'âge adulte ne garantit pas pour autant des démonstrations de sagesse, tant s'en faut...

Comment procéder pour utiliser convenablement et durablement nos facultés ? Revoyons rapidement quelques fondamentaux simples.

Plutôt que de chercher à apprendre par coeur, efforçons-nous de rapprocher ce que nous apprenons avec ce que nous savons déjà. Ceci nous incite à comprendre ce que nous acquérons. En misant sur la réflexion, nous facilitons la mémorisation.

Appliquons-nous à bien nous concentrer. « La concentration est au c½ur même de l'apprentissage, explique le livre Apprenez à votre enfant à se concentrer (angl.). [Elle] est d'une importance telle qu'on l'a qualifiée de condition préalable essentielle de l'intelligence, et on l'a même assimilée à l'intelligence ». Même si nous ne sommes plus des enfants, le conseil reste valable. On peut, par l'usage, augmenter cette concentration.

Certains se mettent même à apprendre de nouvelles choses à un âge relativement avancé.

Reformulons, en paraphrasant, ce que nous voulons assimiler. Un spécialiste déclare : « Les meilleurs étudiants sont avant tout les plus habiles paraphraseurs ». Ce traitement de l'information favorise la mémoire. C'est aussi ce qu'il faut faire si nous prenons des notes.

Réfléchissons aux associations possibles. Sur le même principe de rapprochement des connaissances, voyons comment telle ou telle information se rapporte à ce que nous avons déjà en mémoire. ces associations n'ont pas besoin d'être très formelles. Parfois, elles sont même saugrenues.

Essayons de nous représenter mentalement de quoi il retourne; cet effort de visualisation imprime plus durablement ce que nous voulons retenir. Lorsque c'est possible, créons tout un décor avec des intervenants et des actions.

Enfin, étape souvent négligée, la révision. En ne laissant pas au temps la possibilité d'effacer ce que nous apprenons, nous augmentons les chances de les conserver encore longtemps. Faisons cette révision rapidement après l'apprentissage.

Et pour couronner le tout, veillons à nos habitudes en général. Ainsi, le temps que nous passons devant la télévision est en rapport avec notre vélocité mentale. Des excès nuisent à nos facultés de concentration, d'imagination et de mémorisation. « Les téléviseurs devraient, comme les cigarettes, arborer une mise en garde contre leur nocivité » fait observer le livre Soif d'apprendre. A propos des effets probables de la télévision sur le cerveau, voir notre article Conseils aux seniors

Un bon usage de nos facultés nous rendra service toute notre vie. Avec un minimum d'application, nous pouvons conserver relativement longtemps notre potentiel mental et physique. Par exemple, la lecture régulière intéressante est un bon moyen. Inscrivez-vous donc à notre newsletter !

 

F. Huguenin - VR2


 

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