Objectif formation - VR2

« Il ne sert à rien d'éprouver les plus beaux sentiments si l'on ne parvient pas à les communiquer. »
– Stefan Zweig, Clarissa

Pourquoi des formations à la
Langue des Signes Française ?

Une jeune femme sourde signe

C'est bon « signe » pour la formation...

En milieu professionnel, l'usage de la langue des signes française (LSF) est une démonstration de qualité, de compétence et de respect, y compris de la loi. Et il y a de véritables besoins.

- Pourquoi (se) former à la langue des signes française ?

La surdité est trés probablement le handicap le plus courant en France (plusieurs millions de personnes concernées).

S'il est difficile d'être précis, on recense environ 500 000 sourds profonds pour qui la langue des signes est le moyen de communication le plus naturel. Il faut y ajouter des milliers d'autres, atteints de surdité à des degrés divers, et qui pratiquent également cette langue, plus « confortable » pour eux.

En contexte professionnel, la qualification de personnels en mesure d'accueillir les personnes sourdes dans de meilleures conditions de communication valorise l'image de l'entreprise et répond à de réelles attentes.

Des formations, même sommaires, à la langue des signes française, facilitent de telles relations. Ces formations répondent également aux attentes du dispositif « loi du 11 février 2005 ».

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- Quel rapport y-a-t-il entre la LSF et la loi du 11 février 2005 ?

Rappelons que la loi du 11 février 2005 déclare, entre autres : « La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie ».

La compensation première du handicap de surdité consiste en l'apprentissage de la langue des signes française.

Il est donc opportun d'envisager des formations pour au moins sensibiliser, voire préparer les personnes entendantes à la communication avec les personnes sourdes. VR2 propose des formations plus ou moins longues sur ce thème : sensibilisation, initiation, perfectionnement.

Aussi surprenant que cela paraisse, la langue des signes a été interdite dans le milieu scolaire et éducatif français jusqu'en 1980 (1992 dans certaines régions). Si vous vous demandez pourquoi, voyez en annexe le lien vers l'article « Connaissez-vous l'histoire de la LSF ? ». Ce n'est que depuis 2005 que la LSF est reconnue comme une langue à part entière. Il y a donc un véritable besoin.

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- Pourquoi parle-t-on de langue des signes « française » ?

Parce que la langue des signes n'est pas internationale. La langue des signes française (LSF), comme les autres langues signées, est une langue à part entière et propre à notre pays. Il existe ainsi les langues des signes anglaise, américaine, portugaise, etc. La langue des signes n'est pas un simple transfert de paroles en « gestes ». Elle réclame un véritable apprentissage et de la pratique, incorporant grammaire et culture spécifiques à la LSF.

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- Pourquoi ne pas communiquer simplement par écrit ?

Parce que la lecture et l'écriture peuvent être problématiques pour un sourd.

Imaginez que vous vous trouviez dans un pays étranger et inconnu pour vous, derrière une vitre étanche aux sons. Au-delà de la vitre, vous voyez des gens qui bougent les lèvres et qui vous présentent des formes écrites nouvelles. Avec ça, vous êtes censé communiquer et apprendre la langue ! C'est la situation qu'ont vécu (et vivent encore) l'immense majorité des sourds.

En général, les entendants apprennent le code écrit en l'associant aux sons de la langue parlée. Mais si vous n'avez jamais entendu un son ou une parole, c'est un vrai défi que d'apprendre un code de lettres renvoyant à des sons que l'on n'entend pas prononcer. C'est un peu comme une personne aveugle qui apprendrait à peindre.

Il convient alors d'être prudent et délicat lorsque l'on choisit de communiquer par écrit avec une personne sourde et dans ce cas, plutôt à sa demande. Un sourd préférera toujours une expression gestuelle, fut-elle complètement improvisée.

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- Pourquoi parle-t-on de « sourds-muets » ?

Parce que c'est une expression courante, intégrée au vocabulaire « entendant », mais elle est impropre et « obsolète » d'un point de vue culturel.

De la fréquente et compréhensible difficulté des sourds à s'exprimer à l'oral (ils ne s'entendent pas parler), beaucoup ont conclu à la mutité. Or, un sourd dispose généralement de cordes vocales intactes. L'expression orale n'est pas le canal naturel d'expression des sourds, d'où un usage réduit à l'indispensable, généralement en présence d'entendants. L'amalgame est ainsi vite fait entre surdité et mutité.

Les sourds sont simplement appelés « sourds ».

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- Quelles formations LSF sont nécessaires pour communiquer avec des personnes sourdes ?

Comme pour toute langue, la langue des signes requiert de nombreuses heures d'apprentissage et de pratique lorsqu'on veut la maîtriser sérieusement.

Néanmoins, des bases peuvent suffire dans certaines circonstances. Accueillir une personne sourde avant de l'orienter vers un service ou une personne plus compétente réclame déjà moins de formation. Par exemple, certaines entreprises ont choisi de former plus complètement une ou plusieurs personnes référentes tandis que leurs collègues se « contentent » des fondamentaux.

Si vous souhaitez maintenant communiquer quotidiennement avec des sourds et sur toutes sortes de sujets, vous devrez nécessairement prévoir un apprentissage long.

Considérez qu'une formation minimale d'une quarantaine d'heures constitue un socle déjà utile. En-deçà de cette option, il s'agira d'actions de « sensibilisation », pour les personnels recevant trés occasionnellement et brièvement des personnes sourdes.

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- Je ne connais pas la LSF, est-ce que je peux quand même communiquer avec une personne sourde ?

Oui... mais dans des conditions bien plus précaires. C'est un peu comme se retrouver dans un pays étranger dont on ne parle pas du tout la langue et sans avoir recours à une langue véhiculaire, comme l'anglais, à quoi il faut ajouter les particularités de la culture sourde.

Par exemple, pour attirer l'attention d'une personne sourde, vous pouvez lui taper doucement sur l'épaule, lui faire un signe si vous êtes dans son champ de vision. Ou encore, donner quelques coups sur le sol, allumer et éteindre la lumière, si cela s'y prête. Ce sont là des convenances admises par la culture sourde.

Mais en général, il s'agit plutôt de « deviner » si la personne qui vient vers vous est sourde ou non ! Pour cela, quelques signes de base vous seront particulièrement utiles. L'important est de maintenir un contact visuel continu, même si vous ne signez pas (signer = communiquer en langue des signes).

Ensuite de quoi, lâchez-vous ! Il vous appartient de recourir au mime, aux expressions du visage, aux gestes improvisés, des habitudes peu encouragées dans la culture entendante. Cela dit, ce n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Si vous voulez tester votre capacité à l'expression non-verbale, essayez de raconter vos vacances à un proche sans émettre la moindre parole ni recourir à un support graphique...

Restez humble et considérez que vos efforts, peut-être maladroits, seront appréciés, même en cas de « malentendu ». Ne soyez jamais condescendant. Les sourds n'entendent pas mais sont trés observateurs. Le mieux reste encore d'apprendre la langue des signes, même à un niveau modeste ; une personne sourde sera touchée par cette courageuse initiative. Et vous aussi, en entrant dans cet univers où le silence est d'or.

 

F. Huguenin - VR2
Formateur LSF

 

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