Documentaire - VR2

« Savoir n'est pas savoir, si personne d'autre ne sait ce que l'on sait. » – Caius Lucilus

Les origines du savoir

Savoir et berceau de l'humanité

C'est du Proche-Orient qu'émanent la plupart des connaissances scientifiques.

Le rôle des érudits arabes

Outre d'immenses travaux de traduction, les savants arabes ont contribué à l'enrichissement des connaissances.

L'astronomie : science des sciences en Orient

Parmi les spécialités des érudits arabes, l'astronomie, une science qui sera largement enseignée en Orient.

Culture et lecture

Traductions et productions d'ouvrages ont conduit à l'apparition de remarquables bibliothèques en langue arabe.

Astrolabe et sciences de la navigation

Les scientifiques arabes ont amélioré les sciences astronomiques, mathématiques, la navigation.

C'est du Proche-Orient, dès le moyen-âge, qu'émanent les sciences les plus utiles encore aujourd'hui. Jusque-là, l'Europe stagne dans un certain obscurantisme scientifique. C'est par la langue arabe que le savoir s'y démocratise ensuite.

Savez-vous d'où viennent les spaghettis ? La pizza est-elle bien italienne ? Le hamburger vient-il d'Amérique ou d'Europe ? Dans certains cas, nous répondons formellement à de telles questions. Dans d'autres, il y aura peut-être une hésitation. Parfois, la véritable réponse nous étonne.

En réalité, l'historique des ces aliments, pour documentaire qu'il soit, a relativement peu d'importance. Nous ne discuterons pas du bien fondé de leur invention tant nous en apprécions probablement la consommation ! Il en est de même pour bien d'autres choses encore, dont nous ignorons les origines, sans nous priver de leur usage.

Savoir et berceau de l'humanité

Le savoir fait partie de ces choses. Or, sur ce chapitre, si nous devions dessiner une carte des origines des savoirs les plus utiles et répandus aujourd'hui, nous nous apercevrions vite que leur source géographique et culturelle coïncide avec l'histoire des peuples, avec l'histoire de l'homme. Et en nous intéressant au creuset des sciences les plus fondamentales, nous découvrons que leur émergence est liée avec l'histoire de pays dont les noms résonnent encore aujourd'hui pour leur complexité géopolitique.

C'est en effet au Proche-Orient que nous conduit notre approche des origines du savoir. Aux VIIe et VIIIe siècles de notre ère, deux puissances s'y distinguent : d'abord la dynastie des Omeyyades, puis celle des Abbasides.

Les Omeyyades forment la « dynastie de califes arabes qui a régné sur l'ensemble de l'Empire musulman (califat omeyyade, 661-750), depuis sa capitale Damas (aujourd'hui en Syrie), puis dans la seule péninsule Ibérique avec l'émirat de Cordoue (756-1031, érigé en califat rival des Abbassides en 929) ». Les Abbassides sont la « troisième dynastie de califes arabes qui a régné, depuis sa capitale Bagdad (aujourd'hui en Iraq), sur l'ensemble de l'Empire musulman (califat abbasside, 750-1258) après avoir mis fin au califat des Omeyyades ; le califat abbasside, devenu purement nominal, a ensuite été transféré au Caire (1258-1517) » (Sources : encyclopédie Larousse en ligne).

L'instruction comme base de construction.

Les sujets de ces califats, recensés en Arabie, Asie mineure, Égypte, Palestine, Perse et Irak, ont subi l'influence des cultures Grecque et Indienne, elles-mêmes trés riches en matières d'érudition, d'expérience et d'histoire. Les souverains Abbassides se révélèrent trés ouverts à l'échange, l'étude et le partage des savoirs. Dans la capitale de l'époque, Bagdad, se côtoyaient les élites intellectuels arabes, arméniens, berbères, chinois, coptes, grecs, indiens, juifs, perses, turcs et sogdiens (un peuple d'Asie centrale vivant au-delà du fleuve appelé aujourd'hui l'Amou-Daria). Par tradition, les échanges plaçaient les sciences au coeur des recherches et des centres d'intérêts mutuels.

Dans ce vivier de découvertes et d'instruction, les dirigeants abbassides encourageaient formellement à développer les savoirs dans l'intérêt de l'empire. L'instruction comme base de construction. On a alors rassemblé des milliers de livres, de toutes origines et sur tous les sujets : mathématiques, physique, alchimie, médecine, musique, philosophie, etc. Ces livres ont été traduits en arabe.

On cite, par exemple, le calife al-Mansur (règne de 754 à 775), qui a envoyé des ambassadeurs jusqu'à la cour byzantine pour en obtenir des textes traitant de mathématiques, écrits en grec, pour les traduire en arabe. Plus tard, un autre, le calife al-Ma'mun (813-833) a fait de même et instauré un projet de traduction du grec vers l'arabe, projet qui s'étendra sur plus de deux siècles. A la fin du Xe siècle, une quantité impressionnante de textes grecs sont disponibles en arabe. Néanmoins, ces savants sont allés encore plus loin.

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Le rôle des érudits arabes

Des spécialistes s'accordent pour dire que la rapidité et la précision avec laquelle les traducteurs ont transposé des textes vers l'arabe révèlent une trés probable maîtrise personnelle des sujets. Par ailleurs, des rédacteurs et chercheurs arabes ont poursuivi leurs recherches au-delà des seules traductions.

On estime que ce sont les chercheurs arabes qui ont adopté la trés scientifique méthode expérimentale. La méthode expérimentale consiste à contrôler la validité d'une hypothèse au moyen d'épreuves, d'expériences répétées. Cette méthode passe pour être la base du progrés scientifique. Ça peut sembler facile à dire mais ces chercheurs, par cette méthode, ont recalculé la circonférence de la terre et même corrigé des informations géographiques dans l'œuvre de Ptolémée. « Ils ont osé remettre en question Aristote lui-même », fait remarquer l'historien Paul Lunde.

Ainsi, des savants munis d'astrolabes, de baguettes d'arpentage et de cordes, mesurent les variations de hauteur de l'étoile Polaire selon leurs déplacements. Leurs déductions et calculs les amènent à la conclusion que la circonférence polaire de la Terre est de 37 369 kilomètres, un résultat incroyablement proche des réels 40 008 kilomètres !

Des astronomes arabes s'approchent trés près de la mesure réelle de la circonférence de la Terre.

Ces recherches et découvertes, autres que strictement géographiques, ont trouvé des applications multiples dans la vie courante. En agriculture et agronomie, par exemple, des traités de ce type ont amélioré la gestion des cultures ainsi que la construction d'équipements tels que des aqueducs, des réservoirs, des roues hydrauliques.

Le médecin et traducteur Hunayn ibn Ishaq (808-873), chrétien de langue syriaque, a considérablement amélioré les connaissances à propos du mécanisme de la vue. Ses travaux, notamment des schémas anatomiques de l'œil d'une rare précision, sont devenus des références en ophtalmologie dans le monde arabe mais encore en Europe.

Connu en Occident sous le nom d'Avicenne (980-1037), le philosophe et médecin Ibn Sina, s'est employé à rédiger des œuvres sur des sujets variés comme l'éthique, la logique, la médecine et la métaphysique. Il rédigera le célèbre Canon de la médecine, s'appuyant sur les célèbres penseurs grecs Galien et Aristote, manuel médical qui fera autorité et référence pendant près de 400 ans.

En 805, le calife Harun al-Rachid a fondé un hôpital, le premier de son vaste empire. Toutes les grandes cités de son territoire ont ensuite chacune procédé de même.

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L'astronomie : science des sciences en Orient

Il est une science qui porte l'empreinte de ces hommes et époques peut-être plus encore que d'autres : l'astronomie.

L'Islam attache du prix à l'astronomie. Pourquoi ? Parce qu'elle est utile dans le culte. En effet, les musulmans pensent qu'il faut prier en direction de La Mecque. Or, un astronome est tout indiqué pour déterminer la direction de cette ville depuis n'importe quel endroit du globe. Au XIIIe siècle, dans certaines mosquées, on trouve un astronome professionnel, un muwaqqit, pour indiquer aux fidèles la manière convenable pour prier. Ces données permettent également le calcul de dates et évènements importants, comme la période de jeûne le mois de ramadan. Enfin, cette science permet d'indiquer aux pèlerins le meilleur itinéraire pour se rendre jusqu'à La Mecque.

Pour les arabes, l'astronomie est une science fondamentale au point que, au IXe siècle, toute instruction supérieure comprend des cours d'astronomie. Le calife al-Ma'mun fondera un observatoire dans cette ville ainsi qu'un autre près de Damas. Les astronomes arabes font des découvertes remarquables. Par exemple, en 1031, Abul-Rayhan al-Biruni suppose déjà que les planètes décrivent des orbites elliptiques plutôt que circulaires.

Pour les arabes, l'astronomie est une science fondamentale.

Ces savants astronomes du Moyen Âge ont accompli un travail énorme. Ils ont dessiné les constellations, ont constitué un catalogue, ont nommé les étoiles, dont les noms ont subsisté jusqu'à nos jours. Ils ont élaboré des calendriers trés précis et se sont appliqués à améliorer les tables astronomiques servant à définir les mouvements célestes. Déterminer les positions relatives du Soleil, de la Lune et de cinq planètes, était pour eux un exercice courant et nécessaire, surtout en matière de navigation.

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Culture et lecture

Nous l'avons vu, les érudits arabes ont traduit ou rédigé des quantités impressionnantes d'ouvrages. Ainsi, bon nombre de villes étaient dotées de bibliothèques. À Bagdad, le calife al-Ma'mun, déjà cité, crée l'institut de recherche et de traduction Bait al-Hikma (« Maison de la sagesse ») ; ceux qui y travaillent à la recherche sont des employés rémunérés.

Au Caire, on trouve la fameuse Grande Bibliothèque qui aurait abrité plus d'un million de volumes. A Cordoue, en Espagne omeyyade, on comptait, parait-il, 70 bibliothèques. De telles installations attiraient une foule de savants, chercheurs, érudits en tous genres, venant des quatre coins du monde arabe. La ville restera un centre intellectuel renommé pendant plus de deux cents ans.

C'est en Perse que se trouverait l'origine de ce qui constitue encore aujourd'hui (pour certains, plutôt un problème, c'est le cas de le dire...) une recherche ambitieuse : les mathématiques. Un mixage des traditions scientifiques grecques et indiennes aurait ainsi fondé le système décimal avec son célèbre « zéro ». Ce système « a non seulement simplifié les calculs de toutes sortes, mais aussi permis le développement de l'algèbre », explique Paul Lunde. Les Arabes ont également apporté de larges contributions en géométrie, trigonométrie et navigation.

Par comparaison, en Europe, à la même époque, c'était plutôt l'âge des ténèbres. Il y avait bien quelques tentatives de préservation des connaissances mais essentiellement dans des monastères, des milieux peu ouverts, toutes acceptions du terme confondues. C'est l'entrée en Europe, au Xe siècle, d'ouvrages en arabe qui a finalement conduit à un renouveau scientifique en Occident.

Finalement, des civilisations dites avancées aujourd'hui doivent souvent leur développement à l'exemple et à l'héritage d'autres, eux-mêmes redevables à plus anciens encore. Dans l'idée de la citation en en-tête de cet article, c'est l'ouverture d'esprit, l'échange, la stimulation et le besoin de partage qui sont les véritables moteurs des sciences et connaissances. Quand on y réfléchit un peu, cela décrit bien le contexte de la formation.

 

F. Huguenin - VR2

 

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