N°45 - La Newsletter VR2 - Vie professionnelle

« Porter la liberté est la seule charge qui redresse bien le dos.  » – Patrick Chamoiseau, Texaco.

Le mal de dos

Une jeune femme met ses mains sur son dos douloureux © pablocalvog - Fotolia.com

Le mal de dos complique la vie de tous les jours.

Le mal de dos est un phénomène très répandu. On le soigne ou on le supporte mais il serait intéressant de traiter les causes. Souvent, mauvaise posture, muscles atoniques et stress figurent sur la liste.

Le mal de dos, parfois surnommé le mal du siècle, semble assez « équitable » dans sa distribution.

Pratiquement toutes les catégories professionnelles sont touchées, la parité hommes/femmes est vérifiable, à peu près à tous les âges (50% des enfants ont mal au dos et parfois dès 8 ans).

Pour une fois, que l'on ait le « bras long » ou le « dos large », cela ne semble pas faire de différence. Et ça ne s'arrête pas là.

80 % des français souffrent du dos

L'essentiel

  • Le mal de dos touche une majorité de la population.
  • Les causes sont très variables, avec des dominantes toutefois : la hernie nucléaire discale et les contractures musculaires.
  • Le mal de dos pèse lourdement sur la vie professionnelle, en termes d'activité et de coût.
  • On peut s'appliquer à anticiper sur les problèmes de dos, moyennant une bonne hygiène de vie physique et psychique.
  • En effet, tous les aspects de la vie sont ensuite touchés par ce problème. Qu'est-ce à dire ? Votre emploi, vos revenus, votre famille peuvent se trouver indirectement affectés par le mal de dos. Des troubles du psychisme apparaissent parfois. La douleur génère en effet stress, tension, anxiété, voire dépression. Et ces mêmes maux contribuent au mal de dos !

    En France, près de 80 % de la population souffriraient de mal de dos, toutes versions confondues (tour de reins, lombalgie, lumbago, sciatique, hernie...). Le mal de dos est la première cause d'invalidité avant 45 ans. Il coûte chaque année 1,5 milliards d'euros à la sécurité sociale et fait perdre 3 600 000 journées de travail. Il représente 13% des accidents du travail chaque année. Des chiffres qui font froid dans le dos.

    Il y a diverses causes possibles au mal de dos. Citons le stress, le manque d'activité physique, la dépression, un déplacement de vertèbres, des problèmes gastriques, le surpoids, une carence en vitamine D, l'ostéoporose, des problèmes dentaires, la fibromyalgie...

    Nous parlerons ici surtout des deux principales causes connues : la hernie discale et les contractures musculaires.

    La hernie discale

    En réalité, il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une hernie du disque intervertébral mais d'une hernie du noyau du disque, d'où le nom de hernie nucléaire discale. Peu importe, direz-vous, ça fait très mal.

    Le mal de dos coûte chaque année 1,5 milliards d'euros à la sécurité sociale.

    Au-delà d'un certain âge — malheureusement très bas, environ 20 ans — le noyau du disque, gélatineux, perd de sa souplesse et de son humidité. Sous l'effet de fortes pressions, souvent en zone lombaire, ce noyau se voit comprimé, voire expulsé, en cas de fissuration de l'anneau fibreux qui le contient. A propos de ces disques et de leurs noyaux, la revue Fortune a écrit: « Une fois atteint un certain degré de dégénérescence, le moindre effort, parfois le simple fait d'éternuer ou de se pencher pour déplacer une chaîne hi-fi, peut être la paille qui va les briser. »

    Ce pourrait être sans grand dommage mais cette hernie peut comprimer un nerf, allant parfois jusqu'à provoquer l'interruption des signaux nerveux qui transitent dans cette zone. Un classique est l'écrasement du nerf sciatique, avec des effets plus ou moins étonnants ou douloureux. Des hernies à d'autres « étages » de la colonne vertébrale peuvent entraîner, outre la douleur, des problèmes de vessie, d'intestins avec des inconvénients divers mais rarement hilarants.

    Les contractures musculaires

    Le dos est une partie du corps riche en muscles. Ils ont pour mission très importante de maintenir la colonne vertébrale et par là, l'ensemble du corps. Nous serions sinon des poupées de chiffons. Mais si un ou plusieurs de ces muscles se contractent en crampe, ils immobilisent la personne dans des douleurs intenses. Et ces crampes ne préviennent pas.

    Pour des médecins, cette réaction du corps est finalement salvatrice. Un ouvrage des éditions Time-Life, Le bon dos (angl.), fait cette observation : « En vous immobilisant le dos, la contracture vous oblige à faire ce qu'il y a de mieux : vous allonger. D'une part, cette position soumet votre dos à un minimum de contrainte, d'autre part, elle permet au tissu enflammé de se réparer de lui-même. » De cette façon, les muscles risquent moins de subir des dommages plus graves. Vu comme ça, ça paraît simple. Dans la pratique, suivre cette prescription s'avère souvent délicat.

    Prévenir le mal de dos

    Le mieux est encore d'anticiper sur ces complications. Si la plupart des maux de dos sont liés à des insuffisances musculaires, alors une bonne préparation physique pourra limiter les dégâts. Il s'agit en l'occurrence de renforcer les muscles en général, ceux du dos et ceux de la ceinture abdominale en particulier. Si les zones du dos, du ventre et des cuisses restent toniques, la ceinture musculaire ainsi entretenue remplira probablement son office de maintien, même en cas d'effort. Tous à vos bancs et à vos barres, avec prudence et conseils si besoin.

    En termes de prévention, citons également le soin apporté à la posture, le facteur poids et la réduction du stress.

    La notion de posture est importante. Une bonne posture respecte la courbe naturelle en S de la colonne vertébrale et n'implique pas d'avoir une colonne droite comme un I. Robin McKenzie, dans le livre Soignez vous-même votre dos (angl.), explique : « Si elle n'est pas rectifiée, la mauvaise posture provoque avec le temps des modifications dans la structure des articulations. Il se produit une usure excessive, qui conduit à un vieillissement prématuré des articulations. » Concernant la posture, voici quelques conseils à tendance professionnelle :

    Lorsque vous voyagez, préférez les bagages à roulettes, ou un petit chariot pliant. Portez des bagages légers en bandoulière.

    Si vous travaillez surtout en bureau, alternez position assise et position debout. Utilisez éventuellement une surface de travail à hauteur de la taille.

    Si vous devez absolument rester assis longtemps, choisissez une chaise avec un bon dossier. De temps en temps tout de même, levez-vous et marchez.

    En voiture, sur une longue distance, respectez les temps de repos. Eventuellement, placez un coussin dans le creux de vos reins s'il n'y a pas de gonfleur lombaire.

    Si vous devez portez des chaussures à hauts talons, emportez aussi une paire plus confortable que vous mettrez dans les moments moins formels.

    Faites quelques exercices pour le dos, 10 à 15 minutes par jour.


    « La mauvaise posture provoque une usure excessive (...) qui conduit à un vieillissement prématuré des articulations ».

    Le surpoids contribue au mal de dos, en particulier en modifiant le positionnement du dos pour compenser les surcharges pondérales, en particulier sur l'abdomen, une zone qui a bon dos en matière de reproches. Voilà pourquoi l'exercice physique est recommandé. Non seulement pour la perte de poids mais encore pour le renforcement musculaire.

    Le stress reste un candidat fréquent pour l'apparition de douleurs dorsales. Il induit des contractions et de mauvaises postures. Ne dit-on pas « en avoir plein le dos » ? Les tensions d'abord psychiques se répercutent sur l'organisme, souvent le dos et les épaules. On a alors plutôt affaire à des soucis de contractures musculaires. Relaxation et étirements sont déjà des solutions.

    Des traitements existent, il faut voir avec un médecin et nous insistons surtout sur la prévention. De plus en plus de spécialistes recommandent de travailler surtout la musculature et les postures, et de gérer le stress. On touche ainsi aux causes probables du mal et pas seulement aux symptômes. Dans certains cas, la chirurgie sera le dernier recours et c'est un choix parfois difficile et toujours personnel. D'ailleurs, et sans vouloir casser du sucre sur le dos des chirurgiens, selon un orthopédiste, Garth Russell, de coûteuses opérations pourraient être évitées : « 90 % des cas d'inflammation soudaine ou aiguë à l'origine des douleurs de dos (généralement après une activité physique) ne sont dus qu'à des contractures musculaires et peuvent être soulagés en s'alitant deux ou trois jours ».

    Une autre piste, très récente, révélée par une équipe danoise explique qu' « une bactérie serait présente dans plus d'un tiers des cas de lombalgie chronique avec hernie discale. Les douleurs pourraient donc être traitées avec des antibiotiques. » – sources : Le Figaro. A vérifier, mais c'est intéressant pour ceux qui souffrent le plus.

    Pas de solution miracle, donc, pour prévenir ou lutter contre le mal de dos mais un lot de précautions relativement faciles à mettre en œuvre et avec des résultats tangibles. En attendant, la douleur dorsale aura révélé son pouvoir fédérateur en se mettant tout le monde à dos.

     

    F. Huguenin - VR2

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