N°41 - La Newsletter VR2 - Documentaire

« Comment définir le réel ? Ce que tu ressens, vois, goûtes ou respires, ne sont rien que des impulsions électriques interprétées par ton cerveau. » – Andy Wachowski, réplique dans Matrix.

L'Accident Vasculaire Cérébral

Examen radiographique© videodoctor - Fotolia.com

La rapidité de la prise en charge médicale est primordiale.

L'accident vasculaire cérébral (AVC) est un problème grave et assez répandu. Etre capable de l'identifier peut être crucial. On peut s'appliquer à le prévenir.

Si le sang s'arrête brutalement dans le cerveau, les cellules ne sont plus irriguées. Selon le temps que dure cette privation d'oxygène, elles peuvent s'abîmer, voire mourir. On appelle cela l'accident vasculaire cérébral, d'où l'acronyme AVC.

Dans les cas les plus fréquents, le sang ne circule plus, par obturation d'un vaisseau, en général à cause d'un caillot dans une artère. C'est l'AVC ischémique.

Dans d'autres cas, un vaisseau a pu se rompre et le sang inonde alors le cerveau, ce qui perturbe les échanges neurologiques au point de provoquer des anomalies dans les réactions musculaires ou encore des lésions des tissus cérébraux. C'est l'AVC hémorragique.

Certains AVC seront seulement transitoires, leurs symptômes régressant assez rapidement. Mais le risque de récidive est fort. C'est l'accident ischémique transitoire (AIT).

L'accident vasculaire cérébral, un danger bien réel

A retenir

  • L'accident vasculaire cérébral frappe brutalement.
  • On peut s'exercer à en reconnaître les signes et permettre ainsi une rapide intervention.
  • Notre hygiène de vie est déterminante quant aux risques d'AVC.
  • On estime à environ 130 000 le nombre de personnes atteintes par un AVC en France, chaque année. Sur ce nombre, 40 000 n'y survivront pas... C'est la deuxième cause de mortalité chez les femmes, la troisième chez les hommes (après les infarctus et les cancers). Sans parler des handicaps pour ceux qui ont la « chance » d'en réchapper. Ce sont près de 30 000 personnes qui conserveront des séquelles lourdes (sources : Haute Autorité de Santé, France). A peu de choses près, c'est la loi « du tiers » : 1/3 de ceux qui survivent sont dépendants, 1/3 ont des séquelles mais restent indépendants, 1/3 retrouvent leur état antérieur.

    L'AVC ne concernent pas que les « vieux » : un quart des patients ont moins de 60 ans, et 5 % moins de 45 ans. Ce sont donc des gens en activité pour une bonne part. La question de l'autonomie et du maintien dans le travail reste donc pertinente. Elle se pose en termes de soins, de réadaptation, de rééducation et d'insertion. Tout ceci a un coût, humain, financier et matériel.

    130 000 personnes sont touchées par un AVC en France, chaque année.

    Parmi les conséquences les plus fréquentes d'un AVC, des difficultés de parole, un déséquilibre affectif, des troubles de la personnalité ou encore des facultés cognitives altérées dans des proportions variables mais souvent contraignantes. Un exemple classique, le patient peut travailler sur un poste aménagé mais il ne peut plus se servir de son véhicule pour s'y rendre.

    Une victime explique : « Peu de gens mesurent à quel point le choc de ce changement brutal affecte l'esprit et les sentiments. J'avais presque l'impression d'être une morte vivante ». 

    Très souvent, les membres supérieurs et inférieurs se trouvent plus ou moins paralysés, généralement par hémiplégie. D'autres n'arrivent tout simplement plus à coordonner leurs mouvements. Les modalités sensorielles peuvent être perturbées.

    Ce sont aussi des problèmes de communication. Une victime raconte : « Quand j'essayais de m'exprimer, rien ne sortait. J'étais condamné au mutisme et, qui plus est, incapable de me conformer à une directive orale ou écrite. Quand les autres parlaient [...], j'avais l'impression d'entendre une langue étrangère. Je ne pouvais ni parler ni comprendre ce qui était dit ».

    Rien de bien étonnant à cela. Dans Manuel pour les victimes d'un accident vasculaire cérébral [angl.], Arthur Josephs explique : « La parole exige la coordination de plus de cent muscles, dont chacun est commandé en moyenne par plus de cent unités motrices. [...] Pas moins de 140 000 phénomènes neuromusculaires [sont] nécessaires pour chaque seconde de parole. Dès lors, s'étonnera-t-on qu'une lésion dans une zone cérébrale qui commande ces muscles entraîne une confusion du langage ? »

    Comment reconnaître un possible AVC ?

    D'après la Haute Autorité de Santé (HAS), l'AVC peut produire les effets suivants :

    Perte de la motricité ou de la force d'un bras, d'une jambe, ou de la totalité d'un côté du corps (hémiplégie).

    Atteinte du visage (déviation de la bouche).

    Perte de la sensibilité d'un bras, d'une jambe, de la face ou de tout le côté du corps.

    Difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer.

    Trouble soudain de l'équilibre et de la marche.

    Perte soudaine de la vision d'un œil ou vision trouble.

    Maux de tête violents et intenses.

    Pour mieux appréhender l'accident, la HAS suggère de suivre la procédure suivante, dite « VITE » (VITE est l'acronyme pour Visage (paralysie), Inertie (d'un bras), Trouble (de la parole) et En urgence, pour appeler les secours). Elle permet une évaluation rapide débouchant sur une prise en charge adaptée.

    V : visage : le visage paraît inhabituel ou paralysé ? Demander à la personne de sourire. Une incapacité même partielle est un signal.

    I : inertie (bras) : un des bras reste pendant ? Demander à la personne de lever les deux bras, pour vérification.

    T : trouble de la parole : la personne parle bizarrement ? Demandez-lui de répéter une phrase simple. Si ses paroles sont incohérentes, c'est une alerte.

    E : en urgence : si vous observez un seul de ces symptômes, appelez les secours immédiatement.

    Faites vite ! Le facteur temps est déterminant dans la prise en charge d'un AVC. De la rapidité d'intervention dépend le possible rétablissement, voire seulement la survie.

    « Quantité de gens sont incapables de reconnaître ne serait-ce qu'un seul signe avant-coureur de l'accident vasculaire cérébral »

    Un groupe d'associations de santé françaises recommandent de visionner cette courte animation aux vertus pédagogiques : AVC, Vite ! Le 15 !

    Le phénomène est suffisamment répandu pour justifier une attention spécifique. « Quantité de gens sont incapables de reconnaître ne serait-ce qu'un seul signe avant-coureur de l'accident vasculaire cérébral. Seules un peu plus de la moitié des personnes interrogées ont su citer au moins un symptôme, et 68 % un facteur de risque  – FDA Consumer.

    On peut probablement limiter les dégâts. Mais si séquelles il y a, comment faire pour en limiter l'étendue ?

    A un patient qui s'inquiétait de l'usage complet d'un de ses membres un médecin répond : « Plus vous travaillerez, plus vous le retrouverez, et plus rapide ce sera » Cet homme, péniblement paralysé, a finalement pu reprendre son travail.

    « La plupart des programmes modernes de rééducation reposent sur l'idée que si une zone du cerveau est endommagée, d'autres centres peuvent prendre le relais, expliquent les chercheurs Florence Weiner, Mathew Lee et Harriet Bell. L'un des buts des médecins est de réveiller le potentiel de ces centres et de créer la stimulation qui permettra au cerveau de se réorganiser et de s'adapter ». Nous devons de tels miracles à la plasticité du cerveau humain. Ainsi qu'à d'énormes efforts, le soutien des proches et, évidemment, à la gravité variable des lésions.

    Quels sont les facteurs à risque ?

    « Le mieux, face à l'accident vasculaire cérébral, est d'essayer de le prévenir », dit le professeur Levine. Le premier candidat pour aggraver les choses est l'hypertension. Elle est surtout liée à notre alimentation. Mieux vaut des aliments riche en potassium et pauvre en sel, en graisses saturées et en cholestérol. L'alcool est à modérer, voire à éviter. De même pour le tabac. Une activité sportive adaptée contribue à la régulation du sur-poids et de ses effets.

    Certaines précautions restent sous notre pouvoir. Exemple : notre caractère. « Les gens qui ont mauvais caractère risquent davantage d'avoir une attaque » explique Diario Médico, un journal espagnol. Des attitudes agressives, une propension à la colère contribuent au danger d'être victime d'un AVC, jusqu'à multiplier le risque par trois. C'est ce que révèle une étude portant sur 14 000 adultes de moins de 60 ans. La colère génère une « augmentation importante de la pression artérielle, de la constriction vasculaire et des substances coagulatrices, ce qui avec le temps peut gêner l'irrigation du cerveau ».

    Ne nous inquiétons pas outre mesure. La gravité du sujet est compensée ici par les suggestions préventives et palliatives. Il y a plein d'autres conseils sur ce site quant à la façon de gérer le stress, de faire du sport ou d'appréhender le travail et la vie avec une certaine sérénité. C'est cela aussi la formation : pas seulement le savoir-faire mais aussi le savoir-être.

     

    F. Huguenin - VR2

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