N°43 - La Newsletter VR2 - Dossier

Les femmes et le travail

« Le travail des femmes n'est pas un cadeau pour les femmes, c'est un cadeau pour la société ». – Coline Serreau, interviewée par Isabelle Alonso

Les femmes dans l'entreprise

Une jeune femme travaille en milieu horticole © michaeljung - Fotolia.com

Le travail, pour une femme, peut être une rose avec beaucoup d'épines.

Une large majorité de femmes travaillent à l'extérieur. Il y a le choix de carrière mais aussi les obligations. Concilier travail et vie de famille reste un défi. Dans les pays comme la France, le nombre de femmes qui occupent un emploi semble équivalent à celui des hommes. Serait-ce l'égalité ? Pas tout à fait.

Selon des statistiques que rapporte le site de 20minutes.fr (article de Claire Planchard), en 2010, 90% des femmes de 25 à 49 ans étaient en activité. Pour celles vivant avec un enfant de moins de trois ans, ce chiffre tombe à 82%. Pour celles avec au moins deux enfants, dont au minimum l'un aurait moins de trois ans, 59% travaillent. Par comparaison, pour ces messieurs, la tendance est inverse.

Pourquoi les femmes travaillent ?

L'essentiel

  • De nombreuses femmes occupent aujourd'hui un emploi.
  • Certaines le font par obligation, d'autres, par choix.
  • Il semble toujours délicat de concilier travail et vie familiale.
  • Des pressions diverses et des inégalités rendent le travail des femmes souvent plus difficile.
  • Sur cet ensemble, il y a deux catégories principales de travailleuses : celles qui le font par obligation, pour des raisons financières, économiques, et celles qui ont choisi l'activité pour des raisons personnelles, d'épanouisement, d'estime de soi ou pour accéder à l'indépendance financière.

    En général, les premières rencontrent plus de difficultés que les secondes. Dans les deux cas, cependant, existe assez couramment une espèce de tiraillement entre les objectifs ou contraintes professionnelles et la vie de famille, surtout lorsqu'il y a des enfants.

    Et parmi les « plaintes » qui reviennent régulièrement, une certaine difficulté à obtenir la coopération d'un éventuel conjoint ou compagnon quant aux tâches et responsabilités familiales et ménagères. Non, messieurs, faire des courses ne se limite pas à acheter de la bière.

    Certaines femmes, des mères, occupent un emploi dans le seul but d'assurer les dépenses courantes, quand elles y parviennent. Elles sont parfois seules à assumer les charges du foyer.

    « J'ai le sentiment que celles qui ne travaillent pas sont plus ou moins considérées comme des êtres inférieurs ».

    Manifestement, ce n'est pas toujours facile. Une mère au travail explique : « Fatiguée, fatiguée, fatiguée. Je me réveille même fatiguée. Lorsque je rentre du travail, je tombe de fatigue. Mes enfants disent déjà : ' Maman est toujours fatiguée ', et je me culpabilise. Je ne veux pas m'absenter de mon travail, mais je veux également être la gentille maman pour qui rien n'est impossible. Malheureusement, je ne suis pas aussi parfaite que je le voudrais. »

    Quantité de femmes admettent que concilier travail et vie familiale est une véritable gageure. Elles sont souvent surmenées, stressées, et ces inconvénients sont aggravés par une rémunération fréquemment sous-évaluée.

    Une femme qui travaille, mère de deux petites filles, déclare : « Sincèrement, ce n'est pas facile de trouver l'équilibre entre le travail et les responsabilités familiales, surtout quand on a de jeunes enfants. Leur accorder toute l'attention dont ils ont besoin n'est vraiment pas simple ».

    D'autres occupent un poste pour des raisons plus personnelles. Avantages privés, estime de soi, épanouissement, les raisons varient et ne se discutent pas. Dans les cas les meilleurs, ces femmes aiment leur travail.

    Entre les deux, se trouve une catégorie « inconfortable ». Certaines femmes en arrivent à chercher du travail sous l'effet de la pression, plus ou moins implicite, de l'entourage. L'une d'elle raconte : « Il n'est pas facile d'expliquer que vous n'êtes ' qu'une femme au foyer '. Des paroles ou des expressions de visage vous laissent à penser que vous gâchez votre vie. » Une autre, mère d'une petite fille de deux ans, déclare : « Bien que notre société reconnaisse que les femmes devraient s'occuper de leurs enfants, j'ai le sentiment que celles qui ne travaillent pas sont plus ou moins considérées comme des êtres inférieurs. »

    Ce type de pression, s'il semble discutable, peut influencer une femme sur ses choix professionnels. D'ailleurs, que pensez-vous personnellement d'une femme « qui ne travaille pas » ? Ce n'est ici qu'une question de rhétorique...

    Femme idéale vs réalité

    Il est vrai aussi que dans notre monde moderne, la femme idéale est souvent représentée en activité, et pas n'importe laquelle. Les médias, la publicité, nous montrent une femme qui réussit un prestigieux plan de carrière. Elle est appréciée, respectée, courtisée, très bien rémunérée (c'est de la publicité...), toujours fraîche et dispose, tirée à quatre épingles, souriante et sûre d'elle. De retour au foyer (grande maison toujours impeccable), son inaltérable sourire aux lèvres, elle résout les problèmes des enfants, scolarité et sentiments, recadre gentiment son mari moins dégourdi, fait du sport et conçoit encore des projets personnels d'envergure. C'est beau. C'est beau, mais c'est rare.

    « Les femmes subissent (...) une pression de l'image plus fortes que les hommes ».

    Dans la réalité, s'il existe heureusement des emplois gratifiants, il y en a surtout de difficiles, voire pénibles. Beaucoup sont pesants, monotones et mal payés lorsque l'on est une femme. Les salaires moyens des femmes sont 20 % moins importants que ceux des hommes dans le privé, et même de 27 % inférieurs pour le statut cadre (en équivalent temps plein), selon 20minutes.fr.

    De plus, certains travaux ne sont pas aussi épanouissants qu'ils le semblaient. Les talents de certaines vont devoir rester cachés, ce qui génère déception, stress et frustration (voir aussi notre article sur la satisfaction au travail).

    Le livre Sociopsychologie (angl.) fait remarquer : « Malgré les progrès vers l'égalité, les hommes occupent toujours les postes les mieux rémunérés et les plus élevés. Les femmes qui construisent leur identité sur la base de leur travail sont donc nettement désavantagées ». Pas simple.

    Encore, « [Les femmes] subissent une exigence et une pression de l'image plus fortes que les hommes : à poste égal, elles devront davantage faire leurs preuves et des préjugés sexuels culturels les contraignent à consacrer un budget plus important pour s'habiller, se maquiller. Leur jeunesse ou leur beauté sont des critères qui interfèrent beaucoup plus dans leur travail », d'après Isabelle Sauvegrain, médecin du travail, spécialiste de la prévention du stress professionnel et co-auteur de Réussir sans se détruire, des solutions au stress du travail (Albin Michel, 2006).

    Cette version trouve « explication » et conclusion sous la plume de Charlotte Whitton, dans Canada Month : « Quoi qu'elle fasse, la femme doit le faire deux fois mieux que l'homme pour qu'on en pense autant de bien. Heureusement, ce n'est pas difficile. » Ces messieurs apprécieront.

    Ressurgit alors l'allusion au soutien plus ou moins efficient d'un possible conjoint. Le journal espagnol ABC commente une étude menée par l'Institut des affaires familiales et selon laquelle le taux élevé de divorces [et séparations] en Espagne serait dû, entre autres, à un double effet pernicieux : « l'entrée des femmes sur le marché du travail et le manque de collaboration des maris pour ce qui est des tâches domestiques. »

    Certains conjoints, plus ou moins stratèges, renoncent à aider, au prétexte que leur application n'est pas estimée à sa juste valeur. Alléguant que leur compagne exige que tout soit fait aussi bien que par elle-même, ils expliquent que, ce critère n'étant jamais atteint, cela engendre des disputes. Ils préfèrent alors renoncer à l'exercice de leurs « compétences » qu'ils sacrifient pour la paix du ménage...

    Rappelons que certaines femmes ont choisi, lorsque cela était possible, de ne pas travailler à l'extérieur. Qu'est-ce qui guide leurs choix ? Sont-elles épanouies ? Quels sont les avantages et inconvénients de cette situation ? Quels effets sur les enfants ? Autant de questions qui trouveront réponses et témoignages dans l'article suivant... si ces dames font bien leur travail....

     

    F. Huguenin - VR2

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