N°48 - La Newsletter VR2 - Vie professionnelle

« La meilleure condition de travail, c'est les vacances. ». – Jean-Marie Gourio, Brèves de comptoir

L'environnement de travail

Une femme coincée dans un carton-bureau © gemenacom - Fotolia.com

L'environnement humain et matériel au travail influe sur nos comportements.

On parle beaucoup de qualité de vie au travail. Il semble que soit enfin admis le postulat selon lequel des employés qui exercent dans de bonnes conditions sont plus motivés, plus efficaces et assidus. En d'autres termes, ils sont plus heureux, pour le plus grand bien de l'entreprise.

Ce bien-être vaut autant pour les aménagements fonctionnels des postes de travail et annexes (stationnement, salle de sport, garde d'enfants, etc.) que pour la considération individuelle portée aux salariés. Une cage, fut-elle dorée, ne conviendrait pas à elle seule.

C'est donc un ensemble d'observations, parfois difficiles à circonscrire, ainsi que leur combinaison, qui auront pour résultante un environnement propice à l'épanouissement de l'entreprise et de ceux qui la font vivre.

VR2 choisit aujourd'hui de vous parler de « petites » choses, de petites causes auxquelles on ne pense pas forcément et qui induisent cependant des effets conséquents, parfois inattendus.

L'environnement humain

L'essentiel

  • L'environnement humain est essentiel en entreprise. De lui dépendent souvent motivation et confort au travail.
  • L'environnement matériel joue lui aussi un grand rôle. On aurait tort de négliger ce qui semble peu important et qui peut pourtant se révéler décisif en matière d'efficacité et de bien-être.
  • La proximité

    Travailler en bonne compagnie est un privilège appréciable. De bonnes relations internes contribuent au bien-être. Oui, mais voilà, sans parler de dissensions, la proximité, voire la promiscuité, peuvent générer quelques inconvénients, en particulier dans les fameux open spaces.

    Le site du Figaro recense quelques doléances propres à cet environnement. On y trouve des grandes tendances avec, dans le désordre : « Les comités de commérages intempestifs; le mâchonnement frénétique du chewing-gum ou du stylo; en hiver, les collègues qui reniflent; ceux qui passent leur vie au téléphone et qui parlent trop fort; les gens qui (...) mangent des trucs horribles et qui empestent, ou celui qui marche comme un hippo (sic); les bracelets métalliques qui claquent contre le bureau toute la journée. Ajoutons ceux qui n'offrent jamais de préparer du café ou du thé et, le pire, paraît-il : la mauvaise odeur ».

    Avez-vous reconnu quelqu'un ? C'est possible. Dans ce cas, pourquoi n'iriez-vous pas lui en parler ? D'après une enquête, nous hésitons peut-être parce que nous ne sommes pas bien sûr que nous n'avons pas nous-mêmes certains de ces travers à nous reprocher. Et il ne va pas être simple non plus d'avouer à un collègue que son odeur corporelle nous indispose... Cela dit, il est admis que ces (mauvaises) habitudes nuisent finalement à la productivité.

    Puisque nous parlons de la charmante compagnie de nos collègues, allons encore un peu plus loin.

    Le langage grossier

    « Le juron peut avoir un effet destructeur sur la productivité, la dignité ou la santé d'un employé ».

    Au Canada, La Gazette de Montréal rapporte que les jurons deviennent très courants au travail. Et il n'est pas nécessaire d'aller aussi loin pour s'en convaincre. Ça peut paraître anodin mais des spécialistes soutiennent que la grossièreté augmente le stress au travail. Karen Harlos, professeur de comportement organisationnel à l'université McGill, fait remarquer : « S'il s'agit d'une critique, le juron peut avoir un effet destructeur sur la productivité, la dignité ou la santé d'un employé ». Ce serait « souvent le patron [qui] donne le ton » incitant implicitement les autres à l'imiter. En effet, les dirigeants influencent fortement le climat qui règne en entreprise. Si leur comportement indique le respect et la dignité, il est plus que probable que les employés se sentiront en sécurité et valorisés.

    Un cabinet d'avocats français explique, par exemple, que « les propos grossiers tenus par le salarié à l'égard d'un(e) collègue au cours d'un repas d'entreprise devant d'autres employés qui en attestent ne constituent pas des faits ressortant de la vie privé ». En conséquence, des sanctions sont possibles, jusqu'au licenciement. Des paroles ou encore des gestes ou des dessins injurieux ou déplacés ne sont pas a tolérer dans l'entreprise. Ni ailleurs. Dans le cas de paroles désobligeantes, La Gazette suggère d'aller vers « la personne qui, pour vous, dépasse les limites et [de] lui demander poliment d'arrêter de jurer en votre présence ».

    L'environnement matériel et opérationnel

    « Café ? »

    Pour nous remettre de ces émotions, allons plutôt prendre un « petit café ». Oui, mais là encore, prudence. Tout dépend encore du dispositif de détente. Certaines entreprises ont louablement équipé un espace des matériels et ustensiles utiles à une pause réconfortante. Parmi ces ustensiles, des tasses, des verres et autres mugs. C'est sympatique, écologique, économique. Mais est-ce bien hygiénique ? Ça dépend de la tactique...

    Le Toronto Star pourrait bien freiner nos envies : « De minuscules fauteurs de troubles, dont certains, tel E. coli, donnent carrément des frissons, se multiplient allégrement faute d'un lavage correct des tasses ou d'une désinfection convenable de l'évier ou du plan de travail dans la plupart des bureaux ».

    Charles Gerba et Ralph Meer, chercheurs, ont analysé les tasses et cafetières d'une douzaine de bureaux. Environ 40 % des tasses et 20 % des éponges ramassées dans les éviers abritaient des coliformes, dont la parfois dangereuse E. coli. « En général, cela révèle un défaut d'hygiène, dit Charles Gerba. En l'absence de machine à laver la vaisselle, les tasses doivent être lavées à l'eau chaude et savonneuse, puis passées à l'eau de Javel diluée ou à un autre désinfectant. Les chiffons et les éponges doivent être lavés régulièrement ». A quand remonte la dernière vaisselle intégrale de votre espace détente... ?

    Les fenêtres

    L'espace où vous travaillez est-il équipé de fenêtres ? Il peut s'agir d'un atelier et dans ce cas, les fenêtres peuvent être rares ou peu propices à laisser entrer la lumière. Si vous travaillez en extérieur, la question ne se pose pas. Pour ceux qui travaillent en bureau ou équivalent, il y a des disparités.

    Une étude américaine (université du Michigan) révèle l'importance d'une (ou plusieurs) fenêtres. On pourrait d'abord penser que la possibilité de voir à l'extérieur est un facteur de distraction nuisible. En réalité, cela dépend de ce que l'on peut voir, du paysage ou des éventuelles activités humaines. Dans certains cas, la tentation de céder à la rêverie peut paraître compromettante. Mais ces « défauts » sont minimes et non avérés.

    « Les employés ayant une vue sur l'extérieur sont plus enthousiastes dans leur travail ».

    Selon les résultats mentionnés dans Business Week, « les employés ayant une vue sur l'extérieur sont plus enthousiastes dans leur travail, moins frustrés, plus patients, mieux concentrés et moins malades ». D'autres approches concluent encore que l'on dort mieux après une journée suffisamment exposée à la lumière naturelle.

    En revanche, les personnes qui n'ont pas cette possibilité, comme celles qui s'activent dans des boxes, sont reconnues « moins créatives et plus irritables » et ont plus de mal à se concentrer. N'importe quel employeur ou manager pourra rapidement convertir ces données en expressions d'efficacité et de rendement.

    Et cela va plus loin. L'article R. 4223-3 du Code du travail dispose que « les locaux de travail disposent autant que possible d'une lumière naturelle suffisante ». S'ajoutent encore des recommandations formelles quant à l'aération minimale et contrôlée si elle n'est pas naturelle. La jurisprudence peut considérer que l'affectation d'un salarié dans un bureau sans fenêtre fait présumer l'existence d'un harcèlement moral ! Ce sera examiné au cas par cas mais une certaine prudence s'impose quant à utiliser des locaux dépourvus des précieuses ouvertures. Pas de doute, le travail dans un espace sans fenêtres, c'est la porte ouverte aux complications.

    Le manque de travail

    Il est temps de s'y remettre. Mais à condition d'avoir suffisamment de travail. Il peut paraître ridicule d'évoquer le cas où un employé n'aurait pas grand'chose à faire. Même, il est facile d'en plaisanter en disant que ce serait bien agréable que d'être payé à ne rien faire. Agréable ? Pas tant que cela.

    Une compagnie d'assurance britanique s'est intéressé à la question. Elle conclut sans équivoque que le manque de travail génère bien plus de problèmes que d'avantages. En effet, celui ou celle qui manque de travail, bien qu'employé d'une entreprise, finit par s'ennuyer, ce qui génère des troubles de la santé. Une telle situation conduit à se sentir inutile et incompétent ce qui entraîne tension et déprime. Ces sentiments nuisent ensuite à sa vie personnelle et familiale. Le célèbre burn out a son pendant, le syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui ou bore out.

    Paradoxalement, ceux qui vivent de tels excès hésitent à demander du travail en plus. Il est vrai que la question est un peu tabou... et risquée. Ils mettent alors en œuvre des stratégies compensatoires plus ou moins pertinentes. Pour leur part, des employeurs ou managers préfèrent crouler sous le travail plutôt que de déléguer et partager les tâches. Finalement, ces déséquilibres dégénèrent en maladie et absentéisme, des défauts qui coûteraient annuellement 360 millions de journées de travail en Angleterre.

    Décidément, l'environnement du travail est un milieu complexe. VR2 s'applique à donner des pistes susceptibles de favoriser vos activités professionnelles. Visitez les liens issus de l'article, ou en liens connexes, et voyez comment ils peuvent s'adapter à vos besoins. Parlez de ce que vous lisez autour de vous, que ce soit dans l'espace détente, avec une tasse (propre) à la main ou à votre bureau, près de la fenêtre, ou parce que vous avez un peu de temps disponible. Vous craignez que vos collègues vous le reprochent ? Montrez-leur cet article, ils n'oseront plus...

     

    F. Huguenin - VR2

     

     

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