N°43 - La Newsletter VR2 - Dossier

Les femmes et le travail

« Lorsque vous posez une question, vous êtes en train d'enseigner ; lorsque l'enfant pose une question, il est en train d'apprendre. » – Une mère de trois enfants.

Femmes au foyer

Une femme et sa fillette travaillent ensemble sur un ordinateur © Dasha Petrenko - Fotolia.com

Femme au foyer, un choix aux multiples motivations et conséquences.

Des femmes choisissent de ne pas travailler à l'extérieur. Cette décision comporte avantages et inconvénients. Lorsque les motivations sont liées à l'éducation des enfants, les résultats peuvent être surprenants.

Lorsqu'une femme peut et veut faire le choix de rester au foyer, souvent pour s'occuper de ses enfants, sa situation est favorable à un certain épanouissement. Mais ce choix de vie n'est pas toujours aussi aisé qu'il pourrait le paraître.


Un choix et ses conséquences

L'essentiel

  • Des femmes choisissent de ne pas travailler à l'extérieur.
  • Ce choix a nécessairement des répercussions économiques sur le foyer.
  • Certaines décident d'assurer l'enseignement de leurs enfants à la maison.
  • Des constats et rapports soulignent les bienfaits de telles dispositions sur le développement des enfants.
  • Premier effet de cette option, le train de vie de la famille. Il est bien évident que si une femme choisit de s'occuper de sa maison et de ses enfants, elle ne peut plus être disponible à l'extérieur, pour un employeur ou à son propre compte. Et qui dit activité professionnelle moindre ou nulle, dit revenu de même. Il faudra peut-être revoir des habitudes de fonctionnement, renoncer à un certain confort, se passer de quelques biens.

    Et puis, il y aura, pour certaines, l'incompréhension de l'entourage, la condescendance, voire les moqueries. Cela dit, pourquoi pas opter pour une solution intermédiaire, comme un travail à temps partiel ?

    Il est possible que beaucoup hésitent à se défaire tout ou partie d'un emploi, précisément à cause de la perte financière envisagée. Néanmoins, il existe parfois une « zone de compromis ». En effet, entre un plein temps et un temps partiel, les avantages en termes de salaire du premier sont parfois presque l'équivalent des frais occasionnés par l'indisponibilité. Le stress en plus.

    « Les frais de garderie et de transport engloutissaient une grosse partie de mon salaire, dit une femme. En examinant notre situation de plus près, nous nous sommes rendu compte que mon travail n'était pas si avantageux que cela ». Finalement, ce couple a opté pour une formule à temps partiel sans grosse différence financière au final. Le stress en moins.

    Mère au foyer et instruction des enfants

    Il ressort que c'est bien souvent la présence d'enfants qui amène des parents à reconsidérer l'organisation de leur propres activités professionnelles. A tel point que certains envisagent par eux-mêmes l'instruction de leurs enfants, avec ou sans « assistance ». C'est un enjeu de taille qui explique des mesures parfois radicales.

    Dans ce qui suit, VR2 ne recommande ni ne déconseille aucune méthode ou stratégie en particulier. Nous mentionnons des observations et exemples tirés de faits réels, impliquant essentiellement la mère. Il appartient à chaque famille de tirer les conclusions susceptibles de lui convenir.

    Il y a plusieurs formules quant à l'enseignement des enfants avec le concours ou bien exclusivement par les parents. Les cours peuvent être dispensés par correspondance, par un organisme privé ou avec une instance telle que le CNED, qui dépend de l'éducation nationale. Là encore, il y a plusieurs formes, plus ou moins bien définies : avec contrôle des devoirs par le CNED ou bien sans contrôle des devoirs, une formule non prise en charge (financièrement) par l'éducation nationale. Il y a l'enseignement à la maison où les parents définissent eux-mêmes le type d'enseignement. Les enfants sont alors (en principe...) soumis à des contrôles afin de pouvoir justifier d'un niveau minimum requis. Dans la plupart de ces cas, les enfants se présenteront aux probables examens en candidats libres.

    Quoi qu'il en soit, c'est l'environnement qui est très particulier : l'enfant ne va pas à l'école, il reste à la maison. Nécessairement, les parents doivent alors assurer une présence ou une assistance. Les tenants de ces aménagements mentionnent nombre d'avantages et de bienfaits qui ont achevé de convaincre des parents de se libérer pour leurs enfants.

    Premier aspect, l'enseignement est très individualisé et donc, potentiellement, adapté et personnalisé. C'est l'antithèse de la classe surchargée.

    Beaucoup objectent alors que l'enfant est seul, isolé, coupé des autres, en voie d'étiolement et de rupture sociale. Paradoxalement, c'est précisément le contraire. Les enfants dans ce cas prennent une part quasi permanente aux autres activités et rencontres de leurs parents, de leurs frères et soeurs, sans distinction d'âge, de milieu et de moment. Effectivement, à l'école, l'enfant côtoient pratiquement toujours les mêmes, qu'il n'a pas choisis, dans un environnement quasi immuable et fermé, selon une routine souvent sclérosée.

    A l'inverse, dans le cas de scolarité à la maison, l'enfant accompagne ses parents, sa mère, dans les courses, rencontres, rendez-vous, réunions, etc. A ces occasions, il rencontre des jeunes, des « vieux », des membres de la famille et tout ceux qui la visitent. Il rencontre bien évidemment des jeunes de son âge dans des contextes variés (détente, collation, sport, loisirs, ...) avec une certaine souplesse d'emploi du temps que ses camarades n'ont pas. Car il faut bien se dire que les parents se sont précisément libérés dans ce but : élargir le champ d'évolution de leurs enfants.

    « Les enfants qui apprennent à la maison réussissent mieux, et leur développement social et émotif (...) sont égaux ou supérieurs. »

    « La vie d'un adulte ne se résume pas à la fréquentation d'un groupe de 30 personnes du même âge, mais par l'insertion dans des réseaux de relations divers, commerçants, voisins, amis, famille, etc. » raconte un père partisan de l'enseignement à la maison, sur le site parisbalades.com.

    « Mais il n'a pas que ça à faire ! s'écrieront la plupart. Ce ne sont pas des vacances ! » En effet, il y a le facteur temps. Mais là aussi, les choses sont différentes.

    Le temps passé à travailler à la maison est pratiquement 100 % opérationnel, précisément du fait du petit nombre d'élève(s) et du peu de causes de distraction. Selon des estimations, dans le contexte de l'école, seulement 30% du temps est consacré à l'enseignement, le reste servant bien souvent à la discipline, aux conseils, ou à attendre... A la maison, trois heures de temps permettent en général d'effectuer la même quantité de travail qu'en une journée à l'école, estimations à moduler, selon le niveau et la classe.

    On le vérifie, par exemple, dans l'apprentissage des langues. Pour bien parler une langue, il faut justement... parler. Or, en secondaire, par exemple, le temps moyen de parole pour un seul élève est d'environ deux heures... sur une année... Ceci du fait du nombre souvent important d'élèves qui fragmente d'autant le temps disponible, à quoi il faut ajouter les temps théoriques et les « temps morts ». A la maison, disponibilité maximale.

    De cette souplesse naît souvent le goût, la motivation, éléments fondamentaux pour l'apprentissage. L'enfant acquiert aussi autonomie et discipline. Tout ça permis par la présence et la disponibilité d'au moins un des parents. On pourrait évoquer encore une quantité d'autres avantages, comme la proximité affective propice à l'épanouissement, la stimulation favorable à la manifestation de talents, l'évaluation bienveillante et facilitante lorsque les parents décident de l'enseignement par eux-mêmes (pas forcément de contrôles et de notes scolaires), l'éducation personnalisée et quasi permanente. Tous ces paramètres facilitent l'accès à toute sorte de milieux, y compris les situations universitaires. D'autres ajouteront que c'est encore un bon moyen de limiter des promiscuités potentiellement délétères.

    Ainsi, une jeune fille française « déscolarisée » depuis l'âge de douze ans, a appris l'italien en quelques mois, en parlant et répétant... les programmes de la télévision italienne. A vingt ans, elle parle plusieurs autres langues, a appris « seule » la musique, fait du sport, est titulaire d'une maîtrise en droit français, d'un diplôme universitaire en criminologie, et prépare aujourd'hui une maîtrise en droit italien... en Italie.

    Au Québec, où la formule se démocratise, « Les résultats sont positifs partout. Les enfants qui apprennent à la maison réussissent mieux, et leur développement social et émotif ainsi que leur insertion sociale sont égaux ou supérieurs aux moyennes des enfants scolarisés », affirme Christine Brabant, de l'Université de Sherbrooke, sur le site mamanpourlavie.com, et dont la fille de huit ans ne fréquente plus l'école qu'à temps partiel.

    Ce tableau particulièrement attrayant est plus répandu qu'on ne le croit. On estime à 40 000 en France le nombre d'enfants qui reçoivent leur instruction au sein de la famille (et pas forcément par CNED, éducation nationale), un chiffre en constante augmentation. Il est mentionné ici pour expliquer pourquoi des parents ont faits ces choix, des choix qui emportent une bonne dose de responsabilité et de persévérance.

    Nous évoquons ici surtout les bienfaits du parent à la maison sous l'angle éducatif. Il y a encore bien d'autres avantages que chacun voudra apprécier. Choisir de libérer ou non du temps est une décision difficile, pas toujours faisable, et qui ne regarde personne d'autre que les intéressés. Il demeure que ceux qui en ont décidé ainsi, s'ils consentent à des sacrifices, estiment, pour la plupart, avoir trouvé la voie de l'épanouissement personnel et familial.

    On retrouve des composantes de ces dispositions dans le contexte de la formation. Il s'agit en effet d'apprendre « sur commande », de faire ses propres choix, de travailler dans un environnement libre et responsable et de côtoyer des gens de natures variées. Parlez-en avec nous. VR2 sera une vraie mère pour vous...

     

    F. Huguenin - VR2

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