N°44 - La Newsletter VR2 - Documentaire

« La technologie peut être utilisée pour le meilleur ou le pire. Elle a transformé notre manière de vivre. » –  Hugh Montefiore, Confirmation Notebook

La technologie : un peu, beaucoup...

Regard bleu...

La technologie : garder le bon point de vue sur un bon serviteur et un mauvais maître.

La technologie est omniprésente et rend de nombreux services. Selon certains, son usage excessif pourrait conduire à des défauts cognitifs, physiques et psychologiques.

Difficile de trouver un endroit sur la planète où le téléphone portable ne s'est pas encore imposé. Même au fin fond de contrées réputées « sauvages », il est courant de voir apparaître le précieux objet dans des mains où on ne l'y attendait pas forcément : paysan en Afghanistan, esquimaud sur la banquise, moine sur un bastion himalayen... mendiant au bord du Gange...

La technologie : diffusion ou invasion ?

L'essentiel

  • La technologie, classique ou nouvelle, est largement présente dans notre vie. Elle évolue très vite et rend de nombreux services utiles.
  • Certains y voient une menace pour l'intégrité de l'homme, physiquement, mentalement et psychologiquement.
  • Par exemple, elle altérerait nos facultés de perception et de traitement de l'information au point d'atrophier des fonctions sensorielles et cognitives.
  • Pour ne parler encore que du téléphone, on estime que dans au moins 30 pays il y a plus de téléphones portables que d'habitants. La technologie est partout et sous toutes les formes, du robot-mixeur à tout faire à la visio-conférence par satellite, en passant par les systèmes de positionnement géographiques, la domotique et la télévision en trois dimensions.

    Cette technologie a du bon. Elle agrémente, simplifie, facilite la vie et contribue à sa qualité. Les récentes avancées en milieu médical, par exemple, permettent des investigations et des interventions encore inespérées il y a peu. Et qui a encore envie de se lever pour changer de chaîne sur son téléviseur... ?

    De véritables prouesses technologiques sont aujourd'hui à la portée de tous. Le Washington Post écrit qu'un smartphone « a une puissance de traitement supérieure à celle dont disposait le Commandement de la défense aérienne de l'Amérique du Nord en 1965. »

    Il y a cependant le classique revers de la médaille. Si, en termes de communication, on atteint une disponibilité maximale, les gens sont joignables quasiment partout et à tout moment, au point de nuire à la vie privée. Un phénomène généralement reconnu est celui de la distraction (au sens de dispersion) perpétuelle. On est souvent sollicité sur plusieurs fronts à la fois « grâce » à la technologie. Or, ceci compromet notre efficience.

    « Serons-nous capables de choisir les éléments de la technologie qui améliorent la qualité de vie et d'éviter ceux qui la détériorent ? » – David Baltimore

    Selon Jordan Grafman, spécialiste en neurosciences, « Il est presque impossible d'acquérir une connaissance approfondie d'une tâche qu'on mène [en même temps que] d'autres. » Faire correctement plusieurs choses en même temps relève presque du mythe, à moins d'une grande différence entre les types de tâches, et encore. Nous distribuons un nombre limité d'unités d'attention qui se répartissent entre des activités ou des pensées concurrentes. Ce que l'on accorde à l'une n'est plus disponible pour une autre. Du coup, on mettra certainement « beaucoup plus de temps – souvent le double, voire davantage – à terminer les différentes tâches que lorsque chacune est traitée en continu », dit un article du Time.

    Mais il y aurait aussi les effets délétères de cette « culture de l'interruption », en particulier un étiolement de nos facultés de concentration. Cette altération risque d'entraîner ensuite des difficultés de compréhension, de mémorisation, d'apprentissage, de langage et de maîtrise de soi. Ces anomalies sont perceptibles dès les premières années de scolarité et perdurent à l'âge adulte, même si on ne peut pas seulement incriminer l'usage excessif des outils technologiques.

    Ces moyens, en particulier ceux de communication, ont également des répercussions sur nos comportements sociaux. La mode est aux réseaux sociaux mais renforcent-ils réellement le lien social ? Une « amusante enquête » menée par des particuliers attire notre attention. On y présente une série de photos prises en diverses circonstances...

    Dans un café, quatre jeunes gens autour d'une table. Les quatre ont le regard rivé sur leur téléphone. Belle conversation... A la plage, sur un banc, quatre beaux jeunes gens. Chaque élément de cette belle brochette consulte son téléphone, tournant le dos à la mer. La même chose lors d'un dîner ou d'un rendez-vous amoureux ! Enfin, au musée. Trois jeunes gens complètement absorbés dans le suivi de leur messagerie. Sans un regard vers les œuvres autour d'eux... Bien-sûr, pour ces photos, les instants ont été choisis, quoique pris sur le vif. Mais en regardant autour de nous, ces « instants » sont relativement fréquents et la caricature à peine exagérée.

    Technologie : je t'aime... Moi non plus... ?

    Aurions-nous atteint ce que le célèbre physicien Albert Einstein redoutait : « Je crains le jour où la technologie prendra le pas sur les échanges humains. Le monde aura une génération d'idiots. » Exagération, là encore ?

    Il est indiscutable que le défaut d'usage – qu'elle qu'en soit la raison – de nos facultés de réflexion, mémorisation et communication tende à diminuer nos compétences en ces domaines. Par exemple, et pour choisir une application précise, une très récente étude conduite par une université de Montréal semble montrer qu'un usage intensif d'un système de positionnement géographique (GPS) atrophie une région du cerveau, l'hippocampe, indispensable à la mémoire.

    Pour faire court, disons que tout ce qui limite notre capacité, et surtout, notre envie d'exploration, de curiosité et de découverte est potentiellement nuisible à nos facultés cognitives. Les nouvelles technologies, dont internet et sa propension à la dispersion, brideraient, paradoxalement, ces aspirations. « Pourquoi apprendre et chercher si Google le sait et sait où le trouver ? », pour parodier à l'excès une réflexion très en vogue... sur internet. On retrouve toutefois l'image souvent évoquée sur ce site : à force de prendre l'ascenseur sans réel besoin, on ne pourra bientôt plus monter les escaliers.

    « L'homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique. » – Albert Einstein

    Bien entendu, un autre camp soutient le contraire. Les nouvelles technologies seraient, selon ses partisans, des stimulations supplémentaires et vertueuses. Question d'éducation. A chacun de se faire son idée mais, prudence, il pourrait être trop tard pour faire marche arrière, selon nos choix.

    Cela va encore plus loin. Il est en effet très vraisemblable que l'usage excessif de technologies domestiques, cette fois, influence notre humeur. Limiter nos mouvements et manipulations diminuerait d'autant la stimulation sensorielle et, par là, le rapport que notre cerveau établit avec notre environnement. Les circuits neurophysiologiques de perception, d'effort et de contrainte réduits à leur minimum, inhibent la production des neurotransmetteurs de récompense et de satisfaction. S'amenuise alors la sensation de plaisir, de contrôle de soi et de l'environnement, augmentant la vulnérabilité psychologique. Certains chercheurs établissent ainsi un lien entre la « pauvreté » des stimulations sensorielles, en particulier kinesthésiques (liées au mouvement) et la dépression. Pour vivre mieux, bougeons plus.

    Evidemment, il n'est pas indispensable de revenir au moyen âge sous prétexte de stimulations supplémentaires. Peu de personnes seraient prêtes à renoncer à leur machine à laver pour le « plaisir » de laver à la main, même si c'est au lavoir où le contact de l'eau glaciale garantit une stimulation sensorielle indiscutable. Il y a un équilibre à trouver.

    VR2 ne tranchera pas ici formellement quant à ce qu'il convient de faire ou non. Cela dit, l'humain reste la principale de nos préoccupations. La formation s'appuie sur la technologie. Vous lisez cet article par un biais informatique, grand ou petit. Les actions de formation suggèrent le développement du potentiel humain, mental et psychologique. Tout ce qui ira dans ce sens sera considéré avec attention. Pour nous contacter à ce propos, essayez tout de même autre chose que les signaux de fumée...

     

    F. Huguenin - VR2

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