N°46 - La Newsletter VR2 - Documentaire

« La catastrophe qui finit par arriver n'est jamais celle à laquelle on s'est préparé.  » – Mark Twain.

Catastrophes naturelles : que faire ?

Une famille portant masques à gaz, en réunion © terex - Fotolia.com

On peut raisonnablement anticiper sur les catastrophes naturelles et s'y préparer... sans tomber dans l'excès.

Les catastrophes naturelles sont fréquemment évoquées aux actualités, même en France. S'y préparer pourra nous aider en cas de force majeure.

Inondations, glissements de terrain, vents violents, tempêtes, tornades, orages dévastateurs.

Scénario catastrophe ? Pays en développement dans une zone équatoriale ? Non, nous sommes en France et ces désastres se répètent. Ce sont des catastrophes naturelles.

Depuis plusieurs années maintenant, les spécialistes s'accordent pour souligner une dégradation des conditions climatiques aux portées catastrophiques.

Les catastrophes naturelles en augmentation

L'essentiel

  • Les catastrophes naturelles semblent de plus en plus fréquentes.
  • On peut s'y préparer dans des limites raisonnables.
  • Il s'agit de prévoir quels comportements adopter, ou de quel matériel disposer en cas de catastrophe. Cela vaut pour le domicile et pour les véhicules.
  • Selon John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, « Sur dix catastrophes, neuf sont désormais liées au climat. Les catastrophes enregistrées au cours des vingt dernières années sont passées de 200 à plus de 400 par an ».

    « Que ce soit à cause du réchauffement planétaire ou pour une autre raison, le nombre de catastrophes climatiques a triplé entre les années 70 et les années 90 », The Economist, Grande-Bretagne.

    « Il est à craindre que des événements extrêmes imputables aux changements climatiques aient des conséquences de plus en plus graves dans l'avenir. Cela signifie que nous devons envisager de nouveaux genres de risques climatiques et l'éventualité de plus lourdes pertes. [...] En vertu du principe de précaution, il serait avisé que nous nous préparions à des changements spectaculaires », Topics Geo — Hors Série Annuel : Catastrophes Naturelles 2003

    Ces sombres prédictions semblent s'être toutes réalisées et elles continuent. A tel point qu'en plusieurs endroits de la planète, on s'inquiète aussi des moyens compensatoires.

    « Sur dix catastrophes, neuf sont désormais liées au climat ».

    Le Guardian Weekly, un journal britannique, rapporte les commentaires d'organisations d'aide humanitaire. Selon la Croix-Rouge, qui confirme une forte progression du nombre de catastrophes naturelles à la fin des années 90, « l'aide internationale ne sera pas capable de faire face aux conséquences du réchauffement planétaire ». « Dans son rapport annuel sur les catastrophes dans le monde, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge affirme que le nombre d'inondations, de tempêtes, de glissements de terrain et de sécheresses, qui était d'environ 200 par an avant 1996, est progressivement passé à 392 en 2000 ».

    Roger Bracke, responsable des opérations de secours de la Fédération, semble assez pessimiste : « Il y a une limite naturelle à ce que l'aide humanitaire peut faire ; nous craignons qu'il arrive un moment où nous ne pourrons plus apporter d'aide ».

    Sans tomber dans l'excès d'inquiétude, il n'est pas superflu de réfléchir à ce que nous pourrions faire en cas de catastrophe naturelle, toutes catégories confondues. On ne peut évidemment jamais garantir que nous ne serons pas blessés mais comme souvent, l'anticipation peut atténuer des difficultés.

    Que faire pour anticiper sur les catastrophes ?

    D'abord, en vue d'une évacuation rapide, improvisée ou commandée par les autorités, il est recommandé de garder prêt un équipement de survie facile à emporter. Un document émis par le Département de l'environnement de Martinique recommande de s'équiper de ces quelques produits et accessoires : médicaments de premiers secours, eau, produits alimentaires longue conservation et copies de documents administratifs (identité, contrat d'assurance...). Pour ce dernier point, certains ont choisi un stockage virtuel de leurs données, usant du fameux Cloud*.

    Prévoyez aussi une lampe de poche, un double de vos clefs, une petite radio, un peu d'argent liquide (même en cas d'inondation...), une couverture de survie.

    On peut prendre quelques précautions matérielles préliminaires, toutes relatives. Pour les tremblements de terre, fixer un maximum de choses dans la limite du rationnel. Pour les inondations, surélever les matériels et affaires sensibles.

    Lors d'un tremblement de terre, si vous êtes à l'intérieur, cherchez d'abord à vous abriter sous un meuble relativement résistant, comme une table, un bureau ou un lit. Couvrez votre tête tout en vous agrippant au mieux à ce meuble que vous accompagnerez éventuellement dans ses mouvements.

    A défaut, accroupissez-vous contre un mur et protégez votre tête. Eloignez-vous des fenêtres et des objets lourds. N'entrez pas dans un ascenseur.

    Lors d'inondations, cherchez logiquement le point le plus haut. Retenez, enfin, que selon l'ampleur du phénomène, ces mesures seront plus ou moins adaptées.

    A la maison

    Il peut être sage de discuter en famille des mesures d'urgence à prendre, voire de s'y exercer. Les dispositions tiendront compte des risques les plus pertinents dans la région. L'agence américaine de sécurité civile énonce quelques recommandations en matière de prévention, tout à fait valables en France et dont voici un échantillon.

    Se renseigner plus complètement. La sécurité civile peut vous éclairer sur les risques potentiels relatifs à un secteur. Ça peut paraître superfétatoire mais il se peut que vous ignoriez certains des risques majeurs.

    Prévoyez une réunion de famille pour que tout le monde soit bien informé de la conduite à tenir, surtout s'il y a des enfants. Eventuellement, faites des simulations.

    Réfléchissez à la façon la plus sûre de rester en contact en cas de problème, surtout si les membres de la famille doivent être séparés. Attention, compter sur les téléphones, filaires ou cellulaires, n'est pas forcément la meilleure option. Peut-être voudrez-vous prévoir un point de ralliement, avec une possibilité à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison. Prévoyez aussi un point relativement éloigné qui se révélera utile en cas d'impossibilité de se rapprocher du domicile.

    Assurez-vous le concours d'un ami sûr ou d'un membre de la famille mais qui habite loin, de préférence en dehors de la zone à risque. Cette personne pourra agir en tant qu'agent de liaison entre les membres de la famille, voire être jointe par téléphone, si c'est encore possible. Que les coordonnées de cette personne soient bien claires et disponibles pour tous. Pensez aussi à la façon d'évacuer rapidement vos animaux domestiques.

    Laissez près des téléphones les numéros d'urgence et des personnes ressources. Il est très facile de s'en souvenir lorsque tout va bien mais dans un mouvement de panique nos facultés de raisonnement et mémorisation sont dramatiquement perturbées.

    Entraînez-vous avec vos proches à accéder et agir sur les moyens de gestion des sources de gaz, eau, électricité dans la maison. Il faudra rapidement couper ces alimentations en particulier après un tremblement de terre. Assurez-vous que les outils éventuellement nécessaires sont immédiatement à proximité et non au fin fond d'une boite à outils mal rangée ou inaccessible.

    Même si ce n'est pas encore obligatoire en France, des détecteurs de fumée sont une mesure simple et efficace pour la détection des incendies, quelle que soit leur origine, pas forcément naturelle.

    En voiture

    Maintenant, certains passent beaucoup de temps en voiture et restent exposés aux dangers naturels. « Après presque toutes les catastrophes, explique l'Agence américaine de sécurité civile, les équipes de secouristes retrouvent des victimes qui auraient survécu si elles avaient su rester dans leur voiture ou en sortir ». Notre réaction à cet égard est donc déterminante.

    Comment se comporter en cas de catastrophe et si nous sommes en voiture ? Faut-il sortir ou non du véhicule ? Que feriez-vous en cas de tremblement de terre ? Et en cas de tornade, de tempête de neige ? D'inondation ? Tentez de répondre à ces questions avant de lire la suite.

    En cas de tremblement de terre, il est recommandé de rester dans la voiture. Le véhicule sera certainement très secoué mais son système de suspension pourra probablement le supporter. Evidemment, il s'agit également de ne pas rester près d'un bâtiment, d'un pont ou de lignes électriques, en espérant avoir le temps de faire ces choix.

    En cas de tornade, même en France où elle sont relativement moins puissantes, il est recommandé de sortir du véhicule. En effet, la voiture sera très certainement emportée ou projetée. Bien-sûr, l'extérieur ne semble pas accueillant mais l'agence déjà citée suggère, à défaut d'abri solide, de s'allonger à plat ventre dans un fossé ou dans une cavité du sol et de placer les bras sur la tête.

    « Des victimes (...) auraient survécu si elles avaient su rester dans leur voiture ou en sortir ».

    En cas de tempête de neige, concevable dans certaines régions. Il est recommandé de rester dans la voiture. Mieux vaut attendre les secours, et peut-être sera-t-il possible de mentionner votre position par téléphone. Il est encore envisageable d'allumer le moteur de temps en temps pour réchauffer l'habitacle grâce au chauffage, en veillant à l'oxygénation par une fenêtre entr'ouverte. La nuit, si possible de laisser l'habitacle éclairé pour guider des secours.

    En cas d'inondation, phénomène devenu relativement courant dans notre pays. Il est vivement recommandé de sortir du véhicule. L'Agence de sécurité explique : « Si votre voiture cale dans l'eau, sortez-en rapidement et gagnez un endroit plus élevé. L'eau peut continuer de monter, et la voiture être emportée à tout moment. La règle la plus importante est de ne pas céder à la panique ».

    Plus facile à dire qu'à faire mais ces quelques mesures évoquées par anticipation peuvent contribuer à une bonne gestion des évènements. Dans tous les cas, ne faites jamais d'estimation comparative quant aux pertes de vos biens, maison, voiture et votre vie, ou celle de vos proches. Dans de telles circonstances, outre les considérations éthiques, les chances de survie varient en quelques secondes seulement.

    VR2 ne cède pas au catastrophisme exacerbé. Au contraire, dans l'esprit de la formation, il s'agit d'anticiper, de se préparer à des conditions inhabituelles, en espérant n'avoir jamais à en vérifier l'utilité. Mais nier le danger ou se montrer désinvolte serait une vraie catastrophe.

    F. Huguenin - VR2

     

    * Le Cloud (le nuage) est un service permettant de stocker des données sur un serveur. Ainsi, au lieu de stocker des documents dans votre ordinateur, ils sont enregistrés sur un serveur distant, loué par une société. Ils sont accessibles depuis à peu près n'importe où, par voie internet. L'espace de stockage est protégé et plus ou mois important selon le type d'abonnement.

     

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