N°47 - La Newsletter VR2 - Documentaire

« L'éducation d'un peuple se juge avant tout dans la rue ».
– Edmondo de Amicis, Le Cuore

Education : qui s'en charge ?

Une jeune écolière © littleny - Fotolia.com

L'éducation est un apprentissage qui doit faire sentir ses effets en tout lieu.

L'éducation nationale doit-elle et peut-elle se substituer à l'éducation dans la famille ? Les problèmes rencontrés en milieu scolaire trouvent peut-être explication dans les foyers.

C'est la rentrée. Toutes les chaînes de télévision relaient l'information à grand renfort d'images d'enfants ravis de réintégrer les salles de classe.

Pour un peu, on croirait que l'école est un havre de paix ou les enfants s'épanouissent au contact d'autres charmants camarades, sous la bienveillante houlette d'enseignants au sommum de la compétence.

L'école mal notée en France

L'essentiel

  • Le système d'éducation national est souvent mal perçu. On lui reproche opacité et incompétence.
  • En matière d'éducation, les parents ont un rôle fondamental à jouer, soulignant la distinction entre éducation et instruction.
  • Les défauts probables des uns et des autres expliquent en partie les problèmes de violence à l'école et sa dévalorisation.
  • Une bonne éducation est compatible avec des objectifs de formation.
  • Tous ceux qui sont allés à l'école savent bien que ce n'est pas aussi simple, même s'il y a des établissements et des enseignants exemplaires. Seulement 21 % des enfants français de 11 à 15 ans déclarent apprécier l'école. Outre les réticences de ces jeunes gens, pour des raisons diverses, le milieu scolaire est lui-même fortement éprouvé. En France, la popularité de ce système est sévèrement compromise.

    Beaucoup doutent de son efficacité. Selon une enquête CSA (2013), 58 % des Français jugent la qualité de l'éducation insatisfaisante et 57 % que les enseignants sont mal formés pour accomplir leurs missions. « Du point de vue des Français, les professeurs aujourd'hui ne sont pas bien formés pour affronter des événements du type conflits entre les élèves ou même conflits entre les élèves et les enseignants sur des sujets comme la religion », explique Yves-Marie Cann, de l'institut CSA, pour RTL.

    Autre reproche, la France serait, au sein de l'OCDE, le pays où l'écart de résultats entre les élèves de statuts favorisé et défavorisé est le plus important. De tout cela émanent des problèmes pédagogiques. Par exemple, en matière de lecture, sujet sensible, 19,8 % des élèves de 15 ans en 2009 (enquête INSEE et PISA) sont en difficulté. Et cela semble empirer. Egalement, beaucoup de spécialistes et même de « gens de la rue », anciens bacheliers, estiment que le niveau du baccalauréat baisse suspectement, probable « subterfuge » pour augmenter le taux de réussite.

    Mauvaise note pour les parents

    D'un autre côté, l'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, s'exprimant sur une chaîne de télévision française, explique ce qui, selon lui, rend le travail des enseignants particulièrement difficile : « Le problème de l'éducation ce sont les enfants mal élevés ». Les réactions publiques à cette affirmation montrent qu'il est soutenu par beaucoup dans ce sens. Cela voudrait alors dire que les responsabilités sont partagées. La nuance entre éducation et instruction est floue. A tel point que l'on s'interroge quant à savoir qui se charge de quoi.

    « Le problème de l'éducation ce sont les enfants mal élevés ».
    — Luc Ferry

    La question ne se limite pas à la France. Le Toronto Star mentionne les propos du comportementaliste Ronald Morrish : « Les parents exigent aujourd'hui des enfants si peu de respect de leur autorité qu'ils risquent en fin de compte de nuire à l'amour-propre de nos enfants. Un enfant a en réalité besoin de savoir où sont ses limites pour se sentir en sécurité et savoir où il va, ce qui en retour lui confère une plus grande estime de soi. Les enfants à qui on n'inculque ni règle ni notion de responsabilité auront par la suite plus de difficulté à se sentir en confiance ». Or, de l'avis de spécialistes, le manque d'estime de soi est un dangereux ferment pour nombre de défauts, travers et déviances.

    Un expert suisse, Renato Biscioni, décrit quelques-uns de ces travers en parlant de « terrible inclination à l'égocentrisme, au désir de dominer, à la susceptibilité, au maintien d'un comportement infantile et à de perpétuelles exigences ». Ces tendances se retrouvent dans tous les secteurs d'évolution des jeunes, entre autres, à l'école.

    Les enseignants ne sont peut-être pas tous très bien formés, mais est-il cependant bien raisonnable d'attendre d'eux qu'ils se substituent aux parents ? Un rapport de l'Association britannique des directeurs d'écoles répond: « On note une détérioration de la conduite aussi bien à l'école que dans la société. Cependant, l'influence que les écoles exercent sur la société par l'intermédiaire des jeunes ne doit pas être exagérée ». Ce rapport précise que le caractère de l'enfant est formé bien avant sa scolarisation. « L'enseignant ne peut pas faire grand-chose pour le modifier ». Un directeur d'école ajoute : « c'est inutilement que les enseignants cherchent à glisser un peu de morale dans les matières scolaires, si les enfants n'ont pas appris à la maison la différence entre le bien et le mal ».

    Il faut dire qu'en France, parler de bien et de mal est un sujet presque tabou à tel point que l'on a même bien du mal, justement, à définir la notion de morale que l'on qualifie alors de laïque pour ne pas paraîre religieux, comble de « l'obscurantisme ». Profitant de toutes ces hésitations, des comportements comme ceux précités ont germé, tardivement identifiés pour les raisons qui précèdent, mais dont les effets sont bien actuels.

    Violence à l'école

    Parmi ces effets, la violence en milieu scolaire. Si l'on s'en tient à des tergiversations politico-statistiques, la violence à l'école existe depuis longtemps et évolue peu. En se rapprochant maintenant des établissements scolaires et des parents, les faits sont plus inquiétants. Il est question de harcèlement, d'agressions, souvent à caractère sexuel, de racket, de violence verbale. Près de 50 % des élèves en école ou collège déclarent avoir personnellement été victimes de problèmes avec d'autres élèves (77% moqueries, 28% violences physiques, 22% vols et 10% rackets) — enquête AFEV, réseau d'étudiants solidaires intervenant dans les quartiers populaires.

    Il y a plus grave. Dans notre pays, en Savoie, un enfant roux, victime de moqueries répétées, se suicide. Dans les Hauts-de-Seine, un enseignant veut confisquer le téléphone protable d'une élève, elle le mord. A Marseille, des jeunes armés font irruption dans un lycée. Val-d'Oise : un proviseur adjoint est frappé par le frère d'un élève. A Lyon, un professeur de sport est littéralement « tabassé » à coup de matraque télescopique. En Gironde, suite à des coups de couteaux portés en cours, un lycéen meurt. Dans un lycée parisien, une adolescente de 15 ans est violée par quatre autres jeunes dans les toilettes. Dans d'autres endroits, des jeunes filles sont également agressées sexuellement; la scène est filmée et diffusée sur réseau, suscitant non pas la compassion, mais un harcèlement redoublé. Les suicides de plusieurs jeunes filles dans le monde ont pu avoir pour origine vraisemblable de telles atrocités.

    La moitié des enseignants (47%) souffre d'épuisement émotionnel.

    En Allemagne, à l'occasion d'un congrès, on apprend que 15 % des élèves sont « prêts à recourir à la violence et [que] 5 % n'hésiteraient pas à commettre des actes d'une extrême brutalité, tels que donner des coups de pied à une personne à terre et sans défense ». — Frankfurter Allgemeine Zeitung. Dans d'autres pays encore, y compris le Japon, pourtant réputé pour son éducation, ce sont les armes à feu qui s'invitent dans les établissements scolaires. « Depuis 10 ans, a fait remarquer un responsable d'un syndicat d'enseignants en Grande Bretagne, nous observons une tendance de plus en plus marquée à l'utilisation d'armes. Ce phénomène touche des enfants de plus en plus jeunes, et il s'étend aux filles ».

    Enfin, aux États-Unis, « On estime à 135 000 le nombre d'armes à feu introduites chaque jour dans les écoles publiques de la nation. Afin de réduire ce nombre, les établissements recourent à des détecteurs de métal, à des caméras de surveillance, à des chiens spécialement entraînés à flairer les armes, à des fouilles de casiers, à des systèmes d'identification, et ils interdisent les sacs » — Enseigner en Amérique. On équipe les enfants de vêtements et de cartables pare-balles...

    Dans de telles conditions, il devient de plus en plus difficile d'être enseignant. Les cas de stress, dépression et d'épuisement sont de plus en plus fréquents. Selon une étude menée par l'Université de Bordeaux 2, la moitié des enseignants (47%) souffre d'épuisement émotionnel, 56% de dépersonnalisation (forte détérioration de la relation aux élèves) et « [ces deux composantes] suivent une courbe ascendante constante linéaire dans le temps, quels que soient les sujets ». Plus de 93 % des enseignants estiment leur métier dévalorisé.

    De tout cela, de plus en plus de parents préfèrent assurer l'enseignement de leurs enfants par d'autres biais, comme les cours par correspondance ou l'enseignement à la maison (formule indépendante d'un organisme scolaire).

    Personne n'ose véritablement répondre à la question de savoir si des solutions existent et si elles viendront des familles ou du système scolaire. Les discours officiels ne s'attardent que peu sur le sujet mais beaucoup de nos concitoyens ont un avis tranché, sous réserve qu'il soit exact. Il faudra peut-être encore un peu de temps pour aboutir à des certitudes. Sera-t-il encore temps de faire quelque chose ?

    Finalement, la formation des adultes fait figure d'alternative attrayante une fois la scolarité dépassée. Renseignez-vous donc sur vos droits à la formation et contactez-nous. Que vous aimiez ou non l'école, vous apprécierez le climat autonome et responsable des formations VR2. Vous aimerez la disponibilité des formateurs, eux-mêmes issus de l'entreprise et bien informés de ses contraintes. Ils seront à votre écoute, non pour vous évaluez mais pour vous accompagner. Question d'éducation.

    F. Huguenin - VR2

     

     

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