N°47 - La Newsletter VR2 - Documentaire

« L'homme a beau être blasé, guéri de tous les enthousiasmes (...), il reste en lui un fonds éternel de jeunesse. L'amour est une aventure qui garde son attirance. » – Harry Bernard, Dolorès.

Rester jeune... C'est dans la tête ?

Une jeune femme allongée dans les feuilles d'automne © drubig-photo - Fotolia.com

Regarder l'avenir par le prisme de l'automne de la vie.

Rester en bonne santé pendant longtemps est aussi le résultat de nos habitudes de vie. Parmi celles-ci, la façon dont nous appréhendons notre existence et l'usage de nos facultés mentales.

Voir l'âge gagner du terrain ne semble pas un motif de réjouissance. Cependant, le regard que nous portons sur cette période de la vie peut considérablement en modifier le déroulement, en qualité et en durée.

Le Journal of Personality and Social Psychology rapporte les résultats d'une étude menée sur plusieurs centaines de personnes de 50 ans et plus. Les conclusions les plus remarquables sont que selon la vision que l'on porte sur son âge, on compromet plus ou moins son espérance de vie.

Motivation et optimisme

L'essentiel

  • La façon dont nous appréhendons l'âge mûr, même par anticipation, influe sur le confort de notre propre existence.
  • Un bon état d'esprit constitue un solide rempart contre le poids des ans. De bonnes fréquentations aussi.
  • Par dessus tout, entretenir ses facultés mentales est déterminant au point de mériter attention très tôt.
  • Sans trop de surprise, les optimistes sont avantagés, car pouvant espérer « [vivre] 7,5 années de plus que celles qui considèrent la vieillesse avec plus de pessimisme ».

    L'optimisme serait encore plus déterminant qu'un taux de cholestérol faible ou une tension artérielle idéale. Evidemment, ces derniers aspects ne nuisent pas au premier. Le pessimisme accroît le stress, « phénomène intimement lié à l'apparition de diverses maladies et, partant, au vieillissement ». Et encore : « L'absence d'intérêt pour la vie est la cause principale du vieillissement prématuré », conclusion du professeur Neves, dans Jornal da Tarde.

    Un état d'esprit positif, optimiste, s'entretient avec quelques efforts qui en valent bien la peine. Trouver des activités et des centres d'intérêts stimulants, motivants, s'intéresser aux choses et aux gens, à ses amis, sont les meilleurs moyens de rester jeune le plus longtemps possible. D'ailleurs, des personnes sont qualifiées de « vieilles » alors qu'elles sont plus jeunes que certains seniors qui passent pour « jeunes ». C'est souvent leur mentalité et la qualité de leur compagnie qui font la différence.

    L'optimisme serait encore plus déterminant qu'un taux de cholestérol faible ou une tension artérielle idéale.

    Répétons-le, cela réclame certains efforts et c'est sans compter des évènements tragiques qui viennent parfois et malheureusement freiner ces nobles intentions. Aussi, pour paraphraser un proverbe antique, tout ce qui est faisable tant qu'il est possible de le faire, faites-le !

    Autre aspect, riche d'enseignement, dans certaines cultures, exemplaires sous ce rapport, « le respect pour le grand âge et les cheveux gris, que chacun apprend dès l'enfance, aide sans doute les vieillards à garder leur dignité et leur vivacité d'esprit ». — Yuri Dadivanyan, responsable du département Gériatrie au ministère arménien de la Santé.

    La tête, c'est l'état d'esprit, la mentalité. C'est aussi les facultés mentales, les facultés cognitives*.

    Les facultés cognitives

    Il ne fait maintenant plus aucun doute que du bon usage de notre cerveau dépend le maintien de ses facultés dans le temps. On estime un peu arbitrairement que nous n'utilisons qu'environ 10 % de nos facultés. Quoi qu'il en soit, on ne connaît pas les limites des possibilités cognitives, et à tout âge.

    Juhani Juntunen, spécialiste du cerveau et administrateur d'un hôpital, déclare : « Affinez les capacités de votre cerveau, apprenez de nouvelles choses, et vos facultés cérébrales augmenteront ». Pour lui et beaucoup d'autres, le cerveau des personnes mûres recèle des capacités insoupçonnées : « Ce n'est pas une coïncidence si les postes élevés sont occupés par des gens d'un certain âge, fait-il observer. Peut-être le cerveau se détériore-t-il (sous réserve), mais on l'utilise plus efficacement avec les années ». Les vieux renards peuvent surprendre les jeunes loups, même aux dents longues.

    On entend souvent dire que l'on perd des neurones (les cellules nerveuses du cerveau) avec l'âge, argument prétexte ou fatalité. Mais ça ne signifie pas l'atrophie du cerveau ni la fin de ses capacités !  « Il était communément admis que nous perdons chaque jour des cellules dans toutes les régions du cerveau, rappelle le docteur Marilyn Albert, professeur de psychiatrie et de neurologie. En fait, les choses ne sont pas aussi simples. Nous perdons effectivement des ' cellules grises ', même si nous vieillissons en bonne santé, mais ces pertes ne sont pas si dramatiques qu'on le pensait et elles ne se produisent que dans des régions très précises du cerveau ». Et d'une.

    Il est même maintenant vérifié que le cerveau génère de nouveaux neurones tous les jours, largement de quoi compenser les éventuelles pertes, et cela pratiquement à  tout âge. Et de deux.

    La seule condition de subsistance de ces neurones tout neufs est l'utilisation. En d'autres termes, si vous voulez entretenir le processus peut-être illimité de régénéréscence du cerveau, utilisez-le ! Voilà  bien un organe mystérieux et extraordinaire : plus il fonctionne et moins il s'use. Antonio Damasio, professeur en neurologie explique : « Les personnes âgées peuvent conserver une activité mentale extrêmement riche et efficace ». A combien plus forte raison si nous prenons cette habitude dès maintenant.

    Le cerveau semble ainsi échapper au processus de vieillissement. Même dans les cas de maladie impliquant une dégénéréscence mentale, les symptômes seront complètement différents, voire inconnus, selon que le malade aura ou non pris l'habitude de stimuler ses fonctions. Le phénomène quasi miraculeux de plasticité cérébrale peut, dans une certaine mesure, compenser d'éventuelles déficiences en ré-attribuant à  de nouveaux neurones des fonctions sinon dédiées à d'autres tâches. Il en sera d'autant plus capable qu'il s'y sera « entraîné ». Et l'entraînement, c'est maintenant ! Comment faire ?

    « [Gardez] une implication active dans la lecture, l'instruction et la vie associative ».

    Des études scientifiques incitent à garder l'esprit souple. « [Gardez] une implication active dans la lecture, les voyages, les événements culturels, l'instruction et la vie associative. Ayez autant d'activités différentes que possible. Ne devenez pas inactif. Eteignez la télé. Inscrivez-vous à  un cours quelconque. Gardez votre emploi (ça va faire plaisir à  certains...) ». Ouf ! Quel programme ! Il faut être bien jeune dans sa tête pour tenir un tel rythme. A propos de l'emploi, souvent le déclin commence « quand les gens partent à  la retraite, décident de prendre du bon temps et décrètent la rupture totale avec le monde environnant » . — A la découverte du cerveau (angl.).

    Un autre expert ajoute, que, lorsque les circonstances s'y prêtent raisonnablement, selon la pénibilité du travail, « la plupart de ceux qui parviennent à un âge avancé continuent de travailler autant qu'ils le peuvent après avoir atteint l'âge de la retraite, même s'ils n'ont pas de souci financier ». Précisons au passage que VR2 est apolitique et ne soutient donc aucune tendance.

    Nous avons déjà cité des paroles de la chanson Vieillesse, de Claude Nougaro, dans notre article sur la retraite. C'est le moment d'en ajouter et d'y réfléchir aussi : Je te vois venir, prêtresse/ Annonciatrice des adieux/ Quand j'étais môme, j'aimais les vieux/ Leurs yeux avaient une tendresse.../ Tâche de m'en donner un peu/ De tendresse de tendresse/ Je t'attendrirai vieillesse.

    VR2 s'intéresse de très près à l'évolution professionnelle et personnelle, cela à tout âge. Retraite, rôle des seniors, mémoire, capacités d'efficacité personnelle, méditation, autant de thèmes qui sont abordés en formation sans distinction d'âge, ou en documentation, dans des articles comme celui-ci. Ces sujets dépassent le seul cadre de l'efficience, ils touchent à  l'identité, à  l'intime, au moteur même de la vie et de ce qui nous guide. La formation, ce n'est pas seulement l'école du savoir et des métiers. C'est l'école de la vie, parce que c'est apprendre, découvrir et avancer. Pour rester des hommes et des femmes accomplis, dans la plénitude et l'épanouissement de soi. Jusqu'au bout.

    F. Huguenin - VR2

     

    * A propos des facultés cognitives, de la cognition : le mot trouve racine dans le grec gnosis, « la connaissance », et concerne tout ce qui touche à  la connaissance, à  l'esprit (mais non les émotions). On prononce le « g », comme dans « diagnostic », de même racine.

     

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